• La question qui obsède les marchés

    éditorial par Jean-Marc Vittori

    La question qui obsède les marchés  

    La tempête financière souffle toujours sur l’Europe. L’euro au plus bas depuis un an, l’or au plus haut depuis cinq mois, des actions qui dévissent partout, un Premier ministre démentant être parti à la pêche de 300 milliards d’euros pour sauver son pays… Le Vieux Continent ressemblait hier à un frêle esquif pris dans un effroyable tourbillon. Il est bien sûr tentant d’expliquer ce déchaînement par une finance en folie. Les investisseurs craignent tout à la fois que le plan de sauvetage de la Grèce ne soit pas assez puissant et qu’il tue la croissance. Dans un terrifiant effet domino, ils s’attaquent à l’Espagne après avoir envoyé valdinguer la Grèce. Ils créent les conditions de la faillite en exigeant des taux d’intérêt tellement élevés qu’ils finissent par devenir insoutenables. Mais, derrière la finance en folie, il y a des économies dans la tourmente. L’exécutif grec n’a pas encore fait accepter le sauvetage de ses comptes par le Parlement et encore moins par l’opinion. L’Espagne est menacée non seulement par un chômage qui touche déjà plus de 20 % des actifs, comme l’a souligné hier José Luis Zapatero, mais aussi par l’effondrement de ses caisses d’épargne, qui n’ont toujours pas soldé l’éclatement de la bulle immobilière dans leurs comptes. Le système bancaire du pays est en jeu. Le Royaume-Uni a lui aussi un déficit public au-delà de 10 % de son PIB.La France n’a toujours pas présentéde plan sérieux pour reprendre le  contrôle de ses comptes. Et, derrière des économies dans la tourmente, les politiques sont pantois. Il y a bien sûr des scrutins décisifs dans les jours à venir. Au Royaume-Uni, le gouvernement est suspendu aux élections législatives qui ont lieu demain. En Allemagne, la majorité d’Angela Merkel au Bundesrat, la Chambre haute du Parlement, dépend des élections du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui ont lieu dimanche. Et les Parlements des pays de l’euro doivent ratifier le plan d’aide à la Grèce pour débloquer les fonds au 19 mai. Mais, au-delà, les Européens n’ont toujours pas traité la question qui obsède à raison les acteurs des marchés : que faire quand un Etat de la zone euro ne peut plus faire face à ses obligations financières ? La réponse grecque n’est pas généralisable – et même pas encore convaincante. Les propositions abondent, du Fonds européen de stabilisation au frein budgétaire en passant par la « dette bleue » exposée dans ces colonnes par Jacques Delpla. Il est temps d’avancer. Sinon, l’Europe risque de rester en alerte rouge sur les marchés financiers tant que ses comptes publics paraissent hors contrôle. Autant dire pour longtemps.


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