• « Il faut le renvoi en correctionnelle »

    « Il faut le renvoi en correctionnelle »

    colette neuville, présidente de l'adam

    Qu'attendez-vous de l'ouverture d'une instruction?

    C'est une étape importante. Je suis très satisfaite qu'un juge prenne en main cette affaire et l'instruise. J'espère maintenant qu'il y aura rapidement des mises en examen et que le juge réunira suffisamment d'éléments pour caractériser les délits que nous visons (principalement l'information trompeuse) de manière à pouvoir renvoyer les responsables devant le tribunal correctionnel. Ce sera une instruction difficile car le dossier est politiquement sensible.

    Où sont les responsabilités dans cette affaire ?

    Les conseillers de clientèle des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires ont utilisé le capital confiance dont ils bénéficiaient pour vendre des actions Natixis à leurs clients sans attirer leur attention sur les risques importants qu'elles présentaient. Mais ils ont manifestement agi conformément aux instructions qui leur ont été données par leurs maisons mères. Dans les mois et les années qui ont suivi, les dirigeants de Natixis n'ont pas été plus explicites sur la situation réelle de la banque, c'est le moins que l'on puisse dire. Or, il est difficile de croire qu'ils ignoraient ses difficultés, notamment celles de leur filiale américaine, spécialisée dans le rehaussement de crédits. On attend du juge d'instruction qu'il éclaircisse ces différents points et détermine quelles sont les personnes, physiques ou morales, qui sont responsables des pertes subies par 2,8 millions d'épargnants.

    Que demandez-vous à Natixis ?

    Le but est d'établir les responsabilités de manière à pouvoir in fine indemniser les victimes. Ce que je demande aux dirigeants actuels de Natixis est donc de collaborer étroitement et activement avec le juge en ouvrant largement leurs archives, en ne faisant rien pour protéger les anciens dirigeants, et plus généralement en ne mettant aucun obstacle à la manifestation de la vérité.

    Propos recueillis par M. Pe.

    Les deux anciens dirigeants toujours dans le groupe

    Le juge d'instruction va probablement auditionner les anciens dirigeants de Natixis. Philippe Dupont, ancien président de Natixis et des Banques Populaires, est désormais président du conseil de surveillance de BPCE. De son côté, l'ex-directeur général Dominique Ferrero reste salarié de Natixis, car le groupe ne souhaite pas le laisser partir et lui payer alors ses indemnités de départ. Quant au président de l'Ecureuil à l'époque, Charles Milhaud, il oeuvre aujourd'hui à la municipalité de Marseille. M. Pe.


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