• Climat : ultimes pourparlers avant Cancun

    Climat : ultimes pourparlers avant Cancun

    Réunis en Chine du 4 au 9 octobre, les négociateurs visent un accord a minima lors du prochain sommet, au Mexique
    Tianjin (Chine) Envoyé spécial
     

    Moins de deux mois avant la conférence de Cancun (Mexique), se joue à Tianjin, au nord de la Chine, la dernière carte des négociations sur le climat pour débloquer des pourparlers restés quasiment au point mort depuis l'échec de Copenhague en décembre 2009. C'est la première fois que la Chine, devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, est l'hôte d'une réunion de la convention des Nations unies sur le climat de cette importance.

    Mais il ne faut pas s'attendre à ce que les autorités chinoises saisissent cette occasion pour annoncer un assouplissement de leurs positions. Si le chef des négociateurs chinois, Xie Zhenhua, a expliqué que la partie chinoise s'attellera pendant ces six jours de discussions (du lundi 4 au samedi 9 octobre) à " réduire les divergences " entre les quelque 190 pays présents, tout indique que la Chine considère avoir fait sa part du chemin pour parvenir à un accord global sur le climat.

    " Chargée de soutenir sa croissance économique, d'améliorer les conditions de vie de sa population et de protéger l'environnement, la Chine est confrontée à davantage de défis que les pays développés ", a tenu a rappelé Xie Zhenhua, quelques jours avant cette réunion qui - ce n'est pas anodin - a été organisée dans une ville où se développe un important projet d'écocité.

    La Chine s'est engagée à réduire son " intensité énergétique " - c'est-à-dire les émissions de CO2 produites par unité de produit intérieur brut (PIB) - d'au moins 40 % d'ici à 2020 par rapport à 2005, avec un objectif intermédiaire de réduction de 20 % d'ici à la fin de cette année, qu'elle semble avoir peine à atteindre, comme l'indiquent les fermetures en série des usines trop gourmandes en énergie décidées par le gouvernement ces dernières semaines. " L'objectif que nous nous sommes fixé pour 2020 requiert de notre part un effort considérable ", a réaffirmé le négociateur, écartant implicitement la possibilité pour la Chine de se fixer un objectif de réduction absolue de ses émissions de gaz à effet de serre.

    Si la Chine est prête à des efforts - dont témoignent les investissements massifs qu'elle réalise dans les énergies renouvelables -, elle n'est toujours pas disposée à figer ces engagements dans un traité international qui lui serait opposable par la communauté internationale. " Rendre ces engagements contraignants en droit international pourrait mettre en danger la croissance, explique William Chandler, spécialiste du climat au sein de la Fondation Carnegie. Elle ne le fera que si, en retour, elle obtient des concessions des pays industrialisés, telles que des réductions d'émissions plus importantes de la part des Etats-Unis. " En revanche, Pékin prévoit d'inscrire ses efforts de lutte contre le réchauffement climatique dans son douzième plan quinquennal (2011-2015), actuellement en préparation et qui, plus qu'aucun accord international, déterminera ses priorités jusqu'en 2015.

    Détourner l'attention

    Dimanche, l'agence de presse gouvernementale s'empressait de minimiser le poids du pays dans le processus de négociation, se focalisant plutôt sur la responsabilité historique des pays développés, au premier rang desquels les Etats-Unis, dont elle rappelle qu'ils n'ont jamais signé le protocole de Kyoto. Les " exigences déraisonnables " pesant sur la Chine, l'Inde, le Brésil ou l'Afrique du Sud risquent de saper les discussions et sont un moyen pour les pays développés de détourner l'attention de leurs responsabilités, prévient l'agence Chine Nouvelle.

    De son côté, la secrétaire exécutive de la convention climat, Christiana Figueres, a adressé un message d'urgence aux négociateurs : " Vous pouvez rester au point mort ou avancer. Le temps du choix est venu ", a-t-elle averti. La Costaricaine considère qu'il est encore possible de trouver un compromis sur la création d'un fonds pour financer la lutte contre le réchauffement dans les pays en développement ainsi que pour la protection des forêts tropicales. Elle a toutefois reconnu que plusieurs questions " cruciales ne progressent pas ", comme l'avenir du protocole de Kyoto qui expire fin 2012.

    Harold Thibault


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