• 10 milliards d’euros de pertes au premier semestre pour la Banque nationale suisse

    10 milliards d’euros de pertes au premier semestre pour la Banque nationale suisse  

    La banque centrale suisse a perdu 14 milliards de francs suisses au premier semestre pour freiner l’appréciation de sa monnaie contre l’euro et préserver ainsi la compétitivité des exportations helvétiques.  La BNS a ainsi porté ses avoirs en devises à l’équivalent de 227 milliards de francs suisses, soit la moitié du PNB.

    La crainte d’une déflation et la défense de la compétitivité des exportations helvétiques ont coûté cher à la Banque nationale suisse (BNS). Cette dernière a reconnu hier avoir enregistré des pertes de change de 14 milliards de francs suisses, l’équivalent de 10,5 milliards d’euros, au premier semestre de cette année, en raison de la crise de la zone euro. Un montant considérable pour un pays de 7,5 millions d’habitants. La BNS a en effet acheté frénétiquement des euros pour essayer de freiner une appréciation du franc suisse aux effets déflationnistes, étant donné le rôle moteur joué actuellement par les exportations, destinées aux deux tiers à la zone euro, dans la reprise économique helvétique. Philipp Hildebrand, à la tête de la banque centrale depuis le début de l’année, a appliqué en cela une stratégie arrêtée en mars 2009 quand Zurich avait annoncé qu’il importait de lutter contre toute « appréciation excessive » de la monnaie nationale. La BNS a ainsi augmenté ses avoirs en devises de 81 % au premier semestre pour les porter à l’équivalent de 227 milliards de francs suisses, soit la moitié du PNB, un chiffre particulièrement élevé. Et les placements en euros ont plus que doublé depuis le premier trimestre pour s’établir à 120,5  milliards d’euros fin juin. 

    Berne a de quoi rassurer

    Une stratégie qui s’avère coûteuse et peu efficace puisqu’elle n’a pas empêché le franc suisse de gagner presque 10 % contre l’euro depuis le début de l’année. Il est vrai que les forces à l’œuvre sont considérables. La crise grecque et les craintes de défauts de paiement en cascade dans la zone euro ont poussé investisseurs et spéculateurs à chercher refuge dans la monnaie helvétique.Avec sa croissance de presque 2 % attendue cette année et une dette publique inférieure à 40 % du PIB (la moitié du taux français), Berne a de quoi en effet rassurer en ces temps de forte inquiétude pour les comptes publics des pays européens. Ces lourdes pertes ont conduit la BNS à annoncer, mezzo voce, un réajustement mi-juin et à cesser ses interventions. La BNS a annoncé à ce moment-là que le risque de déflation s’avérait dorénavant très réduit... La masse monétaire M3 a en effet augmenté de 7,7 % sur un an en mai dernier, selon des données divulguées hier par la Banque nationale suisse.Il faudrait donc, d’après les analystes, un événement majeur, comme une nouvelle crise de défiance en Europe, pour obliger la BNS à sortir de sa réserve désormais, et uniquement si le cours s’approche de 1,25 pour un euro. Un économiste d’une organisation d’entrepreneurs suisses, Rudolf Minsch, soulignait il y a quelques mois que « jusqu’à 1,40  franc suisse pour un euro les conséquences ne sont pas trop graves, mais maintenant cela commence à faire mal ». L’euro valait hier 1,3486 franc suisse, après avoir atteint un plus bas de 1,3074 franc suisse début juillet.

    Yves Bourdillon

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