• Disparités et précarité gâchent les bons chiffres du chômage

    Disparités et précarité gâchent les bons chiffres du chômage


    Berlin Correspondant
     

     

    La ministre du travail, elle-même, Ursula von der Leyen, n'en revient pas : " Personne n'aurait cru, il y a un an, que l'emploi serait revenu à ce niveau. " De fait, l'Allemagne, qui a eu jusqu'à 5 millions de demandeurs d'emploi en 2005, n'en compte plus que 3,1 millions. Et comme l'automne est un des temps forts du recrutement, chacun s'attend à ce que le pays passe sous la barre des 3 millions cet automne.

    Avec un taux de chômage de 6,9 %, l'Allemagne est un des meilleurs élèves de l'Union européenne où le taux de chômage s'élève à 9,6 %. Il serait néanmoins abusif d'en déduire que l'Allemagne ne connaît plus de problème d'emploi : si la Bavière et le Bade-Wurtemberg sont en situation de quasi-plein-emploi avec un chômage d'à peine 4 %, ce taux dépasse 16 % dans certaines parties de l'ex-RDA. A Berlin, le chômage touche 13,6 % de la population active.

    " Mini-jobs "

    Autre phénomène : le nombre de " mini-jobs ", ces activités à temps souvent très réduit et trop peu rémunérées pour payer des cotisations sociales s'élève encore à 4,8 millions, soit 12 % de la population active. Néanmoins, ce chiffre diminue et le fait est que l'Allemagne est le seul grand pays développé où le chômage y est inférieur à ce qu'il était avant la faillite de Lehman Brothers il y a deux ans. Le phénomène est d'autant plus remarquable que la récession y a été plus forte que dans de nombreux pays : en 2009, le PIB a reculé de 4,9 %. Si la décroissance démographique a pu jouer un rôle dans ce phénomène, la principale raison en est l'utilisation massive et intelligente du travail à temps partiel. Plutôt que de licencier, les employeurs et les syndicats s'accordent pour favoriser le temps partiel en partie rémunéré par l'Etat. L'employeur paie le nombre d'heures effectuées et l'Etat compense pour que le salarié perçoive 60 % de son salaire net (67 % s'il a un enfant).

    En moyenne en 2009, un salarié allemand a travaillé 1 309 heures, soit 43,5 heures de moins qu'en 2008. Le nombre de travailleurs à temps partiel a bondi pour atteindre un pic de 1,5 million de personnes en mai 2009 contre à peine 100 000 quelques mois plus tôt. Ce n'est pas un record : en 1991, après la réunification, le nombre de temps partiels conjoncturels avait bondi à 2,16 millions. On ne compte plus actuellement que 800 000 salariés dans ce dispositif. Et pour la première fois en août, le nombre d'emplois créés à temps plein dépasse le nombre d'emplois à temps partiel. Mais même si la machine à exporter tourne à plein régime, les secteurs qui recrutent le plus sont les secteurs de la santé et des services sociaux. Les industries et le commerce n'ont pas encore retrouvé le niveau d'emploi d'avant la crise.

    F. Le.


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