• La recrudescence des accidents industriels fragilise l'" atelier du monde

    La recrudescence des accidents industriels fragilise l'" atelier du monde

     

    LES INCIDENTS industriels qui conduisent à des désastres écologiques ou de santé publique sont en augmentation dans l'" atelier du monde ". Le ministère chinois de l'environnement en a comptabilisé 102 sur les six premiers mois de l'année 2010, contre 171 pour l'ensemble de 2009.

    La rapidité de la croissance chinoise, la création de zones de développement au mépris de la sécurité des riverains, les failles dans la supervision des risques industriels, l'impunité de groupes d'Etat extrêmement puissants ralentissent tout progrès réel en la matière. Et ce malgré des cas qui ont fait école, comme la catastrophe de la rivière Songhua, en 2005, qui poussa le gouvernement central à accorder plus de pouvoirs aux bureaux de protection de l'environnement. Et à obliger les autorités locales à l'informer immédiatement en cas d'incident.

    Or, ces derniers jours, à Jilin, dans l'affaire des fûts chimiques emportés par les flots, " les établissements de distribution d'eau ont coupé l'approvisionnement... sous prétexte de panne d'électricité ! ", déplore Ma Jun, directeur de l'Institut pour les affaires publiques et l'environnement, une ONG qui surveille la pollution de l'eau. " Une coupure d'eau est tout à fait normale pour déterminer si l'eau est polluée, mais il faut le dire ! ", explique-t-il. Dans le Fujian, ajoute le militant, le groupe minier Zijin, qui a déversé des produits toxiques dans une rivière début juillet, ne l'a fait savoir que neuf jours après. La pollution sur le cours inférieur de la rivière aurait pu être limitée.

    Faibles sanctions

    Surtout, les sanctions pour les pollueurs lui semblent trop faibles : " Les amendes vont de 200 000 yuans - 20 000 euros - à 1 million. Le prix à payer quand la loi est transgressée est très bas, car le traitement des eaux usées pour une usine de produits chimiques coûte, lui, jusqu'à 200 000 yuans par jour ! ", analyse-t-il. Et l'application des lois reste aléatoire, car, selon le militant, " la plupart des entreprises sont des moteurs économiques, plus au moins sous la protection des autorités locales ".

    Un éditorial récent du magazine Century Weekly estime que " les pollueurs doivent payer ". Dans le cas de la marée noire du port de Dalian, le magazine -réclame " que soient rendus publics les rapports d'enquête -ainsi que les actions légales menées contre les entités responsables ". Mais le géant Petrochina, dont une des filiales est impliquée dans la marée noire, n'a jamais été traduit en justice pour les graves incidents passés dont il est responsable, rapporte le magazine.

    Le musellement des " donneurs d'alerte " et les limites imposés aux enquêtes des médias sont un autre obstacle. Or, concernant l'explosion qui a dévasté une zone industrielle de Nankin, des internautes avaient averti depuis 2009 que l'endroit était une " bombe à retardement ", selon le site d'informations Danwei.

    B. Pe.

    • Des fûts dérivent sur la rivière Songhua

      Quelque 1 500 fûts auraient été récupérés sur les sept mille qui dérivent depuis mercredi dans les eaux de la rivière Songhua, dans le nord-est de la Chine, selon la presse chinoise.

      Deux mille cinq cents d'entre eux contiennent du triméthylchlorosilane, un liquide potentiellement explosif qui, au contact de l'eau, peut former de l'acide chlorhydrique.

      Cinq cents autres contiendraient de l'hexaméthyldisilazane.

      A Jilin, l'eau courante qui avait été coupée, vient d'être rétablie. Traumatisés, il y a cinq ans, par la formation d'une nappe de benzène provoquée par l'explosion d'une usine pétrochimique, les habitants de Jilin et ceux de plusieurs villes en aval de la rivière, se sont précipités sur les stocks d'eau minérale.

      Il y a cinq ans, la pollution, d'abord passée sous silence, avait conduit les autorités à couper l'eau sans explication pendant près de cinq jours dans Harbin, la capitale du Heilongjiang. Les autorités ont, cette fois, cherché à rassurer la population, expliquant que la ville ne dépendait plus de la rivière pour son approvisionnement en eau. Sans parvenir à convaincre.


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