• France Télécom reconnaît un suicide comme accident du travail

    France Télécom reconnaît un suicide comme accident du travail

    Le PDG du groupe, Stéphane Richard, a fait un geste fort envers les syndicats, pour marquer une rupture avec le passé.

    Montrer que l'entreprise change et que les méthodes dénoncées ces derniers mois par les syndicats sont d'un autre temps. Telle est la raison qui a poussé le PDG de France Télécom, Stéphane Richard, à reconnaître le suicide l'an passé d'un salarié du groupe en accident du travail. Le 14 juillet 2009, Michel Deparis, architecte réseau de l'opérateur situé à Marseille, se donnait la mort, laissant à sa famille une lettre où il affirmait qu'il mettait fin à ses jours « à cause de [son] travail à France Télécom » et où il dénonçait « un management par la terreur ». Malgré cette lettre, la commission de réforme, une structure interne paritaire qui devait émettre un avis sur la nature du geste du salarié, n'avait pas reconnu il y a deux semaines l'accident du travail. Ses conclusions suivaient en cela le rapport d'un inspecteur de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales), Jean-Marc Boulanger, nommé par l'ancien ministre du Travail, Xavier Darcos.

    Besoin d'apaisement

    En allant à contre-courant des conclusions de la commission et de l'IGAS, Stéphane Richard a voulu répondre à « la demande des syndicats » et créer « la rupture avec le passé ». « C'est une décision liée au nécessaire besoin d'apaisement », indique un porte-parole du groupe. Le défunt n'ayant pas de descendance directe, la décision de l'opérateur ne devrait pas donner lieu au versement de pension ou de dommages et intérêts à la famille. Même s'il qualifie le suicide d'accident du travail, l'opérateur ne reconnaît pas la responsabilité de l'entreprise, Stéphane Richard voulant d'abord faire un geste politique.

    Les conclusions de la commission de réforme allaient à contre-courant du rapport du Comité d'hygiène et de sécurité (CHSCT) de la zone Sud-Est de France Télécom rendu en janvier. Ce rapport considérait que « Michel n'a pas trouvé à temps d'issue professionnelle, ni de lieu d'échange ni de personne pour discuter des difficultés rencontrées dues à l'évolution de son activité et de son environnement. Rien n'a été identifié comme des éléments personnels ».

    Même si ce n'était pas la première, la disparition de Michel Deparis a déclenché une crise il y a tout juste un an, en braquant l'attention médiatique sur France Télécom et en mettant en lumière des méthodes managériales problématiques, notamment les mobilités forcées, auxquelles les salariés du groupe ont été confrontés. Depuis 2008, le groupe, qui emploie 100.000 personnes dont 65 % de fonctionnaires, a compté 58 cas de suicides. D'autres décisions venant de la commission de réforme sont attendues.

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    Par Sandrine Cassini


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