• Interview de Cécile Duflot : « Nous espérons un effet dé clencheur »

    Interview de Cécile Duflot : « Nous espérons un effet dé clencheur »

    Cécile Duflot, présidente du groupe Europe Écologie

    La région lance une démarche inédite à l'encontre des paradis  fiscaux . Pourquoi une telle croisade ? Que peut l'Île-de-France contre les paradis fiscaux ?

    Ce n'est pas une croisade ! C'est une démarche très pragmatique qui correspond à une vraie volonté politique d'agir à notre niveau, celui de la région. Nous en avions pris l'engagement pendant la campagne. Nous avons travaillé de façon très sérieuse. Le projet, porté par Robert Lion, a fait l'objet d'une élaboration conjointe avec la vice-présidente chargée des finances, Marie-Pierre de la Gontrie. Nous avons consulté des experts d'ONG, qui nous ont aidés à adopter la démarche la plus précise et la plus opérationnelle.

    Pour autant, le conseil régional ne fera que « prendre en compte » les informations fournies. Pourquoi ne pas avoir adopté de mesures plus contraignantes vis-à-vis des établissements financiers ?

    Parce que la loi ne nous y autorise pas ! Nous espérons d'ailleurs que cela va changer. Nos députés portent le projet de rendre possible l'exclusion des établissements qui ne rempliraient pas les critères demandés. Nous soutenons leurs efforts pour faire changer la loi. Et, dès que cela sera possible, nous mettrons en oeuvre une clause d'exclusion : la région refusera de prendre en considération les offres ou propositions de service présentées par les établissements bancaires ou financiers qui ne possèdent pas toutes les garanties souhaitées.

    La délibération laisse aussi entendre que le dispositif pourrait être étendu. Que faut-il entendre par là ?

    Nous pensons à tous les partenaires avec lesquels la région a des relations contractuelles, donc notamment aux entreprises. Mais nous attendrons de réaliser une première évaluation du dispositif avant d'envisager son extension.

    Des banques ont-elles déjà réagi ?

    La région a eu des contacts informels avec elles. De toutes façons, elles savent que nous allons dans le sens de l'histoire...

    Globalement, quel impact espérez-vous ?

    Nous espérons être à l'initiative d'un vrai mouvement. Nous espérons un effet déclencheur, une prise de conscience de la part des autres collectivités territoriales. La lutte contre les paradis fiscaux  doit être menée à tous les niveaux. Au niveau européen, Eva Joly et Pascal Canfin portent très bien ce combat. Il faut le mener à ce niveau, mais aussi au niveau national et régional.

    Pendant la campagne, vous aviez mis en avant l'idée de faire de la politique « autrement ». Porter cette délibération y participe ?

    Tout à fait ! La symbolique est très forte. Et je suis très fière que cette question de régulation financière illustre - moins de trois mois après notre élection - le fait que le politique peut agir autrement, et de façon concertée aux niveaux régional, national et européen.

    Propos recueillis par Stéphanie Tisserond

    L'Île-de-France déclare la guerre aux paradis fiscaux


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