• Crise : la résistance contre le retour du "business as usual" donne de la voix

    Colloque

    Crise : la résistance contre le retour   du « business as usual » donne de la voix  

    Pour la seconde édition du colloque « Nouveau monde, Nouveau capitalisme », organisé hier et aujourd’hui à Paris à l’initiative d’Eric Besson, les intervenants se sont félicités de la gestion de la crise tout en pointant un bon nombre d’insuffisances.  L’heure n’est pas au relâchement et les efforts doivent être poursuivis.

    Le pire a été évité. Mais la crise est loin d’être finie. Tel était le ton hier, lors de la seconde édition du colloque « Nouveau Monde, nouveau capitalisme » organisé à Paris à l’initiative d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire. Le président de la république, Nicolas Sarkozy, n’a pas mâché ses mots et a réitéré son message selon lequel« tout doit être repensé. Il faut changer nos idées et nos comportements ».« Ce n’est pas parce que la croissance redémarre qu’il faut arrêter de penser à l’avenir »,a-t-il dit. Et d’insister sur le fait qu’il ne faut pas que cela recommence comme avant.« La crise que nous avons connue n’est pas un accident conjoncturel. Elle est structurelle et systémique ».Fustigeant les« parachutes dorés »,« les bonus exorbitants »,l’existence de paradis fiscaux,« les désordres monétaires inacceptables »qui font que le dollar a baissé de 50 % par rapport à l’euro, Nicolas Sarkozy a reconnu que tout n’avait pas été résolu depuis un an. La ministre de l’Economie et de l’Industrie, Christine Lagarde, a dénoncé quant à elle le fait que les déséquilibres monétaires et les déséquilibres des balances des paiements n’ont toujours pas été traités de manière appropriée. Evoquant le rôle central désormais du forum du G20 qui permet d’avoir côte à côte les pays industrialisés et les grands pays émergents, la ministre a souligné que cette enceinte était améliorable. L’absence de la Suisse ou la présence d’un seul pays africain est regrettable.

    « L’ingratitude se fait arrogante »

    Mais c’est le président de l’OFCE, Jean-Paul Fitoussi, qui s’est le plus insurgé contre les attitudes actuelles d’un bon nombre d’acteurs économiques.« Tant que la crise n’a pas été comprise, elle n’est pas finie. Nous nous dirigeons tout droit vers le ’ business as usual ’,a-t-il souligné. En clair, les acteurs reprennent leurs anciennes habitudes.« Aujourd’hui, l’ingratitude se fait arrogante »,a-t-il martelé à l’adresse de la Commission européenne obnubilée, aujourd’hui, par le dérapage des déficits publics alors que les Etats se sont démenés pour éviter un naufrage économique. Les agences de notation, incapables de prévenir la crise et responsables en partie de son déclenchement, redoublent aujourd’hui leur surveillance sur la dette des Etats au risque de générer une nouvelle tempête financière sur les marchés. Plus grave, si l’on ose dire : en dépit des promesses du G20, la nouvelle gouvernance mondiale reste encore largement à l’état d’esquisse. Selon les économistes présents, les graines de la prochaine crise financière sont déjà semées.« Tout se passe comme si l’Occident n’avait rien trouvé d’autre que l’endettement pour soutenir l’activité »,a déploré Bozibar Djelic, ministre des Affaires européennes de Serbie. Or les pays de l’OCDE ont émis la somme phénoménale de 5.300 milliards de dollars d’émissions de dette publique.« Il faudrait que chacun apprenne à vivre selon ses moyens »,a-t-il ajouté.« La puissance du lobby financier reste très forte, on l’a vu dans le traitement de la crise financière, et il faudrait, selon moi, briser les liens entre la haute fonction publique et les milieux financiers »,a-t-il aussi déclaré. Enfin le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz a regretté que les membres du G20 n’aient pas été capables de mettre en place un système global de surveillance macroéconomique et financière capable de détecter à temps les futures bulles et d’y remédier.

    Catherine Chatignoux  et Richard Hiault

    Voila la suite :

    Quelle reprise (et ces conséquences) ? Faisons le point.


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