• A Porto Alegre, Lula encourage les altermondialistes à passer à l'action

    A Porto Alegre, Lula encourage les altermondialistes à passer à l'action

    Avant d'aller à Davos, le président brésilien s'est rendu, mardi, au Forum social mondial, où il est comme chez lui


    Porto Alegre (Brésil) Envoyé spécial

                Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, aura bien mérité du Forum social mondial (FSM). Lui seul pouvait sans doute attirer, en soirée, quelque dix mille personnes, en majorité des militants et syndicalistes, comme il l'a fait, mardi 26 janvier, dans un grand gymnase couvert de Porto Alegre. Une foule chauffée à blanc l'a ovationné comme une rock star en scandant " Lula, guerrier du peuple brésilien ! ", avant de l'écouter faire l'éloge du mouvement altermondialiste.

    Celui-ci est venu fêter ses dix ans dans la grande ville du sud brésilien, qui avait accueilli la première édition du FSM, en 2001. Cette année-là, Lula da Silva, encore leader de l'opposition de gauche, avait été un des héros de la rencontre. Pour la dernière édition du FSM, en 2009 à Belém, en Amazonie brésilienne, il avait partagé la vedette avec ses quatre homologues de la gauche radicale sud-américaine : Evo Morales (Bolivie), Rafael Correa (Equateur), Fernando Lugo (Paraguay) et Hugo Chavez (Venezuela).

    Ton électoral

    Il était cette fois le seul chef d'Etat présent. Fort d'une popularité au zénith - 83 % d'opinions favorables - alors qu'il quittera le pouvoir à la fin de l'année, il a donné à cette soirée un ton électoral, vantant son bilan et faisant applaudir celle qu'il s'est choisie comme dauphine, Dilma Rousseff.

    Le président brésilien sera dès vendredi l'hôte du Forum économique mondial de Davos où il recevra le prix de " l'homme d'Etat mondial ". Le FSM était pour lui le lieu idéal pour ironiser sur le rendez-vous annuel du gotha : " J'ai conscience que Davos n'a plus le même glamour qu'en 2003 - année de sa première visite - . Le système financier ne peut plus passer pour exemplaire parce qu'il vient de provoquer, par son irresponsabilité, la plus grave crise de ces dernières années. "

    Il a consacré une partie de son discours à Haïti, pays où il se rendra, a-t-il annoncé, le 25 février, et pour lequel le Brésil a débloqué une aide d'urgence de 145 millions d'euros. Il s'est bien gardé de critiquer l'intervention militaire humanitaire américaine, qualifiée d'" occupation " ou même d'" attaque " par les plus radicaux des militants du FSM.

    Le président Lula a cependant accusé " le monde développé " d'être " responsable de ce qui s'est passé en Haïti " pour avoir trop longtemps négligé ce pays : " Ce tremblement de terre va peut-être mettre mal à l'aise les gouvernants de cette planète et permettre de faire ce qu'il aurait fallu faire il y a quarante ou seulement dix ans. "

    S'adressant aux dirigeants du FSM assis aux premiers rangs, il les a encouragés à proclamer 2010 " année de la solidarité " avec Haïti. " Il n'y aurait rien de pire que de terminer une rencontre comme la vôtre avec des résolutions qu'on rangerait dans un tiroir sans mettre en oeuvre toutes les bonnes choses que vous avez envisagées ", a-t-il conclu. Un conseil qui résonnait comme un encouragement à l'action.

    Jean-Pierre Langellier


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