• Comment la faillite d'un assureur sur Internet épargne ses clients

    Comment la faillite d'un assureur sur Internet épargne ses clients

    Ineas, pionnier de l'e-assurance, exerçait dans quatre pays en Europe. Les assurés se sont vus proposer un simple transfert de leur contrat sans plus de formalités.

     

    Pionnère de l'assurance auto en ligne, la compagnie Ineas est morte ou presque. Le 31 août, à minuit, tous les contrats souscrits auprès de cette société seront définitivement résiliés comme l'a décidé la Cour du District d'Amstermdam le 5 août. Créé en 1997 par Niek Ligtelijn, cet assureur était atypique à plus d'un titre : de droit néerlandais, il permettait de souscrire en libre prestation de service à partir d'une plate-forme unique, aux Pays-Bas, en France, en Allemagne et en Espagne. Sans agence, sans centre d'appels téléphoniques, sans publicité et avec peu d'effectifs : il misait sur une gestion "low cost" (à bas coûts), sur le 100% Internet et sur l'innovation technologique. Mais le 24 juin dernier, la compagnie "ne répondait pas aux exigences légales de solvabilité et ses liquidités étaient insuffisantes", selon la Cour du district d'Amsterdam. Elle a chargé deux administrateurs d'organiser le transfert des contrats à d'autres assureurs dans chacun des pays.

    En France, l'assureur sur Internet Aloa-assurances, marque créée en 2006 par le groupe Covéa (Maaf, MMA et GMF), a été mandaté par les représentants de l'autorité de régulation des services financiers néerlandaise pour proposer à chaque titulaire des 17.000 contrats du portefeuille hexagonal d'Ineas de souscrire une nouvelle offre personnalisée. Un devis en ligne pré-rempli à leur nom leur a été adressé ce wee-end par e-mail.

    "La procédure de souscription est simplifiée. L'assuré n'aura aucune pièce justificative à renvoyer", explique Patrice Thiriez, directeur du développement d'Aloa Assurances qui indique qu'une réduction de prix (un mois gratuit) leur est également proposée. Il ne s'agit cependant pas d'un rachat de portefeuille, les clients restent donc libres de souscrire auprès d'Aloa ou d'un autre assureur. De toute façon il leur faudra payer à nouveau une prime. "A priori nous avons tous les atouts pour attirer les clients d'Ineas", estime Patrice Thiriez, qui défend un concept "Clic & Bip" (internet et téléphone) plutôt qu'un modèle purement internet qu'il juge trop éloigné du client et moins efficace. Il craint cependant que cette faillite d'un e-assureur n'écorne l'image d'un métier encore récent.

    inéas pas assez tarifé

    Cet échec remet-il en question la viabilité de l'assurance sur internet ? Ce n'est pas l'avis d'Olivier Moustacakis, directeur général du comparateur d'assurance sur internet Assurland qui estime que "le business de l'assurance en ligne peut réussir". Pour lui, "le produit Ineas n'était pas suffisamment bien tarifé". Déjà peu cher au regard des garanties, Ineas avait annoncé en février une baisse de prix de 4 à 5% pour 2010. Or, comme tous les assureurs dommages, il a dû faire face à une forte sinistralité liée aux catastrophes naturelles en 2009 et 2010. Mais surtout le manque de notoriété d'Ineas, associé à l'absence d'investissements publicitaires, ne suscitait qu'un faible trafic spontané sur son site web et le rendait dépendant des comparateurs d'assurance.

    Pour cette raison, "ses coûts d'acquisition de nouveaux clients étaient très élevés", affirme un spécialiste. Trop en tout cas par rapport à sa taille sans avoir le soutien financier d'un groupe. Ineas avait franchi en mars le cap des 100.000 contrats en Europe et en comptait encore plus de 90 000 en juin.

    Séverine Sollier, avec Pierre-Edouard Labbé


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