• Remarque d'un lecteur que je trouve pertinente.Voici le texte intégral

    Chaque fois que je lis un article sur les salaires et les dépenses, j'ai toujours l'impression que l'on ne parle pas de ce que vive au quotidien les français. Je me trouve devant ce que j'appelle la culture "excel" une vision de tableau de chiffres totalement déconnecté de la réalité. Quelques exemples, augmentation du prix du gaz, de l'électricité, des prestations sociales...des impôts locaux, je lis "les impôts ont baissé" dans l'article, surement pas la redevance audiovisuelle, les impots locaux , la taxe d'habitation, alors ce sont les impôts sur le revenu peut-être ?? Quand à la nourriture, il ne me semble pas que les denrées de base est baissée, pates, lait...donc je pense que je ne vit pas dans le même pays que l'auteur. Sur le filet, c'est aussi intéressant je viens d'entendre que les restau du coeur ont fourni plus de 20 % de repas en plus l'an passé, et qu'ils s'attendent à encore plus d'augmentation cette année....Comme quoi le filet laisse passer de plus en plus de gens vers le bas...Comme dit l'auteur il est obligatoire de reformer, ce que j'aime dans le mot réforme c'est que son sens administratif, c'est mettre au rebut...je pense que c'est ce cela que l'on parle mettre au rebut le système social et le remplacer par l'industrialisation de la pauvreté, comme cela se fait au japon. laisser la majorité des gens végéter, survivre, sans espoir d'amélioration, ni de possibilité de sortir de cet état. les restaus du coeur à vie..Après tout 2 milliards d'habitants vivent dans des bidonvilles; les nôtres ont disparu vers les années 1960 et sa politique industrielle, on commence à les voir réapparaitre içi, et ca ne semble pas près de s'arrêter. Ce que j'aimerais entendre c'est évolution, amélioration, transformation...et j'ai une proposition dire ce qu'on va faire, faire ce qu'on a dit, évaluer ce qui est fait...vos propositions comment comptez vous les évvaluer et sur combien de temps et pour quel bénéfice...(réel et non supposé)....
     


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  • Pour éviter la faillite en chaîne des pays de la zone euro, il faut créer d'urgence un Trésor européen qui aura la capacité financière de stopper net la spéculation.

     


    Une fissure au Tate Modern, à Londres, en 2007. REUTERS/Luke MacGregor

     

    Le président portugais de la Commission européen Manuel Barroso, vient de trouver une formule lucide –qu’il a camouflée, comme d’habitude, dans une litote diplomatique– pour caractériser sa propre impuissance et celle des autres dirigeants européens: «Des responsables politiques font chaque jour des commentaires au lieu de prendre des décisions.»

    C’est bien la situation du jour. Après la décision de dimanche soir concernant l’Irlande, chacun voit bien que de  nombreux pays européens seront, un jour ou l’autre, incapables de financer le service de leur dette, parce qu’elle grossit chaque jour,  avec la récession et avec les nouveaux trous béants dans les banques, partiellement creusés par le financement très rentable –mais très risqué– des dettes publiques. Après la Grèce et l’Irlande, viendra le tour du Portugal, de l’Espagne, de l’Italie, de la Belgique. Et même, disent certains, de plus en plus ouvertement, de la France. Avant même que ne vienne le tour de l’Allemagne, dont le système bancaire est d’une extrême fragilité, la démographie catastrophique, et l’appareil industriel totalement dépendant d’exportations de plus en plus incertaines.

    En apparence, pas de raison de s’inquiéter: les dirigeants européens, dans leur grande sagesse, ont créé pour y parer un Fonds de Stabilisation, qui doit emprunter plus de 700 milliards, avec l’appui du FMI.

    En réalité, ce Fonds ne suffira pas à colmater ces brèches, car il souffre de deux défauts congénitaux. D’une part, la garantie donnée par les pays à ce Fonds pour qu’il emprunte est commune mais non solidaire; ce qui veut dire que si un pays de l’Union ne peut assurer sa part de garantie, les autres ne s’y substituent pas: le Fonds se réduit donc quand un des pays qui le financent devient demandeur de ses ressources. D’autre part, en annonçant un montant limité, aussi élevé soit-il, le fonds donne aux spéculateurs les clés d’une victoire: il leur suffit de parier sur l’effondrement de l’euro plutôt que sur l'épuisement des ressources du fonds pour que celui-ci soit condamné à s’effondrer.   

    Ce qu'il va se passer

    Le scénario des mois, des années, à venir peut alors être raconté sans beaucoup de risque de se tromper.  

    Chacun des pays menacés fera d’abord l’impossible pour éviter la catastrophe en mettant en place des programmes d’austérité.  Lorsqu’ils comprendront que cela déclenche la colère des salariés, victimes des turpitudes des banques, sans pour autant suffire à convaincre les préteurs, et moins encore les spéculateurs, les nations essaieront de faire baisser les taux d’intérêt qu’ils paient à leurs créanciers par quelques astuces douteuses, comme faire acheter sa dette nationale par leurs  compagnies d’assurance et fonds de pension. Face aux moyens illimités de la spéculation, cela ne suffira pas; tous ces pays les uns après les autres feront défaut d’une façon ou d’une autre. En reportant les échéances. En imposant une retenue à la source sur les intérêts versés aux créanciers. En ne payant pas leur dette.

    Les banques elles-mêmes, qu’il s’agissait au départ de sauver, seront enfin mises à contribution et finiront par tomber, comme toutes les autres institutions financières (fonds de pension, compagnies d’assurances) ayant financé une dette publique dévalorisée. Les déposants, les retraités, les salariés seront alors les victimes concrètes de ce désastre. Les banques seront nationalisées; mais si tard qu’on ne nationalisera que des pertes.  Et si la Banque centrale européenne tente de l’empêcher en émettant de la monnaie à l’infini, c’est l’euro qui s’effondrera, précipitant les événements précédemment décrits.

    Ce qu'il faudrait faire

    Pourtant, une telle situation peut encore aisément  être évitée.

    D’abord, parce que l’Europe n’est pas à l’origine de la crise, qui trouve sa source dans les turpitudes de la finance américaine. Les Etats-Unis, qui ne font rien pour y mettre fin, font tout en revanche pour attirer l’attention sur les fragilités de l’euro afin de détourner les spéculateurs de l’économie américaine, source de toutes les difficultés, bien plus fragile que toutes les autres. Une bonne gestion médiatique, un comportement responsable des dirigeants européens, qui disent aujourd’hui absolument n’importe quoi, calmerait un peu le jeu.

    Ensuite, à la différence des autres pays, l’Union européenne dispose encore des moyens de régler facilement ce problème.

    Il lui suffirait pour cela de prendre conscience que, à la différence de toutes les entités partageant une même monnaie, elle ne s’est pas donnée les moyens de financer les différences de compétitivité entre les régions qui la composent, ni de mutualiser leurs dettes. Or, sans fédéralisme budgétaire, aucune union monétaire ne peut tenir. Nous le savions en rédigeant le traité de Maastricht. Le moment est venu de le mettre en œuvre. C’est possible: l’Union est la seule entité souveraine dans le monde sans aucune dette. Sa marge de manœuvre est donc considérable.

    Il faut agir vite. Et pour cela, d’abord, comprendre que c’est pratiquement possible. Il faut pour cela donner à l’Union européenne un nouveau  budget, financé par une capacité d’emprunt et des impôts. Cela peut se faire  sans impôt nouveau en transférant les dettes publiques des pays membres à l’Union européenne jusqu’à l’équivalent de 60% du PIB européen, laissant le reste au niveau de chaque pays provinces de l’euro; et en transférant à l’Union la ressource fiscale nécessaire pour payer le service de ces emprunts, dont le coût sera moindre que si ces dettes restent au niveau national.   

    Ces montants sont tout à fait praticables. Le PIB européen est de 12.000 milliards d’euros. La dette gouvernementale represente 9.000 milliards soit 75% du PIB. Si on ne considère que l’Eurozone, dont le PIB est de 9.000 milliards, la dette represente 80% du PIB, soit 7.000 milliards. 60% de la dette de l’Eurozone represente 5.400 milliards et le service de cette dette (intérêts seulement) est de l’ordre de 250 milliards d’euros. Pour couvrir ce service de la dette, il faudrait transférer à l’Union environ 5% de TVA ou augmenter de 5% de TVA si on veut donner à l’Europe une capacité d’emprunt supplémentaire de même ampleur.

    Cela permettrait d’une part de faire cesser la spéculation, qui trouverait alors face à elle un acteur aux moyens quasiment illimités. Et d’autre part de disposer, au niveau européen, des moyens de relancer la croissance, freinée par les nécessaires mesures de désendettement de chaque Etat membre de l’Union monétaire.

    Il faut donc au plus tôt créer un «Trésor européen», avec une garantie solidaire et une fiscalité dédiée, de l’ordre de 4 à 5% du PIB européen. Par transfert de dette et d’impôt; par impôt nouveau et capacité nouvelle d’emprunt.

    Dans un monde où seule compte la confiance, il est urgent de mettre en place de tels instruments.

    Pour l’instant, les Allemands y sont très hostiles, convaincus que cela ne conduira qu’à plus de dette publique et de laxisme budgétaire chez les autres Européens. Il est urgent de leur faire comprendre que, tout au contraire, le fédéralisme budgétaire est la condition nécessaire à la survie de l’euro. Ou, plus précisément,  que la valeur de l’euro dépend de la capacité de l’Union à émettre des bons du Trésor européens.  

    Encore faudrait-il au moins, pour commencer, que les 27 réussissent à voter le budget européen, dans son périmètre actuel: pour la première fois depuis la création de l’Union, on s’apprête en effet à commencer l’année 2011 sans budget, en fonctionnant en douzièmes provisoires.

    Tragique illustration d’une gestion au jour le jour, d’une navigation à vue. Voici venu l’ultime moment pour cesser de privilégier les expédients sur les réformes de structure. Voici notre dernière chance.

    Jacques Attali


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  • Le monde vient de connaître un des chocs économiques les plus violents de son histoire récente. La France n’a pas été épargnée, mais les conséquences pour la population ont été fortement atténuées par son système social. Ce rôle d’amortisseur joué par nos institutions est jugé si normal et évident qu’il n’est même plus remarqué.

     


    Un airbag Daimler
     

    Opérons un retour en arrière. A l’automne 2008, après le choc provoqué par la défaillance de Lehman Brothers, l’activité économique avait brutalement chuté partout dans le monde. Par crainte d’un effondrement complet du système bancaire et sans visibilité aucune sur l’avenir, les entreprises suspendaient leurs programmes d’investissement et arrêtaient leurs nouvelles commandes. Au cours du dernier trimestre 2008, le PIB a reculé de 1,5% en France, de 1,7% aux Etats-Unis, de 2,2% en Allemagne et de 2,7% au Japon. La chute s’est prolongée au début de 2009 dans la plupart des pays et, malgré la stabilisation intervenue ensuite, l’année 2009 dans son ensemble a été terrible.

    La plupart des experts pensaient que la croissance mondiale resterait en territoire positif: les pays en développement vont si vite depuis quelques décennies que les périodes de récession ne font que freiner leur croissance et qu’une récession même sévère se traduit généralement par une croissance mondiale encore proche de 2%. Ces savants calculs ont été déjoués: en 2009, le PIB mondial a subi un recul de 0,6% et, dans certains pays, le choc a été terrible. Citons quelques exemples: des chutes du PIB de 8% en Finlande, 7,8% en Slovénie ou 7,6% en Irlande parmi les pays dits avancés selon la classification du FMI, de 18% en Lettonie ou 15,1%  en Ukraine parmi les pays émergents ou en développement.

    Tous les journaux ont fait  la comparaison avec la crise de 1929. La suite des événements a montré que la gouvernance mondiale, en dépit de ses insuffisances, a tout de même réalisé quelques progrès et que les années 2010 ne devraient pas ressembler aux années trente, même si, surtout dans les pays avancés, le retour à la croissance s’annonce long et pénible. Le choc économique a cependant été très marqué et ses conséquences sociales sont partout présentes. Même les Etats-Unis, qui savent d’ordinaire sortir assez vite des crises et recommencer à créer des emplois, souffrent toujours d’un chômage de 9,6% de la population active; ils ignorent ce qui se passera quand les mesures exceptionnelles de prolongation des périodes d’indemnisation  du chômage arriveront à leur terme. Quatre  millions de personnes, selon les estimations actuelles, risquent de se retrouver sans ressources au printemps prochain.

    La France décalée dans la crise comme dans la croissance

    Et la France? En ce qui concerne l’économie, elle s’est comportée plutôt mieux que ses partenaires au plus fort de la crise, mais elle fait plutôt moins bien maintenant. Ainsi, en 2009, son PIB n’a reculé que de 2,5% tandis que celui de l’Allemagne chutait de 4,7%. Inversement, au deuxième trimestre 2010, tandis que le PIB allemand enregistrait une croissance très vive de 2,3%, celui de la France ne progressait que de 0,7%. C’est un grand classique: notre pays, moins bien armé que l’Allemagne pour partir à la conquête des marchés étrangers, se montre moins dynamique dans les périodes de croissance mondiale soutenue, mais, de ce fait, souffre moins en cas de retournement de la conjoncture.

    Sur le plan social, le tableau est plus nuancé: les derniers événements ont laissé des traces profondes dans la société, mais toutes les statistiques ne sont pas aussi médiocres que le constat d’un tel désastre économique aurait pu le laisser croire.

    Le marché de l’emploi est évidemment le plus touché. Ainsi que le rappelle l’Insee dans l’édition 2010 de son ouvrage de référence, France, portrait social, l’économie nationale a perdu 257.000 emplois en 2009 et le taux de chômage a augmenté de 1,9 point; en métropole, il est encore de 9,3% après avoir atteint 9,6% au dernier trimestre de 2009.  En comparaison avec les précédentes périodes de récession, l’emploi salarié en contrat à durée indéterminée a mieux résisté. Mais pour deux raisons dont la première n’est pas très satisfaisante: de plus en plus d’emplois sont précaires (intérim, CDD, surtout chez les jeunes) et ce sont ces emplois-là qui ont le plus supporté les ajustements réalisés par les entreprises. Par ailleurs, il y a eu un recours plus large que d’habitude au travail à temps partiel, ce qui a permis d’éviter des licenciements.

    La crise s’est-elle soldée par une progression forte de la pauvreté? Les travaux de l’Insee ne permettent pas encore d’en juger vraiment. L’établissement de ce genre de statistiques demande du temps et on ne dispose pas encore des chiffres 2009, qui seront certainement médiocres. Les chiffres déjà connus laissent craindre une détérioration de la situation des personnes les plus vulnérables. Deux méthodes complémentaires sont employées: l’une par le calcul de la pauvreté «monétaire», qui se mesure simplement par référence au revenu médian; l’autre par le calcul de la pauvreté «en conditions de vie», en référence à un certain nombre d’éléments de bien-être matériel dans quatre domaines de la vie quotidienne: contraintes budgétaires, retards de paiements, restrictions de consommation et difficultés de logement. Selon cette dernière méthode, entre 2004 et 2007, 22% des adultes ont été touchés au moins une année par cette pauvreté en conditions de vie. Les années 2008 et surtout 2009 risquent fort de faire ressortir une fréquence accrue des cas de pauvreté transitoire.

    Cette partie sombre du tableau ne peut manquer d’inquiéter sur la fragilisation d’une partie croissante de la population. Elle ne doit cependant pas occulter d’autres chiffres qui n’auraient rien d’extraordinaire dans une période normale, mais sont tout à fait remarquables dans le contexte d’une crise comparée à celle de 1929.

    Premier point: les salaires continuent à augmenter. En 2009, on a constaté un simple ralentissement de l’augmentation et comme les prix de nombreuses matières premières ont baissé en raison du ralentissement de l’activité, la faiblesse de l’inflation a permis une hausse des rémunérations réelles plus importante qu’en 2008! Au total, constate l’Insee, la progression réelle du salaire moyen par tête a été en moyenne de 1,3% en 2009 dans le secteur privé. Ce n’est pas mal pour un pays qui a connu sa récession la plus forte depuis la Seconde Guerre mondiale! Dans le secteur public, la situation n’a pas non plus été vraiment dramatique, ainsi que l’observe l’Insee:

    «En termes réels et comme pour le secteur privé, le salaire moyen par tête des administrations publiques rebondit en 2009 (+1,9% après –0,6% en 2008), grâce au reflux de l’inflation.»

    Le système français amortit les chocs

    Deuxième point: le revenu disponible brut, lui aussi, a continué à augmenter. Rappelons qu’il s’agit là des revenus d’activité et de la propriété perçus par l’ensemble des ménages, desquels on soustrait les prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales) et auxquels on ajoute les prestations sociales et autres transferts. Le revenu disponible brut a certes souffert de la montée du chômage, du ralentissement des augmentations de salaires, du recul du revenu des entrepreneurs individuels et des revenus du patrimoine, mais les impôts ont baissé, à la fois par recul de la base imposable et du fait des mesures de relance, tandis que les prestations sociales ont augmenté. Au total, le revenu disponible brut a continué à progresser, quoique à un rythme nettement ralenti: +5,2% en 2007, +3,2% en 2008, +1% en 2009. Les premières indications recueillies pour 2010 font état d’une progression plus rapide, soutenue par «l’accélération de la masse salariale», pour employer les termes de l’Insee. Là encore, on ne peut que saluer un tel résultat obtenu dans des circonstances aussi exceptionnelles.

    Ces chiffres confirment, s’il en était besoin, la capacité de notre organisation économique et sociale à amortir les chocs. La France est certainement un des pays où la population dans son ensemble souffre le moins des désordres conjoncturels. La contrepartie en est un poids élevé des dépenses publiques dans le PIB et des déficits publics structurels. D’autres réformes que celles déjà intervenues sont inéluctables. Elles devraient viser un double objectif: cibler davantage les mesures de solidarité en faveur de ceux qui en ont le plus besoin et accroître la capacité du pays à rebondir dans les phases ascendantes du cycle. Bien résister quand tout va mal est une chose, profiter au maximum de la croissance mondiale en est une autre.
     
    Gérard Horny

    Chronique également parue sur Emploiparlonsnet.fr


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  • L’Irlande n’est peut être qu’un début

     Presseurop


     

    L’Union européenne va-t-elle lancer un plan d’aide financière à l’Irlande ? Est-ce le début d’une crise plus large et plus grave ? Dans les décisions à venir, “l’île ne compte pas pour beaucoup”, estime Der Standard. Le quotidien viennois comprend "le scepticisme de Dublin" face à une possible perte de son indépendance financière. “Le problème fondamental est le suivant : Pour les sauveurs du continent, le problème principal n’est pas l’Irlande. Comme c’est le cas de la Grèce, l’économie irlandaise est beaucoup trop petite pour tirer la zone euro vers les profondeurs. Mais comme les Grecs, l’Irlande et ses banques doivent beaucoup d’argent aux banques de la zone euro et du Royaume-Uni - 138 milliards pour les seules banques allemandes", constate le quotidien viennois, qui pointe le danger d’un effet domino qui pourrait faire tomber la quatrième économie européenne : l’Espagne.

    "L’Espagne est-elle la suivante ?", s’interroge El Mundo. Le quotidien madrilène rapporte qu’ "au bord du précipice, l’Espagne est mise en garde par l’UE". Car la Commission européenne a estimé que "la situation irlandaise peut affecter l´Espagne si celle-ci ne démontre pas sa crédibilité dans les marchés". "Le gouvernement a peu avancé dans les réformes structurelles engagées” en mai dernier, et n’a plus de temps, note le journal. Madrid doit, entre autres, réformer le système des retraites et accélerer processus de fusion de caisses d'épargne, un problème majeur pour le financement de l'économie espagnole, ce qu' "exige de manière impérative" le gouverneur de la Banque d´Espagne.

    Chez le voisin portugais, Diário de Notícias annonce que "le gouvernement refuse de demander de l’aide même si les Irlandais le font". Mais à Bruxelles, pointe son confrère Público, "certains admettent qu’une aide commune aux deux pays est inévitable".

    Comment en est-on arrivé là ? Pour Les Echos, l’Europe paie les décisions prises au printemps dernier. Lors de la crise grecque, elle a “par fierté exclu toute restructuration de la dette d’un de ses Etats membres” et créé “un plan censé gagner du temps et calmer les marchés”. Mais "les marchés financiers ne se sont calmés que quelques mois et le temps va bientôt manquer aux pays dits ‘périphériques’ de la zone euro que sont la Grèce, l’Irlande ou le Portugal pour se refinancer dans des conditions acceptables”, constate le quotidien économique français.

    Et aujourd’hui, comment l’Irlande pourrait-elle ramener son déficit budgétaire de 32% du PIB à 3% en 2014 ? s’interroge le journal. “L’excès de dette ne peut que déboucher un jour ou l’autre sur le défaut de paiement ou sur une restructuration profonde. L’Europe a refusé de l’admettre jusqu’ici.” Il serait donc urgent  “de sortir du déni” et “de mettre en place un mécanisme de restructuration ‘ordonnée’ de la dette des pays les plus vulnérables - en clair un étalement des échéances s’accompagnant d’un effort des créanciers”.

    Pour la Frankfurter Allgemeine Zeitung, c’est un "poker sur l’Irlande" qui se joue. Et Berlin, par exemple, se trouve coincé entre les marchés et les contribuables à cause du projet présenté par Angela Merkel pour pérenniser le mécanisme de sauvetage à partir de 2013. La chancelière voudrait faire participer les créanciers privés, notamment les banques et les fonds, au sauvetage d’un pays.

    On ne pourrait pas exiger encore plus longtemps des citoyens que les banques soient sauvées avec l’argent des contribuables sans les obliger à assumer les conséquences de leurs investissements erronés”, explique la FAZ pour laquelle la chancelière a bel est bien contribué à l’emballement des marchés quand elle a réaffirmé cette position allemande lors de sommet de Seoul. Selon un banquier interrogé par le quotidien, certains investisseurs ont cru que l’Irlande ou le Portugal seraient concernés par ce mécanisme de sauvetage.


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