• Bruxelles favorable à la naturalisation des immigrés

    Bruxelles favorable à la naturalisation des immigrés

    Dès 2013, l'Europe manquera de main- d'oeuvre. Bruxelles emboîte le pas à l'OCDE qui préconise l'accueil d'immigrés et leur naturalisation.

    Politique migratoire

    Bruxelles prépare le terrain avant d'appeler les Vingt-Sept à naturaliser les immigrés pour faire face au défi démographique. L'Europe compte actuellement 28 millions de personnes à la recherche d'un emploi. « Il peut sembler incongru de dire cela aujourd'hui, compte tenu des taux de chômage, mais on aura bientôt un débat sur l'immigration maîtrisée. C'est inéluctable, car il va nous falloir de la main-d'oeuvre », confie à « La Tribune » Joëlle Milquet, qui préside le Conseil des ministres européens de l'emploi.

    Les projections statistiques sur le déficit démographique européen renvoient généralement à des dates lointaines, comme 2050, mais la course mondiale au capital humain a déjà commencé (voir le Canada, ci-contre). « La population active européenne va commencer à se contracter dès 2013 ou 2014 », indique la Commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cécilia Malmström.

    Avec le vieillissement rapide de la population, la part des Européens en âge de travailler devrait chuter de 1 à 1,5 million chaque année. L'OCDE est récemment venue présenter à Bruxelles son rapport sur les « Perspectives des migrations internationales 2010 ». Il en ressort que les flux migratoires ont ralenti partout dans le monde sous l'effet de la crise, « mais les tendances démographiques de long terme demeurent », selon Angel Gurria, le secrétaire général de l'OCDE.

    En effet, « même si la crise économique a réduit, à court terme, le besoin de travailleurs émigrés dans certains secteurs, il va y avoir un besoin stable de main d'oeuvre non-satisfaite par les Européens », souligne Cécilia Malmström, dont les services projettent qu'environ 40 millions de personnes émigreront vers l'UE d'ici 2050.

    Réussir l'intégration

    L'Europe va devoir ouvrir ses frontières à une forte immigration et s'attacher à réussir l'intégration. « Plus les migrants sont intégrés, mieux c'est pour eux, et plus c'est productif pour les pays d'accueil », assure Angel Gurria. « Evidemment, la régularisation est la première étape », poursuit le patron de l'OCDE, mais ensuite, « notre recommandation, c'est de donner la citoyenneté ». Pour Laszlo Andor, le Commissaire européen à l'emploi, « le rapport de l'OCDE démontre que les immigrés qui ont été naturalisés ont de meilleurs résultats sur le marché du travail, grâce à de plus faibles barrières, à une plus grande mobilité et à moins de discrimination ». Le Hongrois reste cependant prudent, car les questions de naturalisation ne dépendent pas de Bruxelles - mais exclusivement des États membres. La Commission s'apprête à organiser en octobre un séminaire sur « les implications de la naturalisation et sur l'intégration des immigrés dans le marché du travail ». L'an prochain, elle présentera une communication sur « comment combler les manques de main-d'oeuvre à travers l'immigration ». Consciente qu'une majorité d'Européens demeure hostile à l'immigration, la Commission y va pas à pas...

    Par Yann-Antony Noghès, à Bruxelles


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