• La finance "trop importante pour être réformée" ?

    La finance "trop importante pour être réformée" ?

    Je ne comprend pas bien ce colloque «  Nouveau monde, nouveau capitalisme » , la plupart des interventions sont faites il y a longtemps déjà. Mais relire Davies ( l’original) ne peut pas gâter.


    Intervenant ce jeudi au colloque Nouveau monde, nouveau capitalisme, l'auteur dénonce les divergences d'approches par les Etats sur la régulation du système bancaire post-crise. Mais, dit-il, il y a une question qui n'est sérieusement abordée par personne : "le syndrome du "too big, to fail"", d'autant que la crise a été l'occasion d'une vague de concentration dans le secteur. <o p="#DEFAULT"></o>

    La principale conclusion à tirer de toutes les analyses sur la crise est que rien ne sera plus jamais comme avant : la relation entre l'Etat et les marchés doit être repensée. Il faut un nouveau "contrat social" entre le monde de la finance et le grand public par l'entremise des gouvernements. Les Etats ont du mal à redéfinir les termes de ce contrat. Après avoir dû jouer au pompier, les autorités financières sont contraintes par des impératifs politiques nationaux qui ne s'accordent pas toujours bien avec le désir d'établir de nouveaux mécanismes mondiaux.<o p="#DEFAULT"></o>

    Nous assistons donc à de multiples approches nationales de régulation. Aux Etats-Unis, les "stress tests" de <st1 personname="#DEFAULT" productid="la Réserve" st="on" w="#DEFAULT">la Réserve</st1>  fédérale déterminent les décisions prises par les établissements bancaires les plus importants ; <st1 personname="#DEFAULT" productid="la Fed" st="on" w="#DEFAULT">la Fed</st1> est partie du principe que les pires hypothèses envisagées pouvaient se concrétiser. En Suisse, tout est basé sur le ratio de solvabilité. Ailleurs, on applique les accords de Bâle 1 et de Bâle 2 sur les standards bancaires internationaux, avec parfois des adaptations. Un nouveau Conseil de stabilité financière tente de donner un sens à tout cela et s'efforce de développer un nouveau "mécanisme macroprudentiel" qui permettrait de prévenir l'ensemble des risques. Mais ce Conseil n'a pas autorité pour mandater une approche commune du capital (le G20 devrait la lui accorder).<o p="#DEFAULT"></o>

    Surtout, il n'y a pas d'avancées majeures sur le problème des institutions "trop importantes pour faire faillite". Que peut-on faire à propos de ces mammouths financiers, dont certains ont été créés de toutes pièces par les gouvernements eux-mêmes au plus fort de la crise ? Dans son livre "Too Big Too Fail", le chroniqueur du New York Times, Andrew Sorkin rappelle qu'il y a dix-huit mois, l'administration américaine avait estimé que la création de banques de plus en plus grandes était une solution viable. Cette solution reposait sur l'argument qu'en réunissant deux bateaux sur le point de couler, on empêcherait l'ensemble d'une manière ou d'une autre de couler. Le gouvernement britannique a fait de même, en accouchant de la combinaison Lloyds-Halifax Bank of Scotland, ce qui apparaît aujourd'hui comme ayant été une grossière erreur.<o p="#DEFAULT"></o>

    Les autorités sont profondément divisées sur cette question. Certains, comme l'ancien directeur de <st1 personname="#DEFAULT" productid="la Réserve" st="on" w="#DEFAULT">la Réserve</st1> fédérale, Paul Volcker, et l'actuel gouverneur de <st1 personname="#DEFAULT" productid="la Banque" st="on" w="#DEFAULT">la Banque</st1> d'Angleterre, Mervyn King, que l'on ne peut qualifier de révolutionnaires nés, voudraient remodeler les mégabanques et séparer la banque de détail des services de transactions boursières. Dans le camp d'en face se trouvent le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner, et son homologue britannique, Alistair Darling, qui prétendent que le rétablissement du Glass-Steagall Act, imposant une séparation entre les banques d'investissement et les banques commerciales, n'est pas approprié pour les marchés d'aujourd'hui.<o p="#DEFAULT"></o>

    Pour eux, on peut imposer une surtaxe sur les grandes firmes "systémiques" pour contrebalancer le prix du soutien implicite de la banque centrale et du gouvernement. Cela pourrait contraindre les ambitions des établissements devenus "trop importants pour être gérés" ainsi que "trop importants pour faire faillite", ce qui est la pire des combinaisons.<o p="#DEFAULT"></o>

    Dans ce débat animé, je pense qu'il est préférable d'avoir plus de diversité dans le secteur bancaire et plus de compétitivité. Il y a eu bien trop de concentrations à la suite de la crise, en tout cas en Grande-Bretagne et dans d'autres pays d'Europe. Neelie Kroes, la commissaire sortante chargée de la concurrence de l'Union européenne, avait tout à fait raison d'exiger des plus grandes banques qu'elles se séparent de certaines branches d'activité, bien qu'elle ne soit pas allée assez loin. Il est aussi encourageant que les fonds de pensions privés s'intéressent à la création et au financement de nouveaux entrants. Le système bancaire a besoin de capital neuf et de nouvelles approches de gestion.<o p="#DEFAULT"></o>

    Mais je ne suis pas certain que les régulateurs soient les mieux placés pour définir la forme future des marchés. Si les autorités permettent la constitution de nouvelles institutions, ne devraient-elles pas être obligées de les soutenir, en toutes circonstances ? L'objectif à terme doit sûrement être de réduire la proportion du secteur financier sujet à une quelconque forme de garantie de l'Etat.<o p="#DEFAULT"></o>

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    Howard Davies est ancien directeur de l'Autorité des marchés financiers britannique et ancien gouverneur de <st1 personname="#DEFAULT" productid="la Banque" st="on" w="#DEFAULT">la Banque</st1> d'Angleterre (son plus récent ouvrage : "Global Financial Regulation").<o p="#DEFAULT"></o>

     liens : Trop important pour être réformé ? Howard Davies <o p="#DEFAULT"></o>


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