• GM affiche de gros profits et prépare son retour en Bourse

    GM affiche de gros profits et prépare son retour en Bourse

    Le constructeur enregistre un bénéfice net trimestriel de 1,33 milliard de dollars. Il pourrait être de nouveau coté en novembre.

     

    GM revit. À peine convalescent, le constructeur américain a publié jeudi un bénéfice net de 1,33 milliard de dollars (1 milliard d'euros) au deuxième trimestre. Et ce, alors qu'il prépare son retour en Bourse . Le profit semestriel s'élève à 2,2 milliards de dollars, contre une perte de 18,9  milliards un an plus tôt et plus de 90 milliards entre 2005 et sa mise en faillite le 1er juin 2009 !

    Le groupe a notamment retrouvé la rentabilité en Amérique du Nord, avec un résultat opérationnel semestriel de 2,8 milliards de dollars, et dans ses opérations internationales (hors Amérique du Nord et Europe) à 1,8 milliard. Les ventes mondiales ont crû de 17 % au premier semestre à 4,15 millions de véhicules, dont 1,28 million en Amérique du Nord (+ 10,6 %).

    Nationalisé à plus de 60 %, allégé du fardeau de sa dette, sous perfusion des 50 milliards de dollars injectés par l'État fédéral (dont 7 ont été remboursés), le « nouveau » GM se retrouve donc en forme. Mais, au regard des cadeaux consentis, c'est bien le moins !

    GM vient de boucler une facilité de crédit de 5 milliards de dollars, signant ainsi un retour attendu sur le marché de capitaux. Et il devrait déposer, ce vendredi, une demande d'introduction en Bourse , selon la presse américaine. La première cotation aurait lieu avant la fête de Thanksgiving (fin novembre), assure l'agence Reuters. L'introduction permettrait à l'État américain de repasser sous le seuil des 50 % du capital. D'ailleurs, Ed Whitacre, le redresseur dépêché par Washington l'an dernier, va céder ses fonctions à l'administrateur Dan Akerson à partir du 1er septembre. Une page se tourne.

    Qualité de production

    Le groupe de Detroit se concentre désormais sur ses quatre marques principales en Amérique du Nord, au lieu de sept, diffusées à travers un réseau de distribution resserré. Il a supprimé 30 % de ses effectifs et fermé nombre d'usines outre-Atlantique. Sa compétitivité industrielle s'améliore, selon l'enquête du consultant Harbour. Les usines de GM en Amérique du Nord sont proches, désormais, du niveau des « transplants » japonais. Et la qualité des produits a fait également un bond en avant, comme l'atteste J. D. Power dans sa dernière étude sur la satisfaction des consommateurs. Enfin, GM lance en Amérique du Nord des véhicules de taille petite et compacte, conçus par sa filiale coréenne, tout en préparant le lancement du véhicule électrique Volt - qui sera toutefois fort cher. GM conserve par ailleurs quelques atouts clés traditionnels, comme de très bonnes bases en Chine, en Corée, au Brésil.

    GM se remet donc rapidement d'une lente dégringolade, qui aura duré vingt-cinq ans. Plombé par une légendaire bureaucratie, des restructurations interminables et inefficaces, un vieillissement technologique accéléré de ses véhicules, une qualité de production longtemps médiocre, des marques pléthoriques et sans identité, le groupe avait vu sa pénétration sur son marché intérieur passer de 45 %, à la fin des années 1970, au tiers en 1995 et moins de 19 % aujourd'hui. Victime en outre des énormes coûts de l'assurance-maladie et des retraites, à sa charge en l'absence de système de sécurité sociale dont les multinationales américaines n'ont jamais voulu, la mise sous protection de la loi sur les faillites était dès lors inévitable.

    Ceci dit, malgré sa santé aujourd'hui recouvrée, rien n'est gagné. GM doit encore démontrer sa capacité à lancer durablement des nouveaux modèles de qualité. Or, ses parts de marché ont encore baissé aux États-Unis sur le semestre. C'est auprès des clients américains que GM doit prouver qu'il a retrouvé son dynamisme des années 1960.

    Par Alain-Gabriel Verdevoye

    Il faudrait peut-être analyser mieux cette évolution. Car à l’évidence les capitaux publics peuvent être au moins aussi efficace que les privés. Beaucoup d’entreprises américaines « nationalisées » (de fait) le prouvent. Mais il faut peut être regardé cela sous l’angle de la « prédation » des actionnaires privé et pas seulement sur la compétence.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :