• La bonne gestion de la crise est celle d’Obama

    john monks secrétaire généralde la Confédération européenne des syndicats (CES)

    John Monks : « La bonne gestion de la crise est celle d’Obama »  

    Economiste de formation, à la tête de la CES depuis sept ans, John Monks (soixante-cinq ans) a débuté son activité syndicale au sein des Trade Unions britanniques en 1969 après un bref passage chez Plessey, un groupe spécialisé dans l’électronique. Il a vécu toutes les dernières grandes périodes du syndicalisme d’outre-Manche, de la rapide ascension des années  1970 jusqu’aux batailles mémorables contre la Dame de fer. Il entend aujourd’hui livrer le combat contre les plans d’austérité qui fleurissent un peu partout en Europe. A la veille d’une grande journée d’action à l’échelle du continent, il explique aux « Echos » sa vision de la crise et des différentes solutions mises en œuvre pour la surmonter.

    Pourquoi vous mobilisez-vous contre les plans européensde résorption des dettes publiques  qui suiventla très grave crise duprintemps ?

    Les gouvernements des pays européens semblent pris de panique. Certes, la problématique de la crise de la dette souveraine n’est pas à sous-estimer mais les solutions proposées sont extrêmement punitives pour les citoyens et les travailleurs. Les jeunes, les em-plois, les salariés et les administrations locales sont tous visés par les mesures d’austérité. Les dernières propositions de la Commission européenne visant à contrôler les finances des Etats de l’Union ne respectent pas les orientations propres de chacun des Etats. Les pays ne doivent pas être soumis à ces contrôles. Bruxelles envoie des escadrons punitifs en Grèce et l’Irlande risque de perdre son indépendance, de redevenir une colonie.

    Mais comment peut-on agirsur les déficits sans prendredes mesures difficiles ?

    Le problème de la dette existe, mais il ne faut pas pousser les pays les plus en difficulté à le surmonter si vite et si durement. Il en va de leur chance de renouer avec la croissance. L’Union européenne devrait aider davantage les pays les plus endettés. Il ne s’agit absolument pas de faire porter le poids de l’effort uniquement sur l’Allemagne. Il faudrait apporter à ces pays un soutien réellement collectif engageant tous les Etats de l’Union dont les finances ne sont pas en péril.

    Les gouvernementsde droite comme de gauchedes pays les plus accabléspar la dette adoptentles mêmes types de plans d’austérité....

    Il existe une autre voie  : celle empruntée par les Etats-Unis. L’administration Obama n’a pas coupé les dépenses publiques. Elle les a au contraire accrues pour accélérer la sortie de crise et ne pas pénaliser les plus défavorisés. J’apprécie beaucoup aussi les dispositifs pour préserver les emplois adoptés ces dernières années en Allemagne, y compris par les derniers gouvernements Merkel. Dispositifs qui, je le rappelle, ont augmenté aussi la compétitivité de l’économie allemande.Plus globalement, il faut avancer dans la direction d’une plus grande taxation des transactions financières, de leur régulation plus stricte et efficace, ainsi que d’une guerre sans merci contre les pa-radis fiscaux comme Monaco ou Jersey. Il faut également revoir les systèmes de taxation des entreprises.

    Qu’allez-vous faireaprès la journée d’action internationalede ce 29 septembre ?

    Hormis des pays comme la Grèce ou le Portugal, les trains de mesures d’austérité que les gouvernements européens concoctent actuellement ne sont pas encore appliqués. Je n’exclus pas que des grèves éclatent au Ro-yaume-Uni et en Allemagne. Dans d’autres pays, notamment ceux d’Europe centrale, les grèves, c’est vrai, ne font pas partie de la culture sociale locale. Mais les formes d’action peuvent être diverses  !

    Propos recueillis par
    MASSIMO PRANDI

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