• 2010 : les pros anticipent un nouveau krach et se couvrent

    2010 : les pros anticipent un nouveau krach et se couvrent
    Marc Mayor

    La hausse est encore une fois annoncée par ceux qui y gagnent
    Le S&P 500 fait du surplace depuis maintenant plus de 10 ans, et la grande majorité des investisseurs gagnent de l'argent simplement pour couvrir leurs pertes ; de plus, l'inflation a mangé un bon quart de leurs avoirs entretemps. D'où ma résolution pour cette année : dénoncer encore plus, et avec davantage de ténacité, tous les requins qui se sont sucrés sur votre dos.

    Voyez par vous-même : l'économie mondiale, sous perfusion, peine encore à sortir la tête de l'eau, malgré les centaines de milliards d'euros de "soutiens gouvernementaux" (comprendre "votre argent"). Les paiements connaissent des retards sans précédent et le chômage continue à affoler les compteurs. Et voilà que les stratèges des plus grands établissements nous chantent la même rengaine : "Le S&P 500 va croître de 9,6% d'ici la fin 2010 et les bénéfices combinés dépasseront les 95 dollars en 2011 (contre 63 dollars pour 2009)",selon la moyenne d'un récent sondage Bloomberg.

    Forcément, pour eux, il n'y a aucune raison de prédire que le marché va corriger à court terme, voire (horreur !) baisser constamment dans un scénario catastrophique à la japonaise. Car marché haussier signifie hausse des commissions du côté des clients, et davantage de nouvelles souscriptions du côté des sociétés. Vous vous rappelez d'ailleurs la dernière fois que votre banquier vous a conseillé de mener une stratégie baissière ?... Moi non plus.

    Les pros anticipent un krach et se couvrent
    Regardons maintenant les faits. Alors que les stratèges crient à l'optimisme, voilà ce qui se passe réellement. Les investisseurs institutionnels se ruent sur les options pour se couvrir contre une chute des marchés. La demande est telle que les options sur le S&P 500 pour se protéger contre une baisse au cours de l'année prochaine coûtent 22% de plus que des contrats similaires, mais avec une échéance d'un mois.

    Pour observer une différence aussi prononcée entre les échéances à douze et un mois, il faut remonter à 1999. En fait, la toute dernière fois que le coût des options à un an a dépassé celui à un mois (sur une moyenne pondérée)était cinq mois avant que le S&P 500 s'effondre de 49%, à partir de mars 2000.

    Les stratèges les plus brillants partagent d'ailleurs cette vision baissière (je vous rassure, ce ne sont pas tous des requins ; il faut simplement savoir séparer le bon grain de l'ivraie). John Hussman, dont la performance a battu 99% de ses confrères en 2008, annonce qu'il y a "encore une probabilité de près de 80% qu'un deuxième plongeon des marchés apparaisse au cours de l'année 2010". Et notre ami Albert Edwards de Société Générale prédit même que les actions américaines chuteront en dessous de leur plancher de mars dernier (666 points pour le S&P500), tandis que l'économie mondiale faiblira.

    Le risque augmente
    Le graphique ci-dessous vous montre comment les investisseurs perçoivent le risque futur (à une année) par rapport au risque actuel (à un mois). Plus précisément, il s'agit de la différence entre la volatilité implicite, qui est utilisée pour calculer le prix des options, à douze mois et à un mois. Hormis la période entre septembre 2008 et mars 2009, qui reflétait alors l'effondrement imminent du système financier, la volatilité est historiquement supérieure à long terme. Ceci est dû au fait que le futur est tout simplement plus incertain que le présent.

     

    Aujourd'hui, les incertitudes à douze mois sont telles que la différence entre la volatilité à moyen et court terme atteint des records. Ceci reflète immanquablement l'angoisse des investisseurs quant à l'évolution des marchés pour l'année 2010 ; ces derniers préfèrent redoubler de prudence en augmentant leur position de couverture. Un signal fort que le vent pourrait faire tourner au cours de ce premier semestre.

    Bien sûr, nous ne sommes pas encore arrivés au stade où ces mêmes investisseurs oseraient une stratégie neutre au marché. Mais, la prudence a, au moins, le mérite de démontrer que de plus en plus d'investisseurs invalident la thèse consensuelle du stratège moyen, qui préfère se ridiculiser avec des prévisions identiques au début de chaque année.

    Le ridicule ne tue pas, vous me direz. Mais espérons tout de même qu'une plus grande part d'investisseurs privés comprendront toute la nécessité de relativiser les projections en ce début 2010 et ouvriront leurs yeux sur un fait bien établi : les marchés montent... ET PUIS descendent. Et des profits peuvent être réalisés dans les deux cas, sans nécessairement devoir prendre le risque le plus idiot du monde : le risque de marché.

    Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché.

    Voila encore un article qui vient confirmer mes observations. L’utilisation du spread de vol implicite est bien un indicateur précurseur. 

    Lien : Analyse pour la semaine 4


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