• L’Europe « leader dans les ambitions, pas dans les discussions »

    L’Europe « leader dans les ambitions, pas dans les discussions » 

    Les dirigeants européens sont restés unis et ont bataillé ferme. Tous admettent leur déception.

    Déçues, les ONG ont tiré à boulets rouges sur le manque de leadership de l’Union européenne, en soulignant qu’elle n’avait pas sorti une carte maîtresse dans son jeu : le passage de 20  % à 30 % à l’horizon 2020 de ses émissions de gaz à effet de serre. Mais, comme l’a fait remarquer le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso,« personne ne nous l’a demandé, bien au contraire… d’ailleurs notre offre de passer à 30 % si les engagements pris ailleurs sont importants est ouvertement sur la table depuis six mois ».Tout en convenant que l’accord ne répond pas aux ambitions européennes, le commissaire a souligné que l’Union européenne, seule à s’être doté d’une législation contraignante pour baisser les émissions et à respecter les engagements de Kyoto, avait quand même tiré vers le haut la conférence :« Nous étions leaders dans les ambitions, pas dans les discussions pour baisser le niveau d’engagements. »Comme le résume Brice Lalonde, ambassadeur pour la France sur le climat,« l’Union européenne a dix ans d’avance dans la conscience climatique, les ONG bien davantage encore, mais ce n’est pas le cas du reste du monde ». Tous les leaders européens se sont d’ailleurs déclarés déçus mais satisfaits d’avoir réussi à faire monter tous les pays à bord du navire. Ils le doivent beaucoup à Gordon Brown, très actif auprès des pays du Commonwealth et à Nicolas Sarkozy, qui, avec son ministre de l’Environnement, Jean-Louis Borloo, a mené une diplomatie intense pour bâtir un axe fort avec les pays africains et le Brésil, afin de contrer le peu d’appétit de la Chine et de l’Inde pour la cause du climat. Cette alliance a permis de les retenir, en leur rappelant que s’ils quittaient la table des négociations, la première lésée serait l’Afrique, qui attend impatiemment les aides promises par les « pollueurs historiques » pour lutter contre le changement climatique. Mais les différences culturelles restent fortes. Comme l’a remarqué le président Lula,« j’ai été élu sur la base d’un programme simple : permettre à mes citoyens de manger trois fois par jour ».

    Avec les honneurs

    Pour l’Europe, la bataille est donc à moitié perdue, mais avec les honneurs. Même s’il dénonce un« accord consternant », l’écologiste Nicolas Hulot a ainsi salué une« diplomatie française en pointe ». Pour Nicolas Sarkozy, deux points essentiels ont été sauvés : la hausse maximale à 2°C de température et le principe de financements innovants pour la lutte contre le changement climatique. Deux autres ont été perdus : l’engagement chiffré de 50 % de réduction d’émissions en 2050, la création d’une Organisation mondiale de l’environnement. Au moins ses homologues sont-ils convenus dans son bureau que l’Union européenne pourrait faire avancer le dossier en se dotant elle-même d’une organisation européenne de l’environnement pour superviser le plan climat des Vingt-Sept. Mais c’était dans le feu de la discussion, vendredi soir après 24 heures de négociations harassantes…

    A. B.

    Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, au Bella Center à Copenhague.REUTERS


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :