• Au nom de l’équité, l’Elysée envisage un prélèvement pour financer les retraites

    Au nom de l’équité, l’Elysée envisage un prélèvement pour financer les retraites  

    L’Elysée évoque « un prélèvement spécifique sur une catégorie de la population ». Le projet de loi de réforme des retraites sera présenté en Conseil des ministres dès juillet. Un relèvement de l’âge légal du départ serait le moyen le plus efficace pour changer les comportements des assurés à court terme, démontrent les statistiques de l’assurance-vieillesse.

     

    Nicolas Sarkozy à une cérémonie d’hommage à la résistance française durant la Seconde Guerre mondiale, hier à Thones (Haute-Savoie).Parmi les salariés partis à la retraite à 60 ans,la plupart ont cotisé plus que ce qui est requis.AFP

    C’est maintenant quasi-officiel : la réforme des retraites devrait comprendre une hausse de prélèvements. L’entourage de Nicolas Sarkozy a évoqué, hier,« un prélèvement spécifique sur une catégorie de la population ».« Le président souhaite que la réforme soit juste », explicite-t-on à l’Elysée, laissant entendre que c’est la population la plus aisée qui serait visée. Le projet n’est cependant« qu’une piste parmi d’autres »et« rien n’est arrêté », ajoute-t-on. Il n’empêche, cette déclaration est tout sauf neutre, alors que la concertation avec les partenaires sociaux s’ouvre lundi, et que les nouvelles prévisions du Conseil d’orientation des retraites, qui seront validées mercredi, se focaliseront, elles, sur des mesures repoussant l’âge de départ en retraite.Le timing est assez serré : les grandes lignes de la réforme« ne seront pas clarifiées avant la seconde quinzaine de juin ». L’objectif est de présenter le projet de loi en Conseil des ministres avant la trêve estivale, fin juillet, afin que le Parlement puisse commencer son travail début septembre.L’exécutif refuse d’en dire plus sur ce prélèvement. Taxer le patrimoine peut être envisagé mais Nicolas Sarkozy l’a déjà fait pour financer le RSA (contribution de 1,1 %). Une hausse de la CSG payée par les retraités imposables est défendue par le PS, mais la CFDT (qui est pour) entend la réserver pour la dépendance. La perspective d’un nouveau prélèvement a commencé d’être évoquée dans le cadre du débat sur le bouclier fiscal. Les parlementaires de la majorité exigent qu’à tout le moins, une hausse de prélèvement future concerne tout le monde, y compris les bénéficiaires du bouclier. Jean-François Copé s’est rallié à l’idée.Ce financement supplémentaire, avancé comme un geste d’équité plutôt que comme une mesure de rendement, ne sera de toute façon pas au cœur de la réforme. Celle-ci comportera surtout un décalage de l’âge de départ à la retraite, par le biais d’un relèvement de l’âge légal (à 62 ou 63 ans) et,ou d’une hausse de la durée de cotisation.

    Des arguments financiers

    Sur ce point, les statistiques publiées hier par la Caisse nationale d’assurance-vieillesse (CNAV) donnent des arguments financiers aux partisans du relèvement de l’âge légal. Les assurés qui ont liquidé leur retraite à 60 ans ou plus tôt ont représenté près des deux tiers du total l’an dernier. La majorité d’entre eux avait cotisé nettement plus que les 40 annuités et un trimestre requis (voir graphique), mais elle a tout de même dû travailler jusqu’à l’âge légal pour liquider ses droits. 58 % d’entre eux avaient même 8 trimestres« de trop ».On peut déduire de ces statistiques qu’une poursuite de l’allongement de la durée de cotisation ne sera pas suffisante pour faire reculer l’âge effectif du départ, et donc pour réduire les déficits, sauf à l’accélérer très fortement. S’il avait fallu cotiser 42 ans pour partir à la retraite en 2009, par exemple, plus de 60 % de cette population serait tout de même partie à 60 ans.« D’ici à 2020-2025, c’est le recul de l’âge légal de départ qui est le plus efficace, dans la mesure où vont d’ici là partir à la retraite des personnes généralement entrées encore tôt dans la vie active », expliquait récemment devant les députés le directeur de la CNAV, Pierre Mayeur.Parmi les syndicats, seule la CGC défend cette solution :« Cotiser 42 ans, c’est déjà bien. Si on veut que la réforme produise de l’effet, c’est sur l’âge légal qu’il faudra jouer », explique Danièle Karniewicz. Les autres syndicats s’opposent fermement à la remise en cause de la barrière des 60 ans.

    VINCENT COLLEN

    Et voila encore une fois l’âge légal à la fin.

    Finalement le titre de l’article aboutit in fine à l’inégalité, formidable. Non il y d’autres solutions.

    Mieux répartir les bénéfices de la croissance pour tous


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