• la reprise économique n’est toujours pas réellement enclenchée

    conjoncture

    Selon Euler Hermes, la reprise économique n’est toujours pas réellement enclenchée  

    La France a beau avoir enregistré, l’an dernier, la plus faible récession de la zone euro, l’assureur-crédit estime qu’elle sera convalescente en 2010 avec une croissance décevante d’environ 1 %. Les défaillances d’entreprises pourraient encore s’accroître, jusqu’à 5 % de plus par rapport à une année 2009 déjà record.

    Hausse persistante du chômage, faibles gains de pouvoir d’achat, nouveau record des défaillances d’entreprises… Le scénario macroéconomique qu’a dépeint, hier, Euler Hermes lors d’une présentation intitulée « La reprise est-elle en train de faire pschitt ? » n’a rien de rassurant. La France a beau avoir enregistré, l’an dernier, l’une des plus faibles récession de la zone euro (avec une baisse du PIB de 2,2 %) et terminé 2009 sur une croissance de 0,6 %, inégalée chez nos voisins,« 2010 sera une année de convalescence avec une croissance décevante d’environ 1 % », a estimé l’assureur-crédit. Cette prévision est bien plus pessimiste que celle du gouvernement et du dernier Consensus Forecast des économistes, qui table sur 1,4 % de croissance. Mais les informations qui remontent du terrain auprès d’Euler Hermes ne prêtent guère à l’optimisme. Du côté de l’offre,« les demandes de garanties – en montants – que nous recevons sont en baisse de 21 % à fin février sur douze mois glissants, ce qui est en ligne avec la baisse moyenne d’activité des entreprises constatée par notre réseau de délégations »,a souligné Ludovic Sénécaut, président du directoire.Autre signe inquiétant : les besoins d’intérim sont« au point mort ».Car, si globalement la production a cessé de baisser (« Les Echos » d’hier), « il n’y a pas de redémarrage tangible à ce stade et la reprise n’est pas encore enclenchée »,a poursuivi Karine Berger, directrice marché et marketing.

    L’investissement gelé

    En clair, les PME sont toujours en train de souffrir et vont mettre encore de longs mois à se remettre du choc de la crise.« Les effets de la crise vont perdurer dans la majorité des secteurs d’activité »,indique Euler Hermes. Seuls quelques-uns devraient tirer leur épingle du jeu cette année, comme les biens intermédiaires – « les premiers à profiter du restockage » – ou encore les transports.Du côté de la demande, il n’y a pas de relais de croissance à attendre non plus : la hausse du chômage (attendu à 10,8 % fin 2010) et les faibles gains de pouvoir d’achat (+ 0,8 %) pèseront sur la consommation des ménages, estime l’assureur-crédit. Il s’attend à ce que les dépenses des Français ne progressent que de 0,8 % cette année, soit bien moins que ce qu’espère Bercy (+ 1,4 %)Avec une demande qui peine à repartir et des entreprises qui se trouvent déjà avec de fortes surcapacités de production,« l’investissement devrait être gelé jusqu’à l’année prochaine », estime au final Karine Berger.

    6.000 entreprises sauvées

    Plus globalement, Euler Hermes craint un effet de ciseau du plan de relance mis en place par le gouvernement : très concentré sur 2009, il a permis de limiter la casse au plus fort de la crise.Ainsi, la sinistralité des entreprises a, certes, atteint des sommets l’an dernier (avec 64.661 défaillances enregistrées) mais « au moins 6.000 entreprises ont été sauvées par ces mesures de soutien ».Euler Hermes estime que les PME ont bénéficié d’environ 15 milliards d’euros de mesures fiscales liées au plan de relance (crédit d’impôt recherche, remboursement anticipé de TVA…) et d’un montant équivalent de paiements différés d’impôt et de cotisations sociales. Mais, sans le même soutien public en 2010,« il y a un risque de report des défaillances qui auraient dû intervenir en 2009 », craint Karine Berger.Dans ces conditions, Euler Hermes table encore sur une augmentation des défaillances comprise entre 0 % et 5 % en 2010, après 12 % en 2009. Le retrait des perfusions publiques va donc demander beaucoup de doigté pour ne pas entraver la reprise.

    Frédéric Schaeffer

    Euler Hermes table sur une augmentation des défaillances comprise entre 0 % et 5 % en 2010, après 12 % en 2009, une année où la sinistralité des entreprises a atteint des sommets.


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