• La femme est l'avenir des retraités

    La femme est l'avenir des retraités

     

    En France, Cendrillon est la dernière roue du carrosse. Minuit est arrivé et le Prince charmant est gravement endetté. Il compte sur la compréhension de la ménagère pour qu'elle accepte de nouveaux sacrifices. Cendrillon sait maintenant qu'elle ne sera jamais princesse. En France, les femmes représentent 60 % des bas salaires, 82 % des emplois à temps partiel. 45 % d'entre elles subissent une décote maximum de pension pour un montant qui représente à peu près 62 % de la retraite des hommes. Aujourd'hui, de nombreuses femmes sont obligées d'attendre l'âge de 65 ans pour prendre leur retraite. Tout simplement parce qu'elles ne disposent pas d'un nombre de trimestres cotisés suffisant pour bénéficier d'une retraite à taux plein à 60 ans. Avec la réforme en cours, leur situation va encore se dégrader.

    Elles attendront deux années de plus. Il est vrai qu'elles ont l'habitude d'attendre. Elles ont obtenu le droit de vote très tardivement, en 1944, tout comme celui de travailler sans l'autorisation de leurs maris, en 1965. Il est donc normal qu'elles soient les principales victimes de la réforme des retraites. En résumé, ce sont les femmes qui font les enfants qui aideront à financer les retraites dont elles sont pourtant les parents pauvres.

    Si elles se fâchaient, la situation pourrait mal tourner pour le gouvernement. Pensez plutôt : une grève de la conception, une grève des doubles journées pour s'occuper des enfants et pourquoi pas une grève de l'amour... Notre société n'y résisterait pas. Malgré les inégalités dont elles sont victimes (à compétence égale, leurs salaires sont inférieurs à ceux des hommes), ce sont les femmes qui élèvent nos enfants, structurent nos familles...

    Après la réforme des retraites, le gouvernement compte attaquer un autre chantier, celui de la dépendance des personnes âgées. Or l'immense majorité des " aidants " qui prennent en charge nos vieux sont des femmes. Ce sont les épouses, les filles, les soeurs et les belles-filles. Elles le font sans rémunération et sur le temps libre qu'elles n'ont pas. Sans elles, les hommes ont du souci à se faire pour leurs vieux jours.

    Patrick Lelong


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