• Escalade protectionniste entre Américains et Chinois

    Escalade protectionniste entre Américains et Chinois

    Pékin a ouvert une enquête antidumping en réponse à des mesures similaires de la part de Washington

     

                Poulets texans et grosses cylindrées américaines contre tubes d'acier et pneus chinois : à une semaine de la visite officielle du président américain, Barcak Obama, en Chine, les tensions commerciales montent entre les deux géants. En réponse aux taxes antidumping imposées jeudi 5 novembre par les Etats-Unis aux importations chinoises de tubes en acier destinés aux industries pétrolières, le ministère du commerce chinois a annoncé le lendemain avoir ouvert une enquête sur les subventions américaines accordées aux constructeurs de berlines et de véhicules tout-terrain américains de plus de <st1:metricconverter productid="2 litres" w:st="on">2 litres</st1:metricconverter> de cylindrée exportés en Chine.

    L'initiative, prise à la demande de l'Association chinoise des constructeurs automobiles, est pour le moins symbolique : <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> n'importe qu'une infime quantité d'automobiles, son marché intérieur, le premier du monde, étant alimenté par des véhicules fabriqués en Chine - en majorité par des fabricants étrangers, notamment américains, associés à des constructeurs locaux. Pékin a également décidé de poursuivre une enquête ouverte préalablement sur les producteurs de poulets de deux Etats américains exportant vers <st1:personname productid="la Chine." w:st="on">la Chine.</st1:personname>

    L'imposition de taxes douanières allant jusqu'à 99 % sur les tubes sans soudure en acier chinois est la " plus grosse action antidumping " entreprise par les Etats-Unis, a déclaré, vendredi, le vice-ministre du commerce chinois, Yi Xiaozhun, en se basant sur les 3,2 milliards de dollars (2 milliards d'euros) de produits de ce type vendus en 2008 aux Américains par les sidérurgistes chinois (trois fois plus qu'en 2007). Le secteur est confronté en Chine à des surcapacités avérées. Pékin " prendra des mesures pour protéger les intérêts de son industrie domestique ", affirme le ministère chinois du commerce, réclamant plus d'objectivité de la part des Etats-Unis sur le fait que " le problème fondamental des industries américaines concernées réside dans la chute de la demande de consommation provoquée par la crise financière ".

    En prévision de la visite imminente de M. Obama en Chine, du 15 au 18 novembre, Américains et Chinois avaient pourtant conclu une trêve lors de la 20e commission conjointe sur le commerce sino-américain qui s'est tenue fin octobre à Hangzhou. Une dizaine d'actions à l'encontre de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> ont été entreprises depuis janvier par l'administration Obama, dont l'imposition, en septembre, de taxes douanières de 35 % sur les pneus chinois. Cette mesure, qui faisait suite à une demande du syndicat United Steelworkers, n'a pas fait l'unanimité : ces pneus à bas prix visent un segment spécifique du marché, et les multinationales du pneu ne l'avaient pas soutenue.

    C'est aussi l'United Steelworkers, avec l'appui de plusieurs sidérurgistes américains, qui pétitionne depuis avril pour une action antidumping contre les tubes d'acier chinois. Le syndicat, dont le soutien a été déterminant lors de la campagne de M. Obama, se fait l'avocat d'actions tous azimuts contre les produits chinois qui " inondent " les Etats-Unis ; des jouets à la nourriture pour chien en passant par le verre et le ciment. Produits pour la plupart fabriqués en Chine par des multinationales, ou pour leur compte...

    <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">La Chine</st1:personname>, soucieuse que la visite de M. Obama soit un succès, n'est pas dupe : comme ses représentants l'ont réitéré à Hangzhou, son objectif est d'accéder plus tôt au statut d'économie de marché, programmé pour 2016 lors de son accession à l'Organisation du commerce (OMC) en 2001. En tant qu'" économie en transition ", <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> est soumise, dans les enquêtes commerciales à son encontre, à un mode de calcul qui lui est défavorable, puisque ces enquêtes présument que les prix et les coûts de ses sociétés exportatrices sont astreints à l'influence de l'Etat. La référence utilisée est celle de sociétés d'un pays tiers à économie de marché. " Durant sa visite, Obama pourrait, par exemple, annoncer un progrès sur la question de la reconnaissance de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> comme économie de marché. Avant cela, il a besoin de montrer chez lui, à ses électeurs, qu'il est capable de faire respecter à <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> les règles du jeu ", a expliqué, à Reuters, le professeur Wang Yong, expert des relations économiques sino-américaines à l'université de Pékin.

    L'OMC s'inquiète que le commerce international prenne un tour dangereux avec le développement d'un " mirky protectionism " (" protectionnisme trouble ou rampant ") qui, de dispositions légales en mesures de rétorsion non moins respectueuses des règles, peut déboucher sur une guerre commerciale en règle. C'est pour cela que Pascal Lamy, son directeur général, a obtenu du G20 la mise en place d'une procédure qui oblige les pays à notifier à l'OMC toute action qui pourrait se révéler protectionniste à terme.

    Brice Pedroletti (à Shanghaï) avec Alain Faujas



  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :