• Dette, emploi : les priorités de la commission Attali pour redresser la croissance

    Dette, emploi : les priorités de la commission Attali pour redresser la croissance  

    Réactivée pour plancher sur la sortie de crise, la commission pour « la libération de la croissance » a rendu un prérapport hier au chef de l’Etat, dans lequel elle estime qu’en l’absence de réformes pour « stimuler l’innovation, l’emploi et équilibrer les finances publiques », la France de 2020 se trouverait dans « une impasse économique, financière et sociale ».

    L’heure n’est pas encore aux propositions mais les quarante-trois membres de la commission Attali sont au moins d’accord sur une chose : la crise n’a fait que renforcer l’urgence des réformes. Deux ans après la remise d’un premier rapport ne contenant pas moins de 316 propositions pour « libérer la croissance », la commission présidée par l’ancien conseiller de François Mitterrand et réactivée il y a trois mois pour plancher sur la sortie de crise, a remis hier un rapport intermédiaire à Nicolas Sarkozy. Le document dresse un tableau très noir de la situation économique :« La crise économique et financière mondiale aggrave les problèmes fondamentaux identifiés par la commission il y a deux ans », indique-t-il. La France souffre aujourd’hui de handicaps spécifiques :« un niveau d’éducation qui régresse, des performances médiocres en matière d’emploi, un manque de confiance des Français dans la communauté de leur destin ».Et l’analyse de la situation de la France en 2020 si les tendances actuelles se prolongeaient et si aucune action nouvelle n’était entreprise fait froid dans le dos : la dette dépasserait largement 100 % du PIB, pesant« très négativement sur la croissance potentielle ». Celle-ci serait alors située à 1,3 %, contre plus de 2 % avant la crise. Quant au chômage, il ne parviendrait pas à reculer, s’établissant à 9 % de la population active dans dix ans (contre 9,6 % fin 2009).« Sans nouvelles politiques pour stimuler l’innovation, l’emploi et équilibrer les finances publiques, notre société se trouvera dans une impasse économique, financière et sociale », alerte la commission.

    Des objectifs « volontaristes »

    Mais celle-ci ne formule pas encore de propositions concrètes pour redresser la barre. Celles-ci figureront dans le rapport final qui sera remis en juillet, et dont l’objectif n’est rien moins que de proposer« une stratégie de transformation de la société française pour les dix prochaines années ».Il est d’ores et déjà acquis que le rapport ne ressemblera pas à une liste à la Prévert, comme cela avait été le cas il y a deux ans.« Nous sommes dans une période d’économie de guerre, a expliqué hier Jacques Attali. Il faut se concentrer sur un petit nombre de priorités. Nous avons deux objectifs fondamentaux : réduire l’endettement public et améliorer l’emploi, les deux passent par la croissance.»Tout en soulignant la nécessité de trouver le bon tempo dans la mise en place des réformes pour ne pas casser une reprise« encore fragile », la commission estime que« le redressement budgétaire doit porter sur 2,2 points de PIB dès 2011 »même si« un tel ajustement n’a jamais été réalisé par le passé ». La commission juge« possible et souhaitable »de ramener la dette publique vers 60 % du PIB« dès la décennie 2020 », contre 83,2 % attendu pour 2010. Pour cela,« la meilleure façon est de commencer par faire des économies »,a précisé Jacques Attali. Une autre ambition est d’atteindre une croissance du PIB de 2,5 % à 3 % en 2020.Voilà pour les objectifs qualifiés de« volontaristes »mais« réalistes ».Reste désormais à la commission à détailler les moyens nécessaires pour les atteindre. En attendant le rapport final, le président de la République a souligné« la convergence entre les enjeux soulignés par la commission à l’horizon 2020 et les initiatives lancées par le gouvernement en matière de réduction des déficits, de réforme des retraites et de préparation de l’avenir »avec le grand emprunt.

    Frédéric Schaeffer

    Jacques Attali, président de la commission, a remis hier un rapport intermédiaire dressant un tableau très noir de la situation économique. LUDOVIC/REA

    Cinq enjeux majeurs

    Avant de formuler ses propositions en juillet, la commission a identifié cinq enjeux sur lesquels elle entend lancer le débat avec les parlementaires et la société civile :

    l Faire converger les économies de l’Union européenne.
    2 Rétablir l’équilibre des finances publiques.
    3 Stimuler l’innovation et l’économie du savoir.

    4. Favoriser l’emploi et la compétitivité.

    5. Retrouver un équilibre durable entre générations (insertion des jeunes, réforme des retraites...).A chaque fois, la commission identifie les moyens d’actions envisageables. 

     

    Il y a du travail


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