• Grande-Bretagne : la mise en gardede Fitch crée des remous politiques

    Grande-Bretagne : la mise en gardede Fitch crée des remous politiques  

    L’agence estime que les finances publiques britanniques sont les plus fragiles des pays riches. Parallèlement, la Banque d’Angleterre a surpris les économistes en n’excluant pas de maintenir sa politique d’assouplissement quantitatif.

     

    de notre correspondantà londres.

    L’annonce mardi par l’agence de notation Fitch que la Grande-Bretagne était le pays riche dont la note AAA de la dette souveraine était la plus vulnérable compte tenu de ses finances publiques déséquilibrées a provoqué des remous politiques. Westminster a même été le théâtre de spéculations selon lesquelles Fitch, la plus petite des trois grandes agences internationales derrière S&P et Moody’s, n’abaissait pas sa note parce qu’elle prévoyait une élection des conservateurs au printemps prochain et qu’elle avait des engagements de leur part, un point de vue que l’agence réfute dans une interview au site du « Financial Times ».« Si nous ne nous occupons pas de ces dettes, nous allons voir notre notation abaissée : quand Gordon Brown va-t-il écouter ?, »a interrogé George Osborne, le « tory » en charge des questions économiques. En mai, S&P avait déjà mis sous surveillance la dette du pays. Le Premier ministre a dû répliquer que les objectifs de réduction des déficits de la Grande-Bretagne lui permettaient de ne pas être dans une situation plus périlleuse que celle de bien d’autres pays.Une note maximale est essentielle pour attirer les investisseurs. Les spécialistes pensent que la Grande-Bretagne ne devrait pas la perdre de sitôt, mais notent qu’un nouveau choc économique lui laisserait peu de marge de manœuvre.

    Baisse de 27 % de la livre

    Pendant ce temps, Mervyn King, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, a déclaré hier qu’il restait«   ouvert »sur la nécessité de poursuivre sa politique de création monétaire au-delà des 200 milliards de livres déjà injectés. Son discours a surpris beaucoup d’économistes, lesquels avaient intégré que l’« assouplissement quantitatif »était en fin de course. Il a fait chuter la livre.Autre surprise, la Banque d’Angleterre a une nouvelle fois changé de cap dans ses prévisions économiques et relevé ses estimations de croissance à environ 2 % l’an prochain et 4 % en 2011, soit bien au-dessus des prévisions du marché. Cependant la banque centrale a estimé que le rebond était « hautement » incertain et elle ne prévoit un retour à un niveau de production du niveau d’avant la crise qu’en 2011 avec, en outre, un repli ensuite. Enfin, face à la baisse de 27  % de la livre depuis deux ans contre un panier de devises, Mervyn King a affiché sa sérénité, en estimant qu’une devise plus faible soutenait les exportations et rendait donc l’économie moins dépendante de la dépense domestique.

    NICOLAS MADELAINE
    Les Echos Date : 12/11/2009


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :