• Faut-il augmenter les impôts ? Non

    Faut-il augmenter les impôts ? Non

    La dette publique française a atteint 1 489 milliards d'euros fin 2009, soit 77,6 % du produit intérieur brut (PIB). Alors que la crise grecque attise les inquiétudes, faut-il accroître la pression fiscale ? Deux experts s'affrontent

    Faut-il augmenter les impôts ?

    Surtout pas. Le niveau des prélèvements obligatoires dépasse 44 % et celui de la dépense publique atteint 52 % du PIB en France. Il est urgent de baisser les dépenses et d'alléger la pression fiscale, surtout sur les entreprises. Les banques sont frileuses et rechignent à prêter aux PME. Comme l'a fait le gouvernement britannique en 2008, il faut " redonner " de l'argent aux entreprises pour qu'elles investissent. C'est la seule façon de relancer la croissance. La suppression de la taxe professionnelle depuis le 1er janvier 2010 est une première étape. Baissons l'impôt sur les bénéfices de 33 % à 20 %, pour le rapprocher de la moyenne européenne. Au total, la France accuse un déficit de 170 milliards d'euros par an, dont 80 milliards de déficit structurel. Pour le résorber, il faut économiser une centaine de milliards d'euros sur les 1 000 milliards de dépenses publiques.

    Cela ne risque-t-il pas de " casser " dans l'oeuf la reprise ?

    Si l'on allège l'imposition des entreprises, la baisse de la demande publique sera compensée par la hausse des investissements privés. En France, 85 % des emplois sont créés par des PME. Celles qui ont résisté à la crise ont assez de vigueur pour se développer.

    Où trouver l'argent ?

    Un relèvement de la TVA provoquerait une hausse des prix. Ce serait socialement injuste car les retraités, dont les revenus sont indexés sur l'inflation, seraient épargnés. Je suis également opposé à une augmentation de la CSG, car l'existence du bouclier fiscal permet aux plus hauts revenus d'échapper à une telle mesure.

    Que préconisez-vous ?

    D'abord, il faut combler le déficit de la sécurité sociale, ce qui signifie économiser 30 milliards d'euros par an. Je propose aussi de supprimer l'indexation des retraites sur l'inflation. J'approuve la suppression de la taxe professionnelle. En revanche, alors que se pose le problème de la compensation de cette suppression, je désapprouve le mécanisme de transferts de ressources automatiques aux collectivités locales. Ces dernières doivent s'associer à l'effort de redressement des finances publiques.

    Dans quelles dépenses tailler ?

    En France, les dépenses de l'Etat sont payées par tout le monde, mais bénéficient surtout aux plus riches. C'est flagrant en matière d'éducation car ce sont les enfants issus des classes favorisés qui réalisent les études les plus longues et les plus coûteuses. Je propose d'augmenter les frais de scolarité, tout en mettant en place un système de bourses performant. L'université Dauphine a ouvert la voie. En Grande-Bretagne, le gouvernement de Gordon Brown a pour objectif de baisser de 5 % par an pendant cinq ans les dépenses d'éducation grâce à une telle politique.

    Les Britanniques font de l'équilibre de leurs finances publiques sur l'ensemble d'un cycle économique une règle d'or. Faut-il s'en inspirer ?

    Le pacte de stabilité européenne, qui prévoyait de limiter à 3 % du PIB par an le déficit des comptes publics, aurait dû jouer ce rôle de garde-fou, mais il n'a pas été respecté. Si une telle mesure permet de marquer les esprits, pourquoi pas ?

    Que pensez-vous du grand emprunt ?

    Ce n'est pas à l'Etat de décider quels sont les secteurs stratégiques sur lesquels il faut investir. Il se trompe une fois sur deux. Rappelez-vous les abattoirs de la Villette, qui n'ont jamais servi, ou les investissements publics réalisés dans le charbon sous François Mitterrand. Mieux vaut aider les entreprises et leur laisser le libre choix de leurs investissements.

    Propos recueillis par J. Po.

    Le niveau des prélèvements obligatoires atteint déjà 44% du PIB en France"

    Jean-Marc Daniel, économiste, professeur d'économie à l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP)

    La encore pas touche aux entreprises, ni de solidarité fiscales. En fait ce débat ne sert à rien.

    Les véritables questions sont élucidées.

    lien : Vive l’impôt !


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :