• Au Royaume-Uni, David Cameron lance son projet de " Big Society "

    Au Royaume-Uni, David Cameron lance son projet de " Big Society "

    Le premier ministre tory appelle les citoyens à " prendre les choses en main " pour suppléer l'Etat
    Londres Correspondante
     

     

    Rendre le pouvoir aux gens ", faire éclore ce qu'il appelle la " Big Society " (" la grande société ") : dans un discours à Liverpool, lundi 19 juillet, David Cameron a donné le coup d'envoi de ce projet qui lui tient tant à coeur. Là où Margaret Thatcher affirmait : " La société n'existe pas, il y a seulement des hommes, des femmes, des familles ", le premier ministre conservateur veut convaincre ses concitoyens qu'ils peuvent s'unir pour améliorer leur vie de tous les jours. Et se substituer avantageusement à un Etat centralisé et peu réactif.

    Quatre zones - Liverpool, Eden Valley (Cumbria), Windsor and Maidenhead (Berkshire) et Sutton and Cheam (au sud-ouest de Londres) - vont s'essayer à ce concept encore vague malgré les efforts du leader des tories. Chacune de ces " communautés d'avant-garde ", comme il les appelle, se verra proposer un expert qui supervisera l'affaire. Des fonctionnaires les aideront à surmonter les barrières de l'administration ou à chercher de l'aide dans le secteur privé. Et les citoyens les plus motivés recevront une formation pour mieux mettre à profit leur énergie.

    Les cobayes de la Big Society de M. Cameron, tous volontaires pour l'expérience, ont plusieurs idées en poche : améliorer la couverture des liaisons par l'ADSL pour l'une, ouvrir les musées plus tard pour l'autre, laisser aux habitants le soin d'établir les horaires des transports en commun locaux pour un troisième, ou encore reprendre un pub rural.

    S'ils ont besoin d'argent, ils pourront demander un prêt à la future Big Society Bank dont la vocation sera justement d'aider à financer des projets locaux à vocation sociale. Celle-ci se verra affecter l'argent qui dort sur des comptes-épargne depuis plus de quinze ans. Le gouvernement de Gordon Brown avait, en effet, légiféré pour pouvoir, à certaines conditions, récupérer ces sommes qui avoisineraient les 400 millions de livres sterling (près de 470 millions d'euros).

    Dans l'immédiat, seule une soixantaine de millions de livres serait mobilisable. Mais, à terme, promet le premier ministre, ce seront " des centaines de millions de livres ".

    Il s'agit, affirme M. Cameron, " d'un changement culturel énorme ". Les gens " ne s'en remettront plus systématiquement à l'Etat ou aux collectivités locales lorsqu'ils auront un problème. Ils se sentiront assez libres et forts pour prendre les choses en main. " Quand un bureau de poste fermera, ils pourront le reprendre. Ils pourront également, explique le chef du gouvernement, s'occuper de la bibliothèque municipale ou se mêler des projets immobiliers.

    Ecole, police, santé

    Alors que le gouvernement s'apprête à sabrer dans les dépenses publiques pour réduire un déficit budgétaire record en temps de paix, certains voient dans la démarche de M. Cameron une manière détournée de justifier la réduction du train de vie de l'Etat.

    D'autres doutent de l'issue de son initiative alors que les subventions publiques aux organisations non gouvernementales devraient être considérablement réduites. " Le gouvernement se lave les mains de fournir des services publics de qualité et utilise les bénévoles comme une alternative ", juge Dave Prentis, le secrétaire général du syndicat Unite.

    M. Cameron dément. Et parle de sa " passion " pour la Big Society qui doit changer profondément son pays. Il veut aller plus loin dans cette voie en faisant participer les parents à la gestion des écoles de leurs enfants, les patients à celle des services de santé publique, ou encore les citoyens à l'organisation des forces de police.

    Virginie Malingre


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