• L'Afrique , notre avenir Jacques Attali

    L'Afrique , notre avenir

    le 16 novembre 2009 23h28 | par

    Jacques Attali

     

    Selon les statisticiens  l’Afrique vient de franchir   le seuil du milliard d’habitants : elle abrite  désormais un humain sur sept,   alors qu’elle n’en accueillait qu’un  sur dix en 1950,    et en accueillera  un sur cinq en 2050,  soit  2 milliards d’habitants.  Ce n’est qu’un des signes qui fait de l’Afrique, principal lieu de misère, une source de croissance et   la matrice de notre avenir.

    L’Afrique est d’abord le lieu de toutes les souffrances: une durée de vie moyenne inférieure de  15 ans à  la moyenne planétaire ; une mortalité infantile vingt fois plus élevée qu’en Europe de l’Ouest ; un taux d’exode rural le plus élevé du monde ; avec la multiplication des bidonvilles et le délabrement des infrastructures ; la moitié de son  territoire, qui abrite la moitié de la population, est désertique ; une    famine permanent et un manque d’eau,  qui  s’aggraveront avec le changement climatique, entraineront  d’immenses mouvements de populations.

    L’Afrique est aussi le poumon écologique de la planète : De ses forêts, qui couvrent environ 22 %  du continent (et même 45 % de l’Afrique centrale,  en particulier avec le bassin du Congo,  deuxième forêt du monde)  dépend la maitrise   des gaz à effet de serre,  la protection de la diversité, la stabilisation des sols,   la qualité et l’écoulement des eaux. 

    L’Afrique est   aussi un des moteurs de la croissance mondiale, avec une croissance supérieure, depuis des années,   à  la moyenne mondiale,  et encore supérieure à  2% en 2009 contre 5% auparavant, ce qui n’est pas assez pour empêcher des millions d'Africains  de  retomber dans la pauvreté extrême.

    L’Afrique est enfin  le lieu de toutes les promesses : c’est le continent le plus riche en matières premières (pétrole, minerais, produits agricoles) ; c’est le continent le plus jeune (43 % des Africains subsahariens ont moins de 15 ans ; dans le seul Nigéria, il nait chaque année  plus d’enfants que dans l’ensemble de l’Union Européenne ; l’Uganda est le pays le plus jeune du monde, avec 56%  de moins de 15 ans) ; une scolarisation en pleine explosion ; une natalité de mieux en mieux maitrisée, en particulier au Maroc, en Tunisie, au Sénégal, en Afrique du Sud et  au Kenya ; une espérance de vie en hausse de 16 ans depuis 1950 ; des marchés financiers qui s’ouvrent partout ; des universités qui progressent ; des connections internet bouleversées par la mise en service de deux câbles sous-marins ; des changements de mentalités incroyablement rapides; une gouvernance qui s’améliore,  malgré le maintien, trop souvent,  du népotisme et de la corruption.

    Aussi,  nous, en Europe et en particulier en  France, devrions considérer l’Afrique  comme  un formidable potentiel de croissance, bien plus proche de nous que tous les autres géants qui nous fascinent. Si l’on sait y organiser des partenariats pour  y développer sur place les ressources naturelles, au lieu de les abandonner aux Chinois et aux Américains, une fois de plus ligués contre les Européens. Si l’on sait compléter la zone Franc par d’autres institutions de coopération, stabilisant les cours des matières premières et valorisant le formidable potentiel créatif du continent.  Si l’on sait ainsi,  au-delà de  tout altruisme,  dont il ne faut rien attendre, préparer notre avenir, en nous accrochant   à cette formidable locomotive.

     

    Oui, vous avez tout cela en graph. ici.Proportion d'africains dans le monde. Taux de natalité 

    Mais il y a aussi mon commentaire global.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :