• L'endettement des ménages chinois, une bombe à retardement

    Le point de vue de l'agence économique et financière Reuters Breakingviews

    L'endettement des ménages chinois, une bombe à retardement

                La Chine a-t-elle les moyens de faire face à l'essor d'une bulle du crédit ? Cette question peut sembler étonnante, car on reproche souvent à ce pays son taux d'épargne trop élevé. Pourtant, les ménages chinois sont de plus en plus nombreux à s'endetter pour acquérir des biens dont les prix gonflent rapidement, comme celui des logements.

    Le volume des crédits accordés aux ménages a bondi de 43 % en 2009 pour atteindre 1 200 milliards de dollars (850 milliards d'euros). Les deux tiers de cette progression sont imputables aux crédits immobiliers. Certes, aujourd'hui, il n'y a pas de raison de s'inquiéter : après tout, la dette des particuliers ne représente qu'un tiers de leurs dépôts ; leur solvabilité est donc assurée.

    Toutefois, les inégalités de revenu, toujours plus importantes en Chine, font que ceux qui épargnent... ne sont pas ceux qui empruntent. Selon les statistiques officielles de revenu et de consommation, le taux d'épargne moyen des ménages était de 28 % en 2008. Certes, les données du Fonds monétaire international indiquent que les riches épargnent plus que leurs compatriotes moins privilégiés. Mais les économies des premiers ne contribueront en rien à rembourser les traites des pauvres qui se sont endettés pour acheter un logement.

    Ce qui n'est encore qu'un phénomène mineur pourrait se muer en une crise majeure. L'encours des crédits aux ménages équivaut à moins de 30 % du produit intérieur brut (PIB), mais au train où vont les choses, la proportion passera à 70 % d'ici trois ans, pour se rapprocher sérieusement des 80 % observés aux Etats-Unis.

    Formation d'une bulle

    Les emprunts étant gagés sur des biens surévalués comme les logements, ce sont les banques qui devront encaisser le choc en cas de défaut des débiteurs. Elles ne seront peut-être même pas en mesure de récupérer les actifs mis en garantie, puisque la législation leur interdit de priver les primo-accédants de leur domicile. C'est ainsi que l'on peut voir les ménages s'endetter à tout-va, sans avoir à se soucier des conséquences.

    La croissance accélérée de la dette privée est un des symptômes qui signalent la formation d'une bulle. Or, lorsque la bulle immobilière japonaise a éclaté, au début des années 1990, le pays a subi ensuite deux décennies de purge. Les autorités chinoises commencent bien à évoquer l'idée de contenir la progression du crédit. Puissent-elles saisir le Dragon par les cornes avant qu'il n'échappe à leur contrôle...

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    Wei Gu


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