• La crise, histoire vraie

    La crise, histoire vraie<o p="#DEFAULT"></o>


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                Depuis deux ans, tout était prévu et clair dans sa tête. Il avait fait son bilan de compétences, sa recherche de formation, ses calculs de trésorerie (ses indemnités grâce au plan de départs volontaires de sa boîte et son assurance-chômage qui lui permettaient de " tenir " avant le lancement effectif de son projet). C'était décidé, après vingt ans passés dans une même entreprise, il aspirait à une reconversion professionnelle. Dans cette deuxième vie, il voulait se mettre à son compte et ouvrir un restaurant. Pas de la grande gastronomie, juste des plats simples et bons.<o p="#DEFAULT"></o>

    Il avait trouvé et acquis le lieu - une ancienne petite gare en bordure d'une voie pédestre touristique - dans une région qu'il affectionne, avait écrit aux collectivités locales qui trouvaient l'idée formidable, et avait lancé les premiers devis. A 45 ans, il quittait Paris et son statut de cadre et montait son entreprise en province.<o p="#DEFAULT"></o>

    Pendant un an, il a suivi et brillamment réussi son CAP de cuisinier, a peaufiné son business plan, a participé à des séances de formation à la chambre de commerce et à Pôle emploi. Il avait tout prévu... sauf la crise. Le couperet est tombé à l'automne 2009 : aucune banque ne lui a accordé de prêt. Combien de fois s'est-il entendu dire que son dossier était " très bien ficelé ", mais que la restauration n'était pas " un secteur d'avenir "  ? Il en avait pourtant lu des encarts publicitaires dans lesquels les banques alignaient les millions qu'elles avaient prêtés pour aider les entrepreneurs ; il en avait entendu des paroles politiques sur la formation tout au long de la vie et sur les bienfaits de la création d'entreprise.<o p="#DEFAULT"></o>

    Son parcours illustre de manière exemplaire le fossé entre les discours et la réalité, entre les statistiques et les histoires vécues. Il a eu la malchance de quitter son emploi avant cette folle crise financière, de peaufiner son projet et son don pour la cuisine avant que la déroute économique ne tombe sur la tête des entrepreneurs et est ainsi devenu une victime collatérale de la folie boursière. Une, parmi tant d'autres.<o p="#DEFAULT"></o>

    Le temps désormais a passé. Et les angoisses surgissent. Ses indemnités Assedic s'arrêteront en février. En 2009, il pensait concrétiser son rêve : ouvrir un resto. En 2010, il n'a plus qu'une obsession : trouver du boulot.<o p="#DEFAULT"></o>

    Il y a des années comme ça où ce n'est pas facile de souhaiter ses voeux à un ami. Que lui dire ? Ne t'inquiète pas, tu retrouveras facilement du travail. Ce serait mentir. Raconter son histoire comme on lance une bouée à la mer, parce que des rêves qui se brisent sur le mur de la crise ça énerve ? J'ai choisi cette option ; par amitié et parce que son histoire - qu'un jour peut-être il écrira - en raconte mille autres. A toutes les victimes de la crise, je souhaite que cette année 2010 soit celle de la revanche. Il paraît que les banques ont déjà renoué avec les bénéfices. Pourquoi cela va si vite pour certains et si péniblement pour d'autres ? <o p="#DEFAULT"></o>

    Sandrine Blanchard

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