• Angela Merkel présente au Bundestag un plan d'austérité contesté

    Angela Merkel présente au Bundestag un plan d'austérité contesté

    Le plus grand plan d'austérité de l'après-guerre en Allemagne doit être discuté par le Bundestag, à partir du mercredi 7 juillet. Le projet de loi de finances 2011, qui est présenté par le ministre des finances, Wolfgang Schaüble, est le premier volet du programme de réduction des dépenses de l'Etat, étalé sur quatre ans, qui prévoit d'économiser 80 milliards d'euros, d'ici à 2014.

    Les discussions au sein du Parlement, dont le vote est prévu seulement en novembre, promettent d'être houleuses tant les mesures annoncées par le gouvernement suscitent la controverse jusque dans les rangs de la majorité. Résultat d'un compromis difficile entre les partenaires de la coalition au pouvoir, libéraux (FDP) et chrétiens-démocrates (CDU), le plan ne prévoit aucune hausse d'impôts, y compris pour les plus hauts revenus. En revanche, les prestations sociales subiront des coupes sévères : celles-ci représenteront 40 % des économies réalisées.

    Pauvres, chômeurs et jeunes familles seront ainsi les premiers contributeurs à l'effort de réduction des déficits budgétaires. Le salaire parental, qui prévoit que le parent arrêtant de travailler à la naissance d'un enfant reçoive 67 % de son salaire net pendant douze mois, sera réduit de deux points. Pour les bénéficiaires du programme " Hartz IV ", qui indemnise les allocataires de l'aide sociale et les chômeurs de longue durée, le salaire parental sera purement et simplement supprimé.

    Le plan d'austérité prévoit également un dégraissage des effectifs de l'Etat. L'Allemagne, dont le nombre de fonctionnaires et d'agents publics représente 11,2 % de la population active, soit un des taux les plus bas d'Europe, supprimera 10 000 postes de fonctionnaires d'ici à 2013. L'effectif de l'armée, qui s'élève actuellement à 250 000 soldats, devra être réduit de 40 000 hommes.

    C'est du côté des recettes que le gouvernement espère mieux faire passer la pilule des coupes budgétaires vis-à-vis de l'opinion. Les banques, les compagnies d'électricité exploitant des centrales nucléaires, les industries polluantes et les compagnies aériennes auront à s'acquitter de taxes qui devront rapporter à l'Etat entre 6 et 8 milliards d'euros par an.

    Pour Angela Merkel, qui a obtenu des libéraux qu'ils renoncent à leur promesse de baisses d'impôts, il s'agit d'une victoire à la Pyrrhus : la non-participation des hauts revenus à l'effort a contribué à rendre le plan d'austérité largement impopulaire. A 79 %, les Allemands le perçoivent comme " injuste ", les partis d'opposition et les syndicats le qualifient de " cruel " et de nombreux députés chrétiens-démocrates ont exprimé leurs inquiétudes sur le sort réservé aux familles pauvres.

    Le gouvernement aura d'autant plus de difficultés à imposer son plan que l'amélioration de la conjoncture devrait permettre de réduire le déficit budgétaire beaucoup plus vite que prévu. Selon les estimations, celui-ci atteindra 65 milliards d'euros, en 2010, contre les 80 milliards prévus jusqu'ici. En 2011, il s'élèvera à 57,5 milliards d'euros, contre les 76,6 milliards d'euros attendus.

    Grâce à la baisse du taux de chômage (ramené à 7,5 % en juin), les dépenses liées à l'emploi devraient diminuer de 10 milliards d'euros. L'Etat a en outre cédé des licences de téléphonie mobile de nouvelle génération pour un montant de plus de 4 milliards d'euros. Du fait de ce moindre endettement, Berlin s'attend à une baisse de plusieurs milliards d'euros des charges d'intérêt.

    Malgré les critiques virulentes, la chancelière Angela Merkel a déclaré vouloir s'en tenir strictement au plan de rigueur. En 2011, doit entrer en vigueur le " frein à la dette ", disposition ancrée dans la loi fondamentale, qui prévoit un plafonnement de la dette publique, d'ici à 2016.

    Pour la chancelière, l'Allemagne doit également montrer l'exemple et ramener au plus vite la première économie européenne dans les clous du pacte de stabilité. " L'Allemagne ne peut pas exiger des pays de l'Union des principes qu'elle n'applique pas elle-même ", a-t-elle martelé.

    C. Bo. (Berlin)


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