• L'immobilier, la vraie retraite par capitalisation

    L'immobilier, la vraie retraite par capitalisation

    Des commentateurs avisés me faisaient remarquer récemment qu'un sujet avait été totalement absent du débat mouvementé sur les retraites : la retraite par capitalisation. Vous savez qu'en France nous avons un système de retraite par répartition : les pensions des retraités sont financées par les cotisations des actifs. Plus la proportion d'actifs diminue et la proportion de retraités augmente et plus le système prend l'eau. Dans d'autres pays comme les Etats-Unis, on pratique la retraite par capitalisation dans laquelle chaque actif constitue le capital destiné à assurer sa retraite ; l'argent est principalement confié aux fameux "fonds de pension". Or on sait aujourd'hui, malgré la mascarade de débat sur les retraites où chacun a joué son rôle selon une partition écrite depuis longtemps, que nous devrons travailler plus longtemps (oubliez les 62 ans qu'on vient de voter, il va falloir travailler jusqu'à 67 ans au moins) et que nous ne recevrons, au mieux, que 50% de ce que nous devrions recevoir. Pas plus. Dès lors, il va falloir compléter par une épargne personnelle destinée à s'assurer un niveau de vie si possible décent à la retraite.

    Première hypocrisie : la retraite par capitalisation n'est pas un choix idéologique. C'est une nécessité et les ménages français l'ont compris et constituent d'eux-mêmes une "épargne de précaution" qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une capitalisation pour la retraite. Mais chut ! il ne faut pas prononcer les mots de capitalisation ou encore moins évoquer les fonds de pension. La crise de 2008 est passée par là et tout ce qui a trait à la finance a mauvaise presse. Du coup, on mène une fois de plus la politique de l'autruche?: laissons les Français adopter d'eux-mêmes la retraite par capitalisation, par instinct de survie. Poussons-les à le faire, sans jamais en parler directement mais en organisant l'anxiété sur l'avenir des finances de l'Etat.

    Poussons le raisonnement plus loin. N'avez-vous pas été frappés de voir qu'à la une de la presse on avait, simultanément, deux nouvelles : la réforme des retraites avec l'inquiétude des Français sur leurs pensions, d'une part, et les records des prix des logements, de l'autre ? La flambée de l'immobilier se produit alors que la situation économique française est incertaine, que la croissance est ultramolle, que le chômage est très élevé, que le pouvoir d'achat diminue, que les "contributions" et autres impôts déguisés augmentent ; un environnement qui n'est habituellement pas favorable à l'immobilier. On a, bien sûr, eu droit à la justification de la hausse de l'immobilier par la baisse des taux d'intérêt, un facteur important certes mais qui ne peut expliquer à lui seul la hausse.

     

    Non, l'explication vient une fois de plus du bon sens paysan des Français, un bon sens qui ne leur a pas trop mal réussi en matière de gestion de leurs économies pour l'instant. Les ménages ne croient pas en la capacité de l'Etat à assurer leurs retraites en totalité, ils sont persuadés que la retraite par répartition est incompatible avec le vieillissement mais ils ne veulent pas d'un système de capitalisation à l'anglo-saxonne et financiarisé. Ils ont donc créé d'eux-mêmes, sans l'aide de personne, surtout pas de l'État, leur propre retraite par capitalisation?: l'immobilier. Les achats immobiliers aujourd'hui, achats non pas spéculatifs mais souvent de panique, ont pour vocation de permettre aux ménages qui le peuvent de se créer leur propre capital retraite. Avec en plus une dimension psychologique importante. L'immobilier c'est plus que du capital, c'est un toit?: quoi qu'il arrive, je ne veux pas me retrouver sous une tente Quechua au bord de la Seine assisté par les Enfants de Don Quichotte. Un toit pour ma retraite. Même si je n'ai rien d'autre. Un toit à tout prix. Le débat sur la retraite par capitalisation est inutile. Les Français ont déjà tranché.

    Marc Fiorentino

    Financièrement cela n’est pas aussi simple, ce qui est vrai : il faut épargner, mais les solutions sont plus individuelles


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