• Islande : « l’extrême négligence » des dirigeants mise en cause

    Islande : « l’extrême négligence » des dirigeants mise en cause  

    La « commission vérité » a publié, hier, son rapport sur les causes de la pire crise économique qu’ait connue le pays. Responsables politiques, banquier central, patrons des banques commerciales : personne n’est épargné.

    Il y en aura pour tout le monde. Après des mois de travail, la « commission vérité » qui avait été chargée de se pencher sur les événements qui ont mené l’Islande au désastre économique et d’identifier les responsables de ces erreurs de pilotage a publié son« rapport noir ».Le surnom populaire de ce texte de 2.000 pages n’est pas usurpé : passant au peigne fin l’attitude des principaux dirigeants politiques et économiques, il dresse un tableau édifiant des comportements de ces responsables. Et n’épargne personne. Le président de la commission a résumé la situation en évoquant« l’extrême négligence »du Premier ministre et des principaux dirigeants de l’époque. Pourtant, à parcourir les grandes lignes du texte, les fautes semblent plus lourdes encore. Derrière la négligence apparaissent le manque de courage, l’abus de pouvoir, l’incompétence et même la dissimulation. Le tout dans un contexte de collusion difficile à éviter sur une île de 320.000 habitants dont la capitale représente une grosse moitié de ce total, ce qui en fait une agglomération comparable à celle de Mulhouse. Le système était manifestement gangrené, puisqu’il a débouché sur un effondrement économique sans précédent dans le monde développé. Avant la crise, le revenu moyen des Islandais était le cinquième au monde et c’est aujourd’hui au FMI de soutenir un pays qui a vu sa monnaie s’effondrer de 80 %. Mais derrière les systèmes se trouvent des hommes. Cette fois, les voilà nommés et clairement mis en cause.

    Dissimulation des faits

    Les deux premiers d’entre eux, le Premier ministre d’alors, Geir Haarde, et le gouverneur de la banque centrale, David Oddsson, ont manifestement caché une partie de la réalité des faits. Il s’avère qu’au printemps 2008 plusieurs réunions ont eu lieu entre ces derniers et certains hauts responsables économiques. Ces huis clos n’ont débouché sur aucune communication vis-à-vis du gouvernement. Les signes d’une grave surchauffe étaient pourtant patents. Entre 2004 et 2007, la taille du bilan des banques est passée de 100 % du PIB islandais à 923 % ! Mais plutôt que de tenter d’empêcher un incendie qui semblait imminent – en limitant drastiquement un système bancaire devenu fou –, les responsables politiques ont préféré faire de la communication, notamment à l’étranger, pour améliorer l’image de leurs banques.Pendant ce temps, les dirigeants des principales banques du pays, nommément cités, continuaient comme si de rien n’était. Pis, ils s’octroyaient des prêts à des conditions anormalement favorables.David Oddsson, le gouverneur de la banque centrale au moment des faits, figure centrale de la droite islandaise et ancien Premier ministre, est considéré comme l’un des principaux artisans de la libéralisation effrénée qu’a connue le pays. Il incarne aujourd’hui les excès d’alors. Son institution aurait même refusé une offre d’aide de la part de la Banque d’Angleterre pour limiter l’activité bancaire, en avril 2008. Hier, au moment de la publication du rapport, il était… à l’étranger.

    G. G.

    Le rapport publié hier par la commission spéciale du Parlement, qui avait entamé son enquête fin 2008, a été transmis au parquet islandais.ulrich baumgarten/Vario Press/photononstop

     

    Encore, voila ce que dénonce ( entre autres.) Stiglitz dans « le triomphe de la cupidité ». Non ils ne sont pas incompétents, ils sont ………..


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