• La " flexicurité " danoise trouve ses limites dans un marché en berne


    Stockholm Correspondance

                Depuis que le modèle danois de " flexicurité " a été mis en place, au milieu des années 1990, c'est la première fois qu'il se trouve exposé à une forte crise. Il semble bien y résister puisque, depuis la mi-2008, le taux de chômage est passé de 1,7 % à 3,7 % de la population active, faible donc par rapport au reste de l'Europe. Mais il n'est pas certain que ce succès soit dû aux caractéristiques du modèle - il allie la facilité de licencier pour l'entreprise et une forte incitation à la recherche d'emploi sous peine de sanctions, à des allocations plutôt généreuses et à un accès rapide à la formation continue.

    Tout d'abord, le secteur privé est bien plus touché que le public (fonction publique n'est pas, au Danemark, synonyme de garantie de l'emploi). Parmi les adhérents du syndicat Metal, principale organisation du privé, le taux de chômage est passé en un an de 1 % à 8 %. Dans le secteur public en revanche, il se maintient à un niveau très bas grâce aux nombreux départs en retraite, tous remplacés.

    Ensuite, les allocations chômage supposées généreuses sont plafonnées à 100 euros par jour. Sur le papier, elles représentent 90 % du salaire. Dans la réalité, elles ne dépassent pas, en moyenne, 55 %, et sont en baisse régulière depuis vingt ans.

    Autre constat : depuis l'entrée en vigueur du système, les aspects formation et incitation ont été, en réalité, peu utilisés. Jusqu'en 2008, la croissance danoise était telle que les chômeurs n'avaient pas de peine à retrouver vite un emploi. Ils ont donc été peu nombreux à suivre des formations vraiment qualifiantes. Et les autorités n'ont guère eu besoin de brandir la menace des baisses d'allocations.

    Maintenant que les emplois sont plus durs à trouver, la réponse du gouvernement a été de débloquer, début septembre, un milliard de couronnes (134 millions d'euros) pour créer 5 000 nouvelles places de stages afin d'occuper des jeunes chômeurs. Il est en effet difficile de pousser ou de préparer ces derniers à occuper des emplois... que les entreprises ne sont pas en mesure de proposer !

    Olivier Truc

    Quel modèle social résistera le mieux à la tourmente ? 


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