• Compétitivité : les Etats-Unis chassés du podium, la France se maintient

    Compétitivité : les Etats-Unis chassés du podium, la France se maintient

    La Suisse arrive en tête du classement annuel du Forum de Davos

     

    Les Etats-Unis ont longtemps été les champions du classement annuel du Forum de Davos sur la compétitivité, le Global Competitivness Report. L'édition 2010-2011, publiée jeudi 9 septembre, les élimine du podium.

    Déjà, l'an passé, la Suisse les avait détrônés de la première place et s'y maintient cette année. Alors que les Etats-Unis régressent encore davantage, et se classent quatrième. La Suède progresse en revanche de la quatrième à la deuxième place et Singapour conserve sa place de troisième.

    Ce classement prend en compte plus de 110 facteurs, allant de la qualité des infrastructures du pays, de son système éducatif et de santé, de la taille de son marché intérieur, de la main-d'oeuvre disponible, entre autres. La plupart des données sont issues d'études statistiques nationales ou internationales ; un petit tiers, celles qui sont de nature subjective, provient d'une enquête réalisée auprès de 13 500 dirigeants répartis dans le monde ; 139 pays sont passés au crible de cette batterie de critères.

    Quels sont ceux qui rendraient les Etats-Unis moins compétitifs ? La qualité de ses institutions, selon le rapport de Davos. La population ferait de moins en moins confiance à la classe politique ; et les dirigeants d'entreprise s'inquiètent d'une détérioration des relations entre le gouvernement et le secteur privé.

    Le fonctionnement des entreprises est aussi en cause, avec une moindre confiance dans les informations comptables diffusées, et des doutes sur le respect des critères éthiques. L'accès au financement des entreprises devient préoccupant, estiment près de la moitié des dirigeants interrogés. Enfin, la question des déséquilibres macroéconomiques, et en particulier l'ampleur des déficits, est de plus en plus inquiétante.

    Reste que la force des Etats-Unis en matière d'innovation, liée à la qualité du système universitaire, la taille du marché intérieur et la souplesse du marché du travail, est un atout fondamental.

    L'Europe en bonne posture

    La France progresse doucement de la seizième à la quinzième place. Sans surprise, les reproches sont toujours les mêmes : manque de flexibilité du marché du travail, et dureté des relations entre les dirigeants et les salariés. En revanche, la qualité des infrastructures, qu'il s'agisse des moyens de transport, de la production et distribution d'énergie, des réseaux de télécommunication, demeure un atout important. Ainsi que la qualité des systèmes éducatifs et de santé.

    Globalement, l'Europe continue de se maintenir à haut niveau. Même si l'on note des différences entre les pays : la Grèce se classe 83e, tandis que la Suède talonne le numéro un, en raison de son excellence technologique, de la qualité de son système d'innovation, et de ses institutions.

    Les pays émergents, dont la progression était notable l'an passé, marquent une pause cette année. Un résultat étonnant, dans la mesure où nombre de ces pays ont continué de croître malgré la crise, ce qui aurait pu laisser penser que leur compétitivité s'en trouverait aussi améliorée.

    Parmi les BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), la Chine est ainsi le seul à gagner des places, passant de la 29e à la 27e position. L'amélioration de son système financier en serait la cause, avec, en particulier, un accès plus facile au crédit bancaire ou aux investisseurs en capital. Mais aussi le déploiement des technologies, Internet et téléphonie mobile.

    Annie Kahn


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