• L’Etat est sauvé, pas le peuple

    L’Etat est sauvé, pas le peuple

    Les Grecs doivent s’opposer par tous les moyens à la cure d’austérité imposée à leur pays, estime le commentateur Georges Delastik.

    Georges Delastik To Ethnos

     

    L'appel à la grève et à la manifestation a été très suivi le 5 mai 2010, Athènes.

    Grâce aux prêts de l’UE et du FMI, la Grèce ne fera donc pas faillite. Mais les Grecs, eux, vont faire faillite, s’appauvrir à cause des mesures exigées par l’UE et le FMI, en contrepartie de l’aide octroyée à leur pays. Voilà ce dont les gens commencent à se rendre compte, et c’est la raison pour laquelle ils sombrent pour la plupart dans l’inquiétude et l’angoisse de l’avenir. Ils craignent de longues années de pauvreté, de misère et de souffrance. C’est pour cela que les Grecs n’éprouvent aucune joie puisque, désormais, ils devront payer le prix fort pour le gaspillage de fonds publics, la corruption et la destruction de l’Etat. Et c’est précisément là qu’intervient la rupture. Une rupture définitive entre la politique du gouvernement et les intérêts de la quasi-totalité du peuple grec, ce qui ne peut manquer d’entraîner d’importants conflits sociaux.

    Les pressions étrangères, les attaques spéculatives et la mauvaise gestion de ces nouveaux défis par le gouvernement Papandréou ont acculé ce dernier, pour pouvoir emprunter, à mettre le sort du peuple grec entre les mains du FMI et de l’UE. Mais les travailleurs, les retraités ou les classes moyennes n’ont aucune raison d’accepter ce choix du gouvernement. C’est à juste titre qu’ils craignent pour leur niveau de vie et leurs acquis sociaux. Et, bien entendu, ils ont toutes les raisons de lutter par tous les moyens dont ils disposent pour faire obstacle à la mise en œuvre de l’accord conclu avec les partenaires européens et le FMI, quels que soient les problèmes que cela entraîne et quitte à ce que le gouvernement perde sa crédibilité aux yeux de ses bailleurs de fonds.

    Le gouvernement a livré notre pays au FMI et à l’UE. Son problème est à présent de cadrer et de clarifier ses relations avec eux au plus vite, compte tenu de la grogne sociale. Les salariés sont légitimement fondés à refuser d’être les victimes d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Le gouvernement ne peut décemment pas prétendre faire accepter à la population des mesures comme celles qui sont annoncées, les plus antisociales jamais prises dans le pays. Seuls ceux qui lutteront contre ces mesures pourront espérer sauver leurs droits.

    CONTEXTE Ceinture !

    Le plan d’austérité annoncé dimanche 2 mai par le gouvernement grec est le quatrième en cinq mois. En voici les principales mesures.
    Fonction publique
    • Gel des salaires jusqu’en 2014.
    • Suppression des primes (équivalentes à un treizième et à un quatorzième mois, pour ceux qui gagnent plus de 3 000 euros par mois.
    • Pour les autres, elles sont plafonnées à 1 000 euros
    • Réduction de 8 % des diverses indemnités (après une baisse de 12 % en mars).

    • Secteur privé Levée de l’interdiction faite aux entreprises de licencier plus de 2 % de leurs effectifs.
    • Retraites Allongement à 40 annuités (contre 37) de la durée de cotisation
    • L’âge légal du départ en retraite (60 ans pour les femmes, 65 ans pour les hommes) devrait être relevé.
    • Fiscalité Relèvement de la TVA à 23 %
    • Création d’un impôt sur les constructions illégales
    • Création d’un impôt exceptionnel sur les entreprises les plus rentables.


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