• La fortune reste concentrée dans les pays du G7

    La fortune reste concentrée dans les pays du G7


     

    Selon l'étude d'Allianz, la richesse progresse dans les pays émergents. Mais rapportée à chaque habitant, Chinois, Indiens ou Brésiliens ont encore de faibles moyens.

     

    Patrimoine

    Le fossé entre la richesse des pays du G7 (Europe occidentale, États-Unis et Japon) et les pays dits émergents, tels la Chine, l'Inde ou le Brésil, se comble lentement. Selon une étude réalisée dans 50 pays par l'assureur allemand Allianz sur la fortune des ménages à travers le monde, la fortune privée par habitant dans les pays émergents a augmenté de 13 % à 17 % par an au cours des dix dernières années. Par « fortune », les auteurs de l'étude excluent l'immobilier, mais incluent les dépôts bancaires, les placements sur les marchés financiers et chez les assureurs. « En 2001, la fortune privée dans les pays riches était 135  fois plus élevée que dans les pays pauvres. Entretemps ce multiple est tombé à 45. Les différences demeurent toutefois très grandes : cette fortune est au niveau mondial très inégalement répartie » précise Michael Heise, économiste en chef d'Allianz. « L'Amérique du Nord, l'Europe de l'Ouest et le Japon disposent ensemble de plus de 85 % de la fortune mondiale totale ».

    exclusion des zones déshéritées

    Les pays les plus touchés par le recul de la fortune privée ont été les pays riches. Dans ces pays, le niveau d'endettement a été très élevé et les ménages ont souvent dû pour faire face à la récession et la chute des cours de l'immobilier, rembourser une partie de leurs dettes. Ils ont pour cela utilisé leur fortune disponible. Rien d'étonnant à ce que, depuis 2007, la fortune privée aux États-Unis ait reculé de près de 12 %. Seule la Grèce fait pire avec un recul de 14 %.

    Dans les pays émergents, la fortune privée est beaucoup moins exposée à l'endettement et est souvent placée en dépôts bancaires peu sensibles aux évolutions des marchés. La récession a, par ailleurs, été plus faible, dans la plupart de ces pays. Du coup, le niveau de la fortune privée des pays les plus pauvres était en 2009 supérieur d'un quart à celui de 2007. La crise a donc réduit l'écart entre riches et pauvres. Il faut pourtant rester prudent : l'étude exclut les zones les plus déshéritées comme l'Afrique et certaines zones américaines ou asiatiques. Par ailleurs, l'écart reste immense : la moyenne de la fortune privée par habitant est, par exemple, de 3.158 euros en Europe orientale contre 97.759 euros en Amérique du Nord. Même si la tendance est à la hausse, la fortune d'un Chinois ne s'élève ainsi qu'à 2521 euros, en moyenne; à 544  euros pour un Indien, et à 3925 euros pour un Brésilien.

    La différence reste énorme avec, par exemple, la fortune privée moyenne des Français, qui atteint 61.437 euros par habitant, soit 8,4 % de plus qu'en 2008 et 2  % de plus qu'en 2007. Il est vrai que les ménages français n'ont pas pratiqué de désendettement massif. Quatrième en termes absolus, la France est douzième au classement de la fortune privée par habitant, loin du champion suisse (163.732 euros par habitant), mais devant l'Italie (58.845 euros) et l'Allemagne (56.856 euros).

    Globalement, la fortune privée n'a pas encore retrouvé son niveau d'avant la crise. Dans les 50 pays examinés, le total de la fortune privée atteint à la fin de l'année 2009, 82.230 milliards d'euros, soit 7,5 % de plus que fin 2008. Mais ce chiffre est encore inférieur de 4 % au niveau record de 2007 qui se situait à 85.590 milliards d'euros. Ramené à la fortune moyenne par habitant, on trouve une moyenne de 17.530 euros, là aussi inférieure de 5,5 % au niveau de 2007.

    Par Romaric Godin, à Francfort et F. P. W.


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