• Doubaï tente de calmer les craintes autour de sa dette

    Doubaï tente de calmer les craintes autour de sa dette

    Reuters26.11.09 | 20h10

    Par Tamara Walid et Jeremy Gaunt

    DOUBAÏ/LONDRES (Reuters) - Doubaï a tenté de calmer les craintes autour d'un défaut de paiement sur sa dette jeudi après avoir ébranlé la confiance des investisseurs suite à l'annonce faite mercredi par l'émirat qu'il allait demander un moratoire sur les créances de deux de ses entreprises phare.

    Les problèmes de dette de Doubaï, hérités d'un boom immobilier qui a vu la construction des immeubles les plus hauts du monde, ont suscité de vives inquiétudes parmi les investisseurs occidentaux, qui s'étaient tournés vers la région du Golfe pendant la crise financière mondiale.

    L'émirat a officiellement annoncé mercredi qu'il allait demander aux créanciers de Dubai World, le conglomérat qui a piloté son expansion effrénée ces dernières années, de donner leur accord à un moratoire sur plusieurs milliards de dollars de dette. Ce moratoire constituerait la première étape de la restructuration de Dubai World.

    Doubaï a tenté de rassurer les marchés jeudi en précisant que son entreprise bénéficiaire DP World, qui exploite 49 ports dans le monde, ne serait pas inclue dans la restructuration.

    DP World, dont l'encours de dette obligataire s'élève à 3,25 milliards de dollars (2,17 milliards d'euros), est détenu en majorité par Dubai World, mais certaines de ses actions sont cotées sur le NASDAQDubai.

    Les Bourses européennes ont chuté de 3%, touchant un plus de sept mois, les valeurs bancaires ayant été particulièrement touchées avec un indice DJStoxx des banques en Europe en baisse de 5,04% à la clôture.

    Les entreprises détenues en partie par des investisseurs du Golfe, comme le London Stock Exchange, J Sainsbury et les constructeurs allemands Porsche et Daimler ont chuté, les marchés craignant que ces investisseurs ne réduisent leurs participations afin d'obtenir des liquidités.

    L'exposition des banques internationales à Dubai World pourrait atteindre les 12 milliards de dollars en prêts syndiqués et en prêts bilatéraux, y compris les prêts existants à Nakheel and Instithmar, un véhicule d'investissement du gouvernement de Doubaï, ont déclaré des sources bancaires à Reuters.

    Les banques cherchent à formuler une réponse à la demande de moratoire et évaluent notamment son impact sur la politique de prêt à Dubaï et aux pays du Golfe.

    "C'est très grave et cela aura des implications pour toute la région", a déclaré un banquier.

    HAUSSE DU COÛT DE <st1:personname productid="LA GARANTIE CONTRE" w:st="on">LA GARANTIE CONTRE</st1:personname> UN RISQUE DE DÉFAUT

    L'annonce de Doubaï provoquera probablement une réévaluation des risques attachés aux dettes d'entreprises détenues par des fonds souverains de la région.

    L'agence de rating Standard & Poor's a déclaré jeudi qu'elle ramenait la perspective sur quatre banques de Doubaï à "négative" du fait de leur exposition à Dubai World.

    S&P's et Moody's avaient déjà dégradé la note de plusieurs entités liées au gouvernement mercredi.

    Sur le marché des swaps de défaut de crédit (CDS), l'annonce de mercredi a également fait bondir le coût de la garantie contre un risque de défaut de Doubaï à 500-550 points de base d'après certains traders.

    Le coût de la garantie sur la dette du Qatar, d'Abou Dhabi et de Bahreïn a également fortement augmenté.

    L'annonce a par ailleurs pesé sur le prix des émissions obligataires de Doubaï.

    Les analystes ont dans leur majorité cherché à minimiser l'impact de cette annonce sur le reste de la région, soulignant que Doubaï a financé son développement par l'intermédiaire de prêts alors que ses voisins sont d'importants exportateurs de pétrole et de gaz.

    Abou Dhabi, un émirat voisin de Doubaï qui possède la plupart du pétrole des Emirats arabes unis, devrait d'après les analystes apporter un soutien financier à Doubaï.

    Mais Doubaï devra probablement renoncer à un modèle économique centré sur d'importants investissements dans l'immobilier et des entrées de main-d'oeuvre et de capitaux étrangers.

    OPTIONS

    Si les créanciers rejetaient la demande de Doubaï de repousser à mai <st1:metricconverter productid="2010 l" w:st="on">2010 l</st1:metricconverter>'échéance d'une dette arrivant bientôt à maturité, le gouvernement de Doubaï pourrait devoir brader ses actifs immobiliers à l'international;

    "Nous pensons que le gouvernement de Doubaï va accentuer ses efforts pour lever des capitaux à travers des ventes d'actifs immobiliers, notamment en Grande-Bretagne", a déclaré à Reuters James Lewis de Knight Frank, un cabinet de conseil en immobilier.

    L'émission obligataire de 3,52 milliards de dollars, dont la maturité initiale était fixée au 14 décembre 2009, s'échangeait à plus de 110% du pair mercredi avant l'annonce d'une demande de moratoire. Jeudi, l'émission s'échangeait à 72.

    Version française Sonia Manueco

    Plusieurs choses pour un de ces événements qui paraissent improbables.
    1. D’abord la notion de faillite, elle est élastique pour les états comme pour les entreprises. Si nous appliquions strictement les règles, des endettements de plus de 100% signifient quoi pour un état ?
    2. La finance islamique, en accord avec l'éthique de l'islam, est basée sur deux principes : l'interdiction de l'intérêt, aussi appelé usure et la responsabilité sociale de l'investissement. Elle lie plus étroitement la rentabilité financière d'un investissement avec les résultats du projet concret associé. L’Islam interdit les transactions tant civiles que commerciales faisant recours à l'intérêt (ribâ), à la spéculation (gharar) ou au hasard (maysir).
    Pour rester dans la légalité islamique, les banques islamiques et les filiales islamiques des banques conventionnelles ont développé des mécanismes juridico-financiers. Ces derniers se fondent sur la moudaraba, la mousharaka, la mourabaha, et l’ijara. Ainsi que les soukouk qui est l'équivalent islamique d'une obligation où l'intérêt devient un profit prévu à l'avance à risque quasi-nul. Cette forme d'obligation est particulièrement utilisé pour les financements immobiliers.
    3. Mais si on regarde le cas de Dubai cette finance islamique (qu’on nous a vendu si vertueuse – en France, il y encore peu-), ce sont de vulgaires Subprimes.

    Décidemment dans ce « Capitalisme financier » il manque beaucoup de vertu.


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