• La Chine approuve la création de futures sur indices

    La Chine approuve la création de futures sur indices

    Par Olivier Sasportas, à Pékin

    le 11/01/2010

    Cette nouvelle étape dans la modernisation du marché financier doit permettre aux investisseurs de se couvrir contre un retournement du marché

    Selon le régulateur de marché chinois, le Conseil des affaires d’Etat a donné, vendredi dernier, son accord de principe pour le lancement de contrats à terme sur les indices, ainsi que la vente à découvert et le trading sur marge. Le premier future sur indice devrait être adossé au CSI 300 Index. L'introduction de ces nouveaux instruments devrait prendre trois mois. En novembre, la Chine avait déjà inauguré à Shanghai une chambre de compensation destinée selon le gouverneur de la banque centrale à «permettre d’innover en matière de produits financiers».

    Cette annonce majeure pour la modernisation du marché financier chinois intervient alors que le gouvernement multiplie les signes de resserrement de sa très généreuse politique de relance, faisant craindre un retournement des marchés. La hausse, le 7 janvier, du rendement des bons du Trésor à 3 mois a ainsi été interprétée comme un signal avancé d’une future hausse des taux, et devrait selon Wensheng Peng, directeur de la recherche pour la Chine chez Barclays Capital, «aider à atténuer la spéculation sur les marchés et réduire la propension des banques à prêter de l’argent.»


    L’envolée de la Bourse de Shanghai en 2009 fait craindre la création d’une bulle spéculative alimentée par une partie des fonds bancaires distribués pour soutenir l’économie. L’autorisation des futures sur indices devrait permettre aux investisseurs de se protéger d’une éventuelle correction à la baisse, alors que par ailleurs une forte volatilité sévit depuis trois ans, avec une hausse du marché de 97% en 2007, -65% en 2008 et à nouveau +80% cette année.

    Le volume traité sur les différents contrats à terme déjà disponibles en Chine a augmenté de 73% sur les onze premier mois de 2009, mais ces outils ont également prouvé qu’ils pouvaient se retourner contre les investisseurs. Depuis le déclenchement de la crise, 68 entreprises chinoises auraient ainsi perdu plus de 1,18 milliard d’euros à la suite de mauvaises opérations, entraînant les foudres de l’organe de supervision des entreprises publiques, dont le vice-président a récemment accusé les banques d’affaires étrangères à l’origine de ces transactions de «pratiques frauduleuses». La Shenzhen Nanshan Power est la dernière à avoir alimenté la polémique en refusant de payer 80 millions de dollars à Goldman Sachs, suite à des pertes sur des contrats de couverture sur le pétrole.

     

     

    Encore une preuve que la chine n’est pas l’avenir d’un autre système, tout au plus une autre façon de le gérer.

    Adopter les « futures » signifie bien entrer dans le Monde de l’hyperfinance.


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