• A quoi bon rembourser son prêt immobilier ?

    A quoi bon rembourser son prêt immobilier ?

    Les Américains dont la maison fait l’objet d’une procédure de saisie sont de plus en plus nombreux à cesser de payer leurs traites.

    David StreitfeldThe New York Times

    DE SAINT PETERSBURG (Floride)
    Pour Alex Pemberton et Susan Reboyras, la procédure de saisie qui frappe leur maison est devenue un mode de vie : ils ne l’ont pas voulu, mais ne sont pas pressés d’en sortir. Il y a un an, le couple a cessé de rembourser son emprunt immobilier. “Cette procédure a vraiment été une bénédiction”, reconnaît M. Pemberton. Elle leur a permis de stabiliser leur petite affaire familiale. D’aller de temps en temps au restaurant. De partir en week-end avec leur aéroglisseur. D’aller faire un tour au Hard Rock Casino. “Autrefois, ajoute-t-il, la maison nous entraînait vers le fond, mais, aujourd’hui, elle est devenue notre radeau de survie.” Aux Etats-Unis, les propriétaires dont le logement a été saisi sont de plus en plus nombreux à refuser de sombrer dans la honte. Ils restructurent à leur façon leur emprunt hypothécaire et ramènent leurs traites à zéro. L’argent ainsi économisé leur sert à se remettre en selle, ou tout simplement à s’en sortir.

    “J’ai essayé d’expliquer ma situation à mon prêteur, mais il a refusé de m’aider”, affirme la mère d’Alex Pemberton, Wendy. Sa petite maison, située à quel­ques centaines de mètres de celle de son fils, est elle aussi menacée de saisie. Elle a cessé de rembourser son emprunt il y a deux ans après le diagnostic de son cancer du poumon. “Ce sont tous des escrocs.”

    Des procédures de saisie ont été en­gagées contre 1,7 million de ménages américains. Le rythme du traitement de ces dossiers ralentit de plus en plus en raison des obstacles juridiques, des moratoires, de la pression du gouvernement en faveur d’une renégociation des contrats et de l’incapacité des prêteurs à faire face à tant de cas épineux.

    Aujourd’hui, les emprunteurs qui finissent par être expulsés n’ont, en moyenne, pas payé leurs traites depuis 438 jours, alors qu’en janvier 2008 cette durée était de 251 jours, selon LPS Applied Analytics, société qui fournit des technologies, des services et des données aux professionnels du prêt immobilier.

    Même si les foyers qui, comme Alex Pemberton et Susan Reboyras, s’engagent dans la voie de la résistance passive ne sont pas précisement recensés, les agents immobiliers et d’autres experts constatent que de plus en plus d’emprunteurs surendettés optent pour cette “location gratuite”. Pour nombre d’entre eux, la saisie restera longtemps une menace purement théorique. D’après LPS, plus de 650 000 ménages ont cessé leurs remboursements depuis dix-huit mois. Dans 19 % des cas, le prêteur n’a même pas engagé d’action en vue de récupérer le logement. Dans certains Etats, parmi lesquels la Californie et le Texas, il n’est pas nécessaire d’obtenir une décision judiciaire pour procéder à une saisie. Le prêteur étant maître du jeu, tout peut alors aller très vite. Mais, en Floride et dans vingt autres Etats, on ne peut saisir qu’après jugement, ce qui ralentit nettement le processus.

    Alex Pemberton et sa compagne ont dé­cidé de cesser de payer parce que leur petite entreprise de traitement de charpentes était sur le point de s’écrouler. “Il fallait choisir : payer des mensualités excédant largement la valeur de la maison – et mourir de faim, explique M. Pemberton. Ou continuer à rémunérer pendant encore longtemps nos employés et nous-mêmes. Ça peut paraître horrible, mais c’est une simple question d’autopréservation.”

    Les juristes font tout ce qu’ils peuvent pour gagner du temps

    Le couple de quadragénaires a utilisé les 1 837 dollars ainsi économisés chaque mois pour faire connaître son entreprise, d’abord par des publicités imprimées, puis par des spots diffusés à la télévision locale. Depuis, l’affaire se redresse. Alex Pemberton et Susan Reboyras doivent encore 280 000 dollars [224 600 euros]. La maison vaut moins de la moitié de cette somme, et ils sont bien décidés à tabler sur cette décote pour toute future négociation avec leur prêteur. “Même s’ils nous reprennent la maison, ils n’en tireront de toute façon pas un dollar de plus”, observe Susan Reboyras.

    En Floride, une procédure de saisie prend en moyenne 518 jours. Et les juristes font tout ce qu’ils peuvent pour maintenir le statu quo. Les Pemberton mère et fils ont engagé un avocat du coin, Mark P. Stopa, qui démarche activement les habitants de Floride menacés de saisie – récemment, il a envoyé 1 700 courriers en une seule semaine. Même si vous êtes “sans défense”, explique cette lettre, “vous pourrez probablement vous maintenir chez vous durant des semaines, des mois, voire des années sans rembourser votre crédit”. Mark P. Stopa dit gagner une dizaine de nouveaux clients chaque semaine. Il en compte aujourd’hui trois cent cinquante, auxquels il facture 1 500 dollars par an pour un maximum de six heures de travail. “Je fais juste ce qu’il faut pour obliger la banque à prouver qu’elle est dans son droit”, explique l’avocat. Ce qui est généralement compliqué, dans la mesure où le prêt initial a souvent été revendu.

    Du point de vue des prêteurs, les gens qui restent dans leur logement sans régler leurs échéances ou sans rechercher activement d’autres solutions, comme la vente du bien, ne sont que des profiteurs.“Ces gens jouent un jeu dangereux”, prévient Kyle Lundstedt, directeur général de LPS. “Car, dans de nombreux Etats, il est possible d’engager des poursuites à l’encontre de personnes détenant des biens substantiels après saisie.”


  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Juillet 2013 à 04:58
    Bonjour, AVEZ-VOUS BESOIN D'UN PRÊT? Êtes-vous intéressé d'obtenir tout type de prêt? Etes-vous inquiet financière? Ou avez-vous besoin d'un prêt pour rembourser vos dettes et factures, si oui nous contacter dès maintenant par courriel de l'entreprise à l'adresse:? Jsemkffloaninvestment@gmail.com Nous sommes à votre service.
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