• Brésil : Une économie dopée par la consommation

    Une économie dopée par la consommation

    Les mesures sociales du gouvernement ont favorisé une rapide sortie de crise.

    29.10.2009|José Fucs|Epoca

    Si, en 2001, 35 % de la population vivait au-dessous du seuil de pauvreté, ce pourcentage est passé à 24,1 % en 2008. Quatre millions de Brésiliens ont fait leur entrée dans la classe moyenne, qui représente désormais plus de 50 % de la population. Ces chiffres mettent cependant aussi l’accent sur tout ce qu’il reste à faire en matière d’inégalités, d’insécurité, de pollution ou de corruption.

    Luciano Amaral a de grosses responsabilités. Cet ingénieur de 30 ans (bac + 5) est salarié chez Gafisa, l’une des plus importantes sociétés de construction du pays. Depuis son entrée dans l’entreprise, il a régulièrement obtenu des promotions et des augmentations de salaire, jusqu’à ce que sa carrière fasse un bond, en 2007. Il a alors abandonné son poste d’ingénieur chargé des travaux pour devenir administrateur. A São Paulo, il supervise aujourd’hui dix chantiers résidentiels en même temps. “Dans ce secteur d’activité, la croissance a bouleversé la carrière de beaucoup de gens. Ceux qui étaient sans emploi ont trouvé du travail. Et beaucoup ont reçu de meilleures propositions professionnelles”, explique-t-il. Son parcours professionnel illustre parfaitement l’extraordinaire évolution économique du Brésil. La hausse du pouvoir d’achat et les mesures prises pour faciliter l’obtention au crédit ont permis à un grand nombre de Brésiliens d’accéder pour la première fois à la propriété. Parallèlement, l’ouverture de leur capital à <st1:personname productid="la Bourse" w:st="on">la Bourse</st1:personname> des valeurs de São Paulo (<st1:personname productid="la Bovespa" w:st="on">la Bovespa</st1:personname>) a apporté aux gros promoteurs immobiliers, en moins de deux ans, 16 milliards de reais [6,2 milliards d’euros] pour investir dans de nouveaux projets. Tout le monde tire profit de la croissance économique, les citoyens comme les entreprises. Cela faisait des décennies que le Brésil n’avait pas connu une telle effervescence dans autant de secteurs en même temps. Le ­bâtiment n’est qu’un exemple parmi d’autres. Les chiffres de l’économie publiés par l’IBGE ­[l’INSEE brésilien] en mai 2009 témoignent non seulement de la vigueur du pays, mais aussi de la confiance retrouvée des Brésiliens, comme peut l’exprimer Luciano Amaral. Cette bonne santé économique ne fait que confirmer une tendance déjà présente depuis plusieurs années. “La croissance a été solide et continue, malgré les prévisions alarmistes qui avaient accompagné l’arrivée du président Lula [Parti des travailleurs, gauche] au pouvoir, en 2002”, confirme Claudio Haddad, un économiste de la banque centrale. Toutefois, bien qu’ayant franchi le seuil psychologique des 5 % fixé par le président Lula lui-même, la croissance brésilienne reste encore en deçà du potentiel du pays. Elle est inférieure à celle d’autres pays émergents, comme <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname>, l’Inde et <st1:personname productid="la Russie. Et" w:st="on">la Russie. Et</st1:personname>, en Amérique latine même, le géant régional est à la traîne par rapport à l’Argentine ou au Venezuela, qui ont enregistré une croissance supérieure à 8 % en 2008. Reste que le Brésil est déjà sorti de la crise internationale, après une légère récession fin 2008 liée à la crise mondiale. Les économistes prévoient une croissance de 4 % pour 2009 et des chiffres encore meilleurs pour 2010. La croissance de 2004 était liée au bond en avant des exportations. Aujourd’hui, elle relève principalement de l’expansion du marché intérieur. On assiste à une augmentation sensible de la consommation des ménages et à une reprise des investissements industriels, deux indicateurs clés. Le revenu global de la population a augmenté de 20 % par rapport à 2008 et vient gonfler le pouvoir d’achat des consommateurs, qui se voient offrir des facilités de crédit encore plus importantes et plus longues. Les entrepreneurs, encouragés par l’augmentation du volume des crédits accordés aux entreprises et par la baisse des taux d’intérêt, se sont remis à investir dans la production. Le taux d’investissement représente 17,6 % du PIB, le chiffre le plus important depuis 1996.

    En prime, la consommation des ménages est stimulée par l’augmentation de l’emploi et de la masse salariale. Elle est également due aux politiques sociales du gouvernement, tel le programme Bolsa-Família [sorte de revenu minimal garanti aux familles les plus pauvres].


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