• L’irrésistible poussée des places boursières du continent asiatique les installe devant l’Europe

    L’irrésistible poussée des places boursières du continent asiatique les installe devant l’Europe  

    La capitalisation des sociétés cotées d’Asie-Pacifique dépasse aujourd’hui nettement celle de leurs consœurs européennes, d’après les données de la Fédération internationale des Bourses de valeurs. Le nombre total d’ordres exécutés en actions sur le continent asiatique rejoint désormais celui enregistré dans la zone Amériques.
     

    Elles sont les seules à pouvoir se vanter d’être toutes trois plus lourdes au jourd’hui qu’il y a dix ans. Entre 2000 et 2009, les places financières d’Asie-Pacifique ont vu la capitalisation boursière de leurs sociétés passer de 4.900 milliards de dollars à plus de 14.600 milliards de dollars, d’après les dernières données de la Fédération internationale des Bourses de valeurs (WFE). Avec une conséquence manifeste : la relégation des cotes européennes et moyen-orientales – 13.000 milliards de dollars environ à fin 2009 – derrière celles du continent asiatique. En dix ans, la valorisation des entreprises cotées sur les marchés d’Asie-Pacifique est ainsi devenue deux fois plus importante en proportion de la capitalisation boursière mondiale : un tiers en 2009 contre 16 % en 2000. Les Amériques, dans le même temps, sont passées en dessous de 50 %.Ce n’est pas tout. D’autres évolutions, tout aussi spectaculaires, confirment l’irrésistible poussée du continent asiatique. Pour la première fois, la valeur totale des transactions boursière enregistrées l’an passé en Asie-Pacifique est passée devant celle d’Europe et du Moyen-Orient. La même année, le nombre total de transactions effectuées sur les marchés actions des places asiatiques a rejoint celui du Nouveau Monde – du jamais-vu.Autant de chiffres qu’il convient, cependant, de nuancer. Les capitalisations délivrées par le WFE sont libellées en dollars et calculées à taux constant, ce qui fausse en partie les possibilités de comparaisons, en particulier entre les places financières de la zone euro et celles du reste du monde.

    Un panorama incomplet

    De plus, les marchés asiatiques partaient de beaucoup plus bas : leur dynamisme reflète, dans une large mesure, les avancées économiques des géants comme l’Inde ou la Chine, dont les introductions en Bourse se sont multipliées ces derniers temps. Ces mêmes marchés sont souvent sous la coupe du pouvoir ou ont du mal à s’internationaliser. La Bourse de Shanghai, pour ne citer qu’elle, ne comporte toujours aucune entreprise étrangère dans sa cote.Nuance supplémentaire : les données du WFE se fondent uniquement sur les statistiques envoyées par ses membres, qui rassemblent 52 marchés organisés. Ces derniers comprennent certes les Bourses les plus importantes, comme les opérateurs transatlantiques Nyse Euronext et Nasdaq OMX ; mais ils laissent de côté les nouvelles plates-formes d’échanges électroniques, qui captent de plus en plus de volumes d’activité aux Bourses historiques. L’une d’entre elles, Bats, pourrait se lancer dans les introductions en Bourse aux Etats-Unis avant l’été prochain. Enfin, la force des marchés « cash » (actions, obligations) ne représente qu’une des facettes à prendre en compte pour évaluer la puissance de l’industrie boursière des pays considérés. S’active à leurs côtés un gigantesque marché que les autorités essayent aujourd’hui de réguler : le marché des instruments dérivés échangés de gré à gré. Il comprend des dérivés de crédit complexes et reste, à ce jour, contrôlé par des institutions financières anglo-saxonnes.

    MATHIEU ROSEMAIN

     

     


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