• L'injonction contradictoire faite à Ben Bernanke

    Le point de vue de l'agence économique et financière Breakingviews.com

    L'injonction contradictoire faite à Ben Bernanke

     

                Le taux de chômage américain est passé de 10,2 % à 10 % de la population en novembre, mais pour le président de <st1:personname productid="la Réserve" w:st="on">la Réserve</st1:personname> fédérale (Fed), ce n'est pas franchement une bonne nouvelle. Car c'est justement l'argument de la hausse des suppressions d'emplois que Ben Bernanke vient d'utiliser pour justifier son refus de relever les taux d'intérêt, face à ceux qui voient là le moyen de limiter l'envolée des matières premières et d'éviter un retour de l'inflation. Mais sa position deviendra difficile à tenir si les prix des matières premières poursuivent leur ascension.

    Les statistiques de l'emploi publiées ce mois-ci, ainsi qu'une reprise inattendue observée sur les carnets de commande au mois d'octobre, semblent indiquer que l'économie américaine reprend le dessus.

    Les signes les plus encourageants ont été observés dans le travail temporaire, qui a offert 52 000 postes supplémentaires en novembre. Ce type d'emplois procurant en général moins d'avantages que les contrats à durée indéterminée, on peut imaginer que les employeurs ont préféré y recourir en attendant d'être fixés sur la politique du gouvernement Obama dans les domaines de la santé et de la fiscalité.

    Si elle a décéléré, l'hémorragie se poursuit quand même dans le bâtiment, l'industrie manufacturière et les technologies de l'information, des secteurs où les rémunérations sont meilleures. Le nombre hebdomadaire d'heures travaillées s'est redressé, mais le salaire horaire moyen n'a progressé que de 1 %, c'est-à-dire moins que l'inflation.

    Dans une contribution remise au Congrès le 1er décembre, M. Bernanke affirme que <st1:personname productid="la Fed" w:st="on">la Fed</st1:personname> reste " soucieuse d'accomplir sa mission, qui est de ramener la prospérité et de stimuler la création d'emplois, tout en veillant à la stabilité des prix ". Aux questions qui lui ont été posées, il a répondu que pour lui, les prix des différents actifs aux Etats-Unis n'avaient rien d'anormal, et qu'il revenait aux pays étrangers de s'occuper de leurs propres bulles.

    Son intervention n'a pas évoqué la volatilité des matières premières, dont les cours sont définis à l'échelle mondiale. Elle n'a pas non plus résolu le conflit de priorité qui peut déchirer une Fed censée combattre à la fois le chômage et l'inflation, selon les termes du Humphrey-Hawkins Act de 1978. Quand les signes d'inflation font leur apparition en période de chômage élevé, l'incompatibilité des deux objectifs devient évidente.

    Si le chômage continue de baisser, M. Bernanke aura perdu un argument de poids pour justifier le maintien des taux de court terme à leur niveau quasi-nul d'aujourd'hui. Et si le cours des matières premières grimpe encore, le président de <st1:personname productid="la Fed" w:st="on">la Fed</st1:personname> et ses collègues seront bien obligés d'amorcer le relèvement des taux.

    Martin Hutchinson


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