• Euro-régulons !

     

    Editorial du 4/12/2009

    Euro-régulons !

     

                A lire la presse britannique, l'heure est grave : Paris veut tuer <st1:personname productid="la City. Comment" w:st="on">la City. Comment</st1:personname> ? En régulant de manière outrancière la finance européenne. Chef des conspirateurs : Nicolas Sarkozy, bien sûr. Complice : José Manuel Barroso. Exécuteur des basses oeuvres : Michel Barnier, nommé par le second sous la pression du premier au poste stratégique de commissaire au marché intérieur et aux services financiers.

    Que le président de <st1:personname productid="la République" w:st="on">la République</st1:personname> ait eu tort de ne pas avoir le triomphe modeste est évident. De même, nul ne conteste que M. Barnier incarne une autre politique que celle de son prédécesseur ultralibéral, l'Irlandais Charlie McCreevy. Pourtant, le procès d'intention fait à <st1:personname productid="la France" w:st="on">la France</st1:personname> n'est pas justifié. D'abord parce qu'il y a consensus pour reconnaître que l'autorégulation des marchés a failli. Ce n'est pas un bureaucrate colbertiste français, mais un des plus brillants sujets de Sa Majesté, Lord Turner, patron de l'Autorité de surveillance des marchés, qui tire depuis le printemps la sonnette d'alarme. Lord Turner estime que " la finance n'a retenu aucune leçon de la crise " et que sa place dans l'économie est " hypertrophiée ". M. Sarkozy ne dit pas autre chose.

    Que l'on sache, ce n'est pas en France mais en Grande-Bretagne que les banques ont dû récemment être ou nationalisées ou massivement aidées. On a même appris qu'une partie de cette aide avait été accordée dans le secret absolu. L'idée qu'un Français chercherait à nuire aux intérêts de <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> est d'autant plus mal venue que la feuille de route de M. Barnier a été tracée par le G20.

    Ce qui est vrai, c'est que <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> va devoir repenser son modèle et que la supervision financière va devoir être renforcée. Comme l'ont dit récemment Jean-Claude Trichet (Banque centrale européenne) et Dominique Strauss-Kahn (Fonds monétaire international) - deux Français, sorry -, les électeurs-contribuables n'accepteront plus de sitôt d'être appelés à la rescousse de la finance.

    Autre difficulté pour <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> : paradoxalement, l'arrivée au pouvoir des conservateurs britanniques pourrait l'affaiblir si le successeur annoncé de Gordon Brown, David Cameron, se révèle aussi eurosceptique qu'il le dit. Car, dans les années à venir, <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> va avoir besoin de se rapprocher de Bruxelles. Comme les Européens ont intérêt à la prospérité de <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> pour peser face à Wall Street et à Shanghaï, un compromis entre gentlemen ne devrait pas être hors de portée. Si <st1:personname productid="la City" w:st="on">la City</st1:personname> consent à reconnaître que le monde a changé.


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