• Aux Etats-Unis, les doutes se multiplient sur la vigueur du redémarrage

    Aux Etats-Unis, les doutes se multiplient sur la vigueur du redémarrage  

    Après la révision à la baisse de la croissance à 2,7 % au premier trimestre (en rythme annuel), certains économistes tablent désormais sur un net ralentissement au deuxième semestre après épuisement de l’effet de restockage des entreprises.

    De notre bureau de New York.

    La reprise américaine est-elle vraiment au rendez-vous ? Le doute commence à s’insinuer sur les marchés au lendemain de la publication d’une série d’indices décevants outre-Atlantique. Selon la dernière enquête ADP publiée hier, qui préfigure souvent l’indice mensuel du chômage, les entreprises privées ont créé seulement 13.000 emplois en juin (contre une prévision de 60.000). Et selon les dernières données du Conference Board, publiées lundi, l’indice de confiance des consommateurs a brusquement chuté au mois de juin (à 52,9 contre 62,7 en mai), après trois mois de hausses consécutives. Même si les économistes restent divisés sur ces risques de ralentissement, l’impact de la situation de l’emploi sur le moral des ménages et la fin de la politique de restockage des entreprises soulèvent des doutes croissants sur la vigueur de la reprise.

    « Vents contraires »

    « Nous avons vu des signes positifs dans nombre de secteurs. Malheureusement, en raison des difficultés observées en Europe, nous sommes confrontés à des vents contraires et à une certaine nervosité de la part des marchés », a reconnu lundi Barack Obama, à l’issue d’une rencontre avec le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke. Le président américain se fait ainsi l’écho des craintes exprimées par le comité monétaire de la Fed, lors de sa dernière réunion, sur l’impact négatif de la crise de la dette européenne sur la reprise américaine. Selon les estimations de Goldman Sachs, la « crise européenne » sur la croissance américaine pourrait se traduire par un impact négatif de 0,2 % à un maximum de 1,9 % de PIB (en cas de « scénario sévère »). Mais les inquiétudes sur la vigueur de la reprise ne se limitent pas à l’effet de la crise européenne sur les exportations et les écarts de taux (« credit spreads »).« Le plus probable est que l’on assiste à un ralentissement de la croissance à court terme, à 1,5 % au deuxième semestre en rythme annuel), avec une réaccélération en 2011 », estime Jan Hatzius, US Chief Economist de Goldman Sachs. Pour 2011, sa prévision de croissance, à 2,5 %, reste néanmoins inférieure à celle du consensus des économistes (3,1 %), avant la révision à la baisse du PIB, de 3 % à 2,7 %, au premier trimestre, annoncée le 25 juin par le département du Commerce.« Les risques de déflation augmentent, même si ce n’est pas notre scénario central et si nous estimons à 20 % le risque d’une rechute de la croissance (« double dip ») », ajoute Jan Hatzius. Malgré une légère reprise de la consommation, il impute le net ralentissement de l’économie au deuxième semestre à la fin du cycle du restockage des entreprises qui a dopé la croissance jusqu’ici. Hors stocks, la croissance de la demande intérieure finale devrait s’établir à 1,5 % au deuxième semestre.Parmi les « vents contraires » subsistent la situation du marché du logement et l’impact attendu des restrictions budgétaires.

    Croissance toujours faible

    Tous les économistes américains ne sont pas aussi pessimistes sur la croissance au deuxième semestre. Selon Larry Kantor, irecteur de la recherche de Barclays Capital, il ne devrait pas être « trop difficile » d’atteindre 4 % de croissance au troisième trimestre.« On observe un début d’amélioration sensible sur le front de la consommation des ménages et même sur le marché de l’emploi, sans compter le niveau d’investissement des entreprises dont la croissance sera à deux chiffres au prochain trimestre », estime-t-il.Même dans ce scénario le plus optimiste à 4 %, une prévision supérieure au consensus, un tel niveau de croissance resterait, toutefois, largement inférieur à la moyenne de 7 % enregistrée dans les trois trimestres consécutifs à toutes les « profondes » récessions américaines qui ont eu lieu entre 1957 et 1982. Selon le prix Nobel d’économie Paul Krugman, faute de volontarisme du G20 pour accompagner la croissance, la menace d’une« longue dépression »pourrait même se concrétiser.

    Pierre de gasquet

    Selon le prix Nobel d’économie Paul Krugman, la menace d’une « longue dépression » pourrait se concrétiser.bloomberg


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