• Accord pour la Grèce

    Accord a minima entre Berlin et Paris pour aider la Grèce

    C'est à quelques heures du début du sommet européen que l'Allemagne et la France ont mis au point le mécanisme qui devrait être actionné en cas de défaut grec.

    Gouvernance

    L'union monétaire devait faire jeudi un pas de plus vers Athènes. Mais un pas mesuré, franchi sous la conduite de la chancelière allemande, Angela Merkel. En début de soirée, on s'attendait à ce que les membres du Conseil européen endossent un bref document précisant les modalités d'un soutien à la Grèce. Le mécanisme, sur lequel la France et l'Allemagne se sont mis d'accord dans l'après-midi, consiste dans une combinaison de prêts bilatéraux et de prêts du Fonds monétaire international (FMI).

    Jeudi matin, la chancelière allemande était intervenue pour la seconde fois en deux semaines devant le Bundestag sur le cas grec. Elle a promis à son parlement de ne pas prendre d'engagement lors de ce sommet sur un paquet d'aides, lui a assuré que le FMI serait de la partie et qu'enfin le régime de sanctions à l'égard de ceux qui ne respectent pas le pacte fiscal de la zone euro serait renforcé. « Un bon Européen n'est pas nécessairement celui qui aide vite Un bon Européen est beaucoup plus celui qui ne met pas en danger les traités européens et le droit national et par là même la stabilité de l'Europe », a-t-elle déclaré devant les députés allemands.
     

    LE FMI EN COMPLEMENT

    Jusqu'au dernier moment, Berlin a donc fixé les conditions de cette nouvelle manifestation de soutien. Le président Nicolas Sarkozy et son homologue allemande se sont vus durant deux heures dans l'après-midi pour mettre au point les détails de ce document qu'ils ont ensuite mis entre les mains d'Herman van Rompuy, le président du Conseil européen. Le mécanisme serait placé « sous pilotage européen », ont déclaré des sources élyséennes, et majoritairement abondé par des prêts bilatéraux, le FMI venant en complément. La clé de répartition de la charge entre pays européens participant serait calquée sur l'actionnariat de la Banque centrale européenne (BCE).

    Les conditions du déclenchement du mécanisme d'aide semblaient particulièrement strictes. Il supposerait que le pays soit « soumis à un très fort stress de marché ». Mais, surtout, les taux des prêts à la Grèce seraient « ceux du marché » et « non subventionnés », ce qui laisse penser que le recours au mécanisme européen pourrait être plus coûteux qu'une aide directe du FMI. Il était question jeudi, en fin d'après-midi, de réunir un sommet impromptu des seize dirigeants de la zone euro dans la soirée afin d'endosser ce « cadre ».

    Parallèlement, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy devaient réaffirmer leur souhait de mettre en place un « gouvernement économique » européen. Un rapport sur le sujet, comprenant des propositions d'instruments de prévention et de sanction, devrait être présenté avant la fin de l'année, ont laissé entrendre des sources élyséennes dans l'après-midi.

    par Yann-Antony Noghès, à Bruxelles

    Aide à la Grèce : l’Eurogroupe entérine un accord inspiré par l’Allemagne  

    Nicolas Sarkozy et Angela Merkel sont parvenus à un accord hier à Bruxelles sur l’aide à la Grèce.

    Les pays de la zone euro l’ont entériné dans la soirée. La partie allemande a finalement obtenu

    que le Fonds monétaire international soit partie prenante au dispositif.

    De nos envoyés spéciaux à bruxelles.

    En fin de soirée, hier, à Bruxelles, les dirigeants des pays de la zone euro ont entériné un accord mis au point quelques heures plus tôt par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel définissant les conditions auxquelles les pays de la zone euro pourraient apporter leur aide à la Grèce. Avant l’ouverture du sommet européen, le président de la République a reçu la chancelière dans son bureau du bâtiment du conseil à Bruxelles pour sceller le compromis négocié ces derniers jours. Le texte précise, comme le souhaitait Athènes, la déclaration du 11 février dans laquelle les Etats membres s’engageaient« à prendre des mesures déterminées et coordonnées »pour préserver la stabilité financière de la zone euro. Mais cet engagement masquait des divisions.Le compromis d’hier détaille le cadre européen de cette opération de sauvetage qui devra être décidée à l’unanimité des pays de la zone euro. La Grèce pourra bénéficier de prêts bilatéraux coordonnés auxquels contribueront les Etats membres, s’ils le souhaitent, selon la clef de répartition au capital de la BCE. Les taux ne seront pas subventionnés et comprendront une marge due au risque grec. Un prêt du FMI complétera le dispositif, Paris précisant que« la participation européenne restera majoritaire ».La répartition serait dans une proportion de deux tiers pour l’aide européenne, et d’un tiers pour le FMI.

    « Conditionnalité »

    Opposé depuis le début à cette intervention , le président de la BCE, Jean-Claude Trichet avait jugé« très, très mauvais »que les pays de la zone euro se défaussent de leur responsabilité sur le FMI, avant d ’atténuer ses critiques. Les versements de ces prêts seront soumis à une« conditionnalité »qui sera établie par la Commission européenne et la Banque centrale européenne, et non par le FMI comme le craignaient les opposants à une intervention de l’institution internationale. Paris et Berlin souhaitent renforcer la gouvernance économique, qui a fait cruellement défaut ces dernières années, en particulier en Grèce. Le texte propose que l’Eurogroupe charge Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, de lui présenter d’ici à la fin de l’année un rapport sur les moyens de renforcer« les instruments de prévention et de sanction »contre les Etats indisciplinés.Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avait soumis ce compromis à l’approbation d’ Herman Van Rompuy avant le début du Conseil européen. Ils ont tenu à préciser qu’il ne s’agissait pas seulement d’un plan de sauvetage à la Grèce mais d’un « cadre européen » destiné à être utilisé à l’avenir, chaque fois qu’un pays de la zone euro sera en difficulté. L’accord franco-allemand met fin à une longue période d’incertitude qui a provoqué une baisse de l’euro et une perte de crédibilité de l’Union européenne. Il laisse cependant plusieurs questions sans réponse : le rôle exact du FMI devra être précisé. Il s’agit d’ores et déjà d’une concession importante à la manifestation de la solidarité européenne, exigée depuis plusieurs jours et imposée à la France par la dirigeante allemande qui a ainsi donné la priorité aux contraintes de politique intérieure au détriment de son engagement européen. De plus, le seuil de déclenchement de l’aide reste – délibérément ou non – dans le flou. Dans la matinée, Angela Merkel avait assuré, devant le Bundestag que le soutien européen n’interviendrait« qu’en dernier recours »c’est-à-dire seulement si la Grèce ne pouvait plus emprunter de l’argent sur les marchés. Ce terme est repris dans le texte ce qui introduit un élément d’inquiétude pour Athènes qui souhaitait que le soutien de l’Europe lui évite d’avoir à emprunter à des taux que le premier ministre grec n’est pas loin de juger usuraires. Reste enfin a préciser le degré de renforcement de la discipline budgétaire que l’Allemagne obtiendra. On peut s’attendre à un débat d’autant plus difficile que plusieurs pays – Portugal et Espagne, en tête – sont dans une situation financière explosive et risquent de résister tout surcroît de contrainte.

    Catherine Chatignoux et Jacques Docquiert

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