• L’Europe demande à la Chine de décrocher sa monnaie du dollar et la chine insensible

    L’Europe demande à <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> de décrocher sa monnaie du dollar 

    Jean-Claude Trichet, Joaquin Almunia et Jean-Claude Juncker seront dimanche à Nankin pour demander au Premier ministre chinois, Wen Jiabao, la fin de l’arrimage du yuan sur le dollar.

    DE NOTRE BUREAU DE BRUXELLES.

    Les responsables monétaires de la zone euro remontent au créneau. Deux ans après s’être rendus une première fois en Chine pour demander qu’elle laisse sa monnaie s’apprécier le président de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia et le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker refont le voyage. A la veille du douzième sommet Chine-Union européenne, ils seront dimanche à Nankin pour y rencontrer le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le gouverneur de <st1:personname productid="la Banque Populaire" w:st="on">la Banque Populaire</st1:personname> de Chine Zhou Xiaochuan. L’objectif ? Réclamer la fin de l’arrimage du yuan sur le dollar, décrété par les autorités chinoises à l’été 2008, qui maintient la monnaie chinoise à un niveau artificiellement bas.

    Résorption des déséquilibres

    Entre 2005 et 2008, le yuan s’est apprécié d’environ 20 % vis-à-vis de la monnaie américaine. Depuis le retour à un arrimage fixe à un dollar faible en juillet 2008, il a vu son taux de change effectif reculer de 9 % depuis mars 2009. Les trois dirigeants européens redoutent qu’un euro si fort vis-à-vis du yuan ne pèse dangereusement sur les exportations européennes, au risque de freiner la reprise économique dans l’Union. A plus long terme, ils souhaitent que <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> prenne toute sa part à la résorption des déséquilibres expliquant en partie la crise économique actuelle. Ce qui passe par l’adoption d’un taux de change reflétant l’état réel de son économie : cela lui permettrait de rééquilibrer sa croissance en augmentant le poids de sa consommation interne, mais aussi de réduire son inquiétant excédent commercial. Tout plaide selon eux pour un yuan fort : <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> a accru sa part de marché mondiale au cours de la crise, sa croissance reste forte et sa banque centrale continue d’accumuler des réserves de change massives.Mais l’Europe n’a pas plus de chances d’être entendue que le président américain Barack Obama la semaine dernière. Du moins dans l’immédiat. Pas question pour <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> de laisser le yuan s’apprécier tant que l’inflation ne constitue pas une menace et que les exportations continuent de baisser – elles reculent encore de 14 % par rapport à l’an dernier. Pour les Chinois, l’ancrage du yuan sur le dollar est une réponse à la crise. Mieux : c’est un gagede stabilité pour l’économiemondiale.

    Faire passer le message

    Certes, <st1:personname productid="la Banque Populaire" w:st="on">la Banque Populaire</st1:personname> de Chine a bien montré, ces dernières semaines, qu’elle serait disposée à retourner progressivement vers un renchérissement du yuan. Mais <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> se garde bien, à ce stade, de s’engager sur une date. Peu importe, les trois dirigeants de la zone euro veulent surtout faire passer le message. Quand sera-t-il suivi d’effet ?« Nous sommes suffisamment raisonnables pour comprendre qu’en deux mois ce serait infaisable,indiquaient ces derniers jours des sources européennes à l’agence « Reuters ».Mais assez déterminés pour expliquer qu’un délai de deux ans serait trop long ».

    ALEXANDRE COUNIS

    Le gouvernement chinois insensible aux suppliques occidentales  

    Malgré les pressions des Etats-Unis et de l’Union européenne, le gouvernement chinois ne semble pas envisager d’appréciation significative de sa monnaie.

    DE NOTRE CORRESPONDANTÀ PÉKIN.

    Il y a dix jours, le président Barack Obama est reparti de Pékin bredouille. Au cours de ses trois journées d’entretiens avec les autorités communistes, il n’a pas réussi à obtenir la moindre promesse d’un changement de la politique monétaire chinoise. Ce week-end, le président de <st1:personname productid="la Banque" w:st="on">la Banque</st1:personname> centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Joaquin Almunia vont rencontrer les mêmes responsables politiques et tenter, à leur tour, d’obtenir l’engagement d’une relance du processus d’appréciation du yuan, dont la sous-évaluation supposée avantagerait la pénétration des productions chinoises sur les marchés occidentaux. Après s’être apprécié, en terme nominal, de 21 % par rapport au dollar entre juillet 2005 et l’été 2008, le yuan a vu l’évolution de son taux de change « raccrochée » à celle du dollar qui a, lui, plongé par rapport à l’euro.

    Compétitivité des entreprises

    Comme il l’a dit à Barack Obama, le Premier ministre Wen Jiabao devrait rétorquer aux responsables européens que la croissance domestique, qui va atteindre les 10 % au quatrième trimestre, n’est pas encore assez « solide » et « stable » pour encaisser une forte réévaluation de sa monnaie.Si <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> sait qu’un yuan plus fort serait dans une certaine mesure favorable à son économie – réduction du coût des importations de matières premières, hausse du pouvoir d’achat de sa population… – , elle ne veut toujours pas risquer de mettre en difficulté ses exportateurs qui ont déjà beaucoup souffert, depuis l’éclatement de la crise, de l’effondrement de la demande mondiale pour les produits « made in China ». Sur les dix premiers mois de l’année, les exportations chinoises ont reculé, en glissement annuel, de 20,5 % et des milliers d’entreprises ont fait faillite.Plus que l’évolution de son taux de change nominal avec telle ou telle monnaie, Pékin guette plutôt l’évolution de son taux de change effectif réel – un taux qui intègre la structure du commerce de <st1:personname productid="la Chine" w:st="on">la Chine</st1:personname> ainsi que le rythme d’inflation des différents partenaires du pays – qui prend mieux en compte l’état de la compétitivité de ses entreprises sur la scène mondiale.« Alors que le taux de change nominal du yuan pourrait connaître peu de mouvement dans l’année qui vient, l’ajustement de certains prix pourrait aider à l’appréciation du taux de change réel », pointait, hier, Tao Wang, l’économiste d’UBS à Pékin, avant d’indiquer que la récente hausse de 5 % du prix de l’électricité facturée aux entreprises chinoises pourrait ainsi avoir tout autant d’impact pour le commerce mondial qu’une évolution du taux de change avec le dollar.


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