• Japon : les entreprises inquiètes de la situation sociale en Chine

    Japon : les entreprises inquiètes de la situation sociale en Chine  

    Grèves et hausses de salaires plaquent sur les entreprises japonaises délocalisées en Chine une nouvelle réalité sur leur compétitivité.

    De notre correspondant à tokyo.

    Avec l’éclosion de mouvements sociaux en Chine, principale base de délocalisation, le Japon est soudain confronté à une nouvelle réalité, celle de sa compétitivité. C’est au nom de cette dernière que les entreprises ont décidé dans les années 1990 de délocaliser massivement, précisément en Chine pour ses coûts de production nettement inférieurs. Une récente enquête du Jetro (Japan External Trade Organization) menée auprès de 935 entreprises montre que, parmi celles à avoir des bases de production à l’étranger, 74,9 % en ont une en Chine contre 38 % en Thaïlande. Au total, les investissements japonais en Chine ont totalisé en 2009 quelque 55 millions de dollars contre 8 millions en 1996.

    Eviter un embrasement

    Les mouvements sociaux en Chine préoccupent le nouveau gouvernement qui va se pencher sur la question. L’automobile japonaise est particulièrement concernée. Entre 1990 et 2009, le Japon est passé de 19 % à 58 % de ses véhicules produits hors de ses frontières et devrait atteindre 70 % en 2016 selon une projection de Tsukasa Watanabe, analyste d’Autofacts. Ces délocalisations ne concernent pas uniquement la Chine même si la plupart des grandes marques y ont au moins une chaîne d’assemblage. Ce qui vaut pour l’automobile vaut pour d’autres secteurs. Fast Retailing, par exemple, qui gère Uniqlo, fait fabriquer la majeure partie de ses lignes de vêtements en Chine depuis les années 1990. C’est dire si les mouvements sociaux sont suivis avec attention. L’inquiétude a été relancée hier avec une nouvelle grève dans une usine de  Honda  . Elle intervient quelques semaines après un premier mouvement de protestation qui a paralysé toute la production pendant plusieurs jours.  Foxconn  , un fabricant de semi-conducteurs connaît une situation similaire. Après le suicide d’une dizaine de personnes, les ouvriers ont réclamé de meilleures conditions de travail et de salaires. Le sous-traitant de marques d’électronique comme  Sony  ou  Hewlett-Packard  a concédé, contre un retour au calme des hausses substantielles (+ 70 %) à partir du 1er octobre. Afin d’éviter un embrasement, la municipalité de Pékin a décidé d’augmenter de 20 % le salaire minimum à partir du 1er juillet. Ces augmentations vont surtout toucher les secteurs au coût salarial unitaire le plus bas, ceux de la construction et de l’industrie manufacturière en même temps que tout le secteur hôtelier.Mais elles vont toute de même faire des heureux. Avec un pouvoir d’achat amélioré, les ménages peuvent consommer davantage.  Uniqlo  prévoit d’avoir 1.000 points de vente dans les dix prochaines années.   Sharp  de son côté espère en avoir 10.000 au cours de cette année fiscale.

    MICHEL DE GRANDI

    Une nouvelle grève intervient dans une usine Honda, quelques semaines après un premier mouvement de protestation qui a paralysé toute la production pendant plusieurs jours. Imaginechina


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