• La productivité américaine donne des signes de faiblesse inquiétants

    Le point de vue des chroniqueurs de l'agence économique Reuters Breakingviews

    La productivité américaine donne des signes de faiblesse inquiétants

    Les crises d'origine financière sont trop souvent suivies de convalescences lentes et laborieuses. C'est bien ce qui pourrait se produire aux Etats-Unis si la productivité chute, car la capacité d'innovation laisse à désirer. Tout cela laisse présager un avenir bien sombre. C'est au gouvernement d'agir. Il doit bien sûr s'attacher à réduire les déficits, mais il doit aussi veiller à stimuler la croissance.

    Les économistes aiment à dire que la productivité n'est pas forcément l'indicateur le plus vital. Pourtant, sur le long terme, c'est une variable décisive pour l'évolution du produit intérieur brut (PIB). A la base, la croissance réelle est bien le résultat direct du travail fourni par la population active. Elle dépend donc à la fois du nombre de travailleurs et de leur productivité. Si l'on en croit Robert Gordon, l'économiste de la Northwestern University, éminent spécialiste du sujet, la productivité américaine est sur le point de faiblir.

    M. Gordon souligne que le bond de productivité observé dans les années 1990 a surtout été induit par le développement d'Internet, et que la tendance s'est ensuite prolongée parce que les entreprises ont procédé à des réductions de coût drastiques au début des années 2000. Selon lui, la rentabilité économique des nouvelles technologies va bientôt diminuer : si la plupart des nouveaux produits lancés depuis l'an 2000 comme l'iPod ou la télévision 3D ont fait la joie des consommateurs, ils n'ont en rien profité à la productivité.

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    Les crises d'origine financière sont trop souvent suivies de convalescences lentes et laborieuses. C'est bien ce qui pourrait se produire aux Etats-Unis si la productivité chute, car la capacité d'innovation laisse à désirer. Tout cela laisse présager un avenir bien sombre. C'est au gouvernement d'agir. Il doit bien sûr s'attacher à réduire les déficits, mais il doit aussi veiller à stimuler la croissance.

    Les économistes aiment à dire que la productivité n'est pas forcément l'indicateur le plus vital. Pourtant, sur le long terme, c'est une variable décisive pour l'évolution du produit intérieur brut (PIB). A la base, la croissance réelle est bien le résultat direct du travail fourni par la population active. Elle dépend donc à la fois du nombre de travailleurs et de leur productivité. Si l'on en croit Robert Gordon, l'économiste de la Northwestern University, éminent spécialiste du sujet, la productivité américaine est sur le point de faiblir.

    M. Gordon souligne que le bond de productivité observé dans les années 1990 a surtout été induit par le développement d'Internet, et que la tendance s'est ensuite prolongée parce que les entreprises ont procédé à des réductions de coût drastiques au début des années 2000. Selon lui, la rentabilité économique des nouvelles technologies va bientôt diminuer : si la plupart des nouveaux produits lancés depuis l'an 2000 comme l'iPod ou la télévision 3D ont fait la joie des consommateurs, ils n'ont en rien profité à la productivité.

    Si les réflexions de M. Gordon ne suffisent pas à convaincre qu'il y a urgence, peut-être que celles de deux autres économistes distingués y parviendront. Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff ont étudié de près les conséquences que les crises financières ont pu avoir sur la croissance, un peu partout dans le monde. Leur conclusion est que la croissance est pénalisée dès lors que la dette de l'Etat devient supérieure à 90 % du PIB. Selon le Bureau du budget du Congrès américain (Congressional Budget Office), les Etats-Unis devraient avoir atteint ce seuil fatidique en 2020.

    L'innovation en question

    M. Gordon annonce qu'après avoir été d'un peu plus de 2 % de 1996 à 2007, la croissance annuelle de la productivité du travail va tomber à 1,7 %. L'écart peut paraître mince, mais comme la population active va par ailleurs augmenter moins vite, la croissance du PIB va au total passer de 3,1 % à seulement 2,4 %. Si Mme Reinhart et M. Rogoff n'ont pas avancé de modèle de prévision, on peut s'attendre à ce que les dégâts causés par la crise financière fassent encore baisser ce chiffre.

    Le président Barack Obama vient de nommer une commission pour réfléchir à la question de la dette. Il devrait peut-être aussi songer à en créer une qui soit chargée de se pencher sur la problématique de l'innovation, et suivre attentivement ses recommandations. Elle pourrait, par exemple, préconiser d'accroître les investissements dans la recherche fondamentale et d'adopter une politique fiscale qui favorise l'investissement plutôt que la consommation. La relance de la productivité ne suffira probablement pas à soulager tous les maux dont souffre l'Amérique, mais, si rien n'est fait, ils ne pourront que sérieusement s'aggraver.

    James Pethotoukis

    (Traduction Christine Lahuec)


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