• L'étau se resserre autour de Goldman Sachs

    L'étau se resserre autour de Goldman Sachs

    La banque allemande IKB confirme préparer une plainte au civil. La FSA britannique lance une enquête.

    Moins de huit jours après avoir été accusé de fraude par la SEC, le régulateur américain des marchés, Goldman Sachs se prépare à affronter d'autres plaintes. La SEC reproche à « la firme » d'avoir trompé les investisseurs lors de la conception et la vente de produits structurés liés aux subprimes. Certaines victimes se manifestent déjà. La banque allemande IKB a confirmé mercredi préparer une plainte au civil et « examiner le cadre juridique » pour faire suite aux pertes de 150 millions de dollars réalisées sur des produits structurés.

    La petite banque allemande avait acheté à Goldman Sachs avant la crise les fameux « CDO » (crédits structurés) Abacus. L'actionnaire d'IKB à l'époque, Kfw, envisage également de porter plainte. Il avait, en 2008, déboursé 950 millions d'euros pour renflouer IKB avant de la vendre au fonds d'investissement Lone Star.

    Mardi, les avocats de l'assureur américain AIG avaient déclaré qu'ils pourraient eux aussi porter plainte contre la banque américaine dont les produits lui auraient fait perdre 2 milliards de dollars.

    DOUTES

    L'affaire rebondit au niveau politique puisque le gouvernement allemand étudie aussi la possibilité d'aller en justice. Plusieurs responsable sont montés au créneau contre l'établissement de Wall Street. Le ministre régional des Finances de Berlin, Ulrich Nussbaum, a demandé de cesser toutes relations avec Goldman Sachs, affirmant au « Handelsblatt » « douter fortement qu'il s'agisse d'hommes d'affaires sérieux ». La banque régionale BayernLB a d'ores et déjà annoncé qu'elle avait rompu tout lien avec Goldman Sachs.

    De son côté, la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde (lire ci-contre), a estimé hier qu'il n'y avait a priori pas de victimes françaises. Mais selon nos informations, Natixis aurait perdu des centaines de millions de dollars après avoir acheté des parts du fonds Abacus en 2007.

    De son côté, le régulateur britannique des marchés, la Financial Services Authority (FSA), a annoncé mercredi matin qu'il allait engager une enquête formelle, dans la foulée de celle de la SEC. Le trader indélicat de Goldman Sachs, Fabrice Tourre, est basé à Londres depuis novembre 2008. La banque, qui clame son innocence, a répondu qu'elle coopèrerait à l'enquête de la FSA. n

    par Matthieu Pechberty

     

    Pas de rupture entre le TRéSOR français et Goldman Sachs

    Si des responsables politiques allemands songent à geler les relations de l'Allemagne avec Goldman Sachs, la France n'en est pas là. Priée de dire s'il y avait « une réflexion sur une éventuelle rupture des liens de travail sur des opérations du Trésor français avec Goldman Sachs », Christine Lagarde a répondu mercredi par la négative. La ministre de l'Economie s'est surtout déclarée préoccupée de savoir si « des parties ou des contreparties françaises ont été d'une quelconque manière impliquées » dans l'affaire pour laquelle la banque américaine est actuellement accusée de fraude par la SEC, le gendarme américain de la Bourse. Christine Lagarde précise qu'à première vue - et d'après l'AMF -, aucun client français n'aurait subi de préjudice dans ce dossier. L'Autorité des marchés financiers délivrera à la fin du mois d'avril un rapport complet sur le sujet. A. E.


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