• Climat : peut-on éviter le pire ?

    Climat : peut-on éviter le pire ?

    Le sommet de Copenhague de décembre prochain permettra-t-il de débloquer enfin la lutte contre le changement climatique ? Rien n'est moins sûr.

    Le syndrome du Titanic, c'est le titre pas franchement optimiste que Nicolas Hulot a choisi pour son film, sorti sur les écrans ces dernières semaines. Sommes-nous vraiment en train de danser sur un paquebot qui va couler prochainement? Au vu des informations disponibles, il est difficile en effet de donner tort à l'animateur vedette: le changement climatique menace bien la survie de l'humanité. La communauté internationale avait d'ailleurs reconnu la réalité du danger dès le sommet de Rio en 1992, il y a déjà presque vingt ans.

    Mais depuis, bien peu a été fait, au-delà des discours, pour corriger la route et éviter l'iceberg: les émissions de gaz à effet de serre, responsables du changement climatique, se sont même encore accrues de 38% à l'échelle mondiale depuis 1990, selon l'Agence internationale de l'énergie. Il y a bien eu, en 1997, le protocole de Kyoto, péniblement entré en vigueur en 2005, mais nombre de ses signataires n'ont pas respecté leurs engagements, pourtant modestes au regard de ce qu'il faudrait faire dans les prochaines années. Et surtout le protocole n'a jamais eu le soutien des Etats-Unis, longtemps les premiers émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre. Jusqu'à ce que la Chine les détrône l'an dernier, mais celle-ci refuse également de limiter ses émissions pour l'instant.

    Cette inertie n'est pourtant pas due au fait qu'on ne saurait pas quoi faire. On sait bien qu'il faudrait en priorité réduire drastiquement l'intensité en énergie de nos modes de production et de consommation. Et on maîtrise de nombreuses technologies pour y parvenir. On sait aussi qu'il faut développer les énergies renouvelables et on sait le faire à des coûts de plus en plus abordables. Enfin, on connaît les outils économiques qu'il faut mettre en oeuvre - normes, interdictions, taxes, permis... - pour amener les différents acteurs à changer de comportement.

    C'est en fait surtout sur la dynamique sociopolitique que l'on bute: tous ces changements impliquent des investissements très coûteux. Alors que dans un monde extraordinairement inégalitaire et dépourvu de tout pouvoir central, il est très difficile de se mettre d'accord entre Etats sur la répartition de cet effort initial. Et malgré l'arrivée au pouvoir de Barack Obama aux Etats-Unis, rien n'incite à considérer pour l'instant que le sommet qui va se tenir à Copenhague en décembre prochain permettra de dépasser ces blocages. L'iceberg risque bien de se rapprocher encore un peu plus...

     

    Antoine de Ravignan et Guillaume Duval

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